2 septembre 2005
Lavieeco (25050 articles)
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Crime… et chà¢timent

D’abord, sur les droits de l’accusé, dans un environnement où l’on a tendance à  aller vite en besogne, la presse en tête de peloton, en jugeant et même en «exécutant» avant procès une «personne censée être innocente jusqu’à  preuve du contraire».

L’affaire du présumé concepteur du virus Zotob, le jeune Farid Sebbar, mérite qu’on s’y arrête à plus d’un titre. D’abord, sur les droits de l’accusé, dans un environnement où l’on a tendance à aller vite en besogne, la presse en tête de peloton, en jugeant et même en «exécutant» avant procès une «personne censée être innocente jusqu’à preuve du contraire». Et d’un. De deux, si l’acte commis est condamnable, on ne peut pour autant faire l’économie de replacer cette affaire dans son contexte. Et pour cela, il faut commencer par reconnaître que nous vivons dans une société où le bien immatériel n’est pas considéré comme une propriété à part entière. Pire, non seulement la propriété intellectuelle est bafouée et violée sans vergogne, mais ceux qui la violent, l’utilisent souvent pour leur enrichissement personnel. Et là, ce ne sont pas seulement les commerçants de Derb Ghallef ou d’ailleurs qui sont concernés, mais également ceux qui vont y faire emplettes, sans le moindre sentiment de culpabilité et avec la conviction d’aller simplement faire des affaires, dans des espaces où contrebande et vol des droits d’auteur sont au cœur du business. A ce propos, il faut rappeler que la disparition au Maroc de 2 M cryptée et de Canal Horizons sont de beaux exemples de crime collectif recouvert par l’omerta.
La question à poser après ce long préambule est : si la culpabilité de ce jeune «prodige» est prouvée, pourra-t-on invoquer des circonstances atténuantes dans l’appréciation de son cas ? Au-delà des chefs d’inculpation retenus contre lui (pour le moment, il est poursuivi uniquement pour avoir «entravé ou faussé intentionnellement … un système de traitement automatisé de données…») et des préjudices que son acte a causé aux tiers, deux questions corollaires devront trouver réponse avant que les juges ne prononcent, en leur âme et conscience, leur sentence : a-t-il commis cet acte criminel pour nuire ? En attendait-il vraiment une contrepartie pécuniaire ?
Avant que d’en finir, une chose mérite d’être signalée : apparemment, l’intéressé n’a pas pris les précautions élémentaires dont un vrai délinquant aurait dû s’entourer. En effet, il a envoyé le virus à partir de son propre e-mail, et, dans son cas, il ne pouvait ignorer qu’il pouvait brouiller les cartes en allant dans un cyber et en inventant une adresse fictive ! L’enfance de l’art !
Ce jeune homme doit certainement payer pour ses fautes, mais ses juges doivent garder en toile de fond qu’en le condamnant lourdement, et seulement pour l’exemple, ils risquent d’en faire un vrai criminel.

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