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8 mai 2017
Saad Benmansour (1043 articles)
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Le tout nouveau ministre de l’éducation nationale, Mohamed Hassad, a inauguré son mandat cette semaine pour devoir répondre à une salve de questions sous l’hémicycle. Bien entendu, les chiffres et les constats catastrophiques de notre enseignement sont connus mais chaque fois que c’est un ministre lui-même qui les rappelle solennellement, ces constats ne laissent jamais indifférent.

Le ministre Hassad, en bon technocrate qu’il est, n’a pas cherché à édulcorer la dure réalité mais en même temps il a montré combien les problèmes de l’enseignement qui peuvent sembler complexes trouvent leurs solutions dans des mesures parfois simples et pas forcément coûteuses. C’est le cas des 13 000 écoles dont a parlé le ministre et qui sont éparpillées à travers le Maroc profond parfois sans eau, sans électricité, sans assainissement. Ou encore des semblants d’écoles mais qui ne sont en fait que des salles de classe isolées implantées pour approcher l’enseignement de certains villages ou regroupements d’habitations. L’intention est bonne mais l’application complètement ratée puisque ces écoles n’ont fait qu’aggraver la qualité de l’enseignement primaire avec des salles de classes ou sont rassemblés des enfants de cinq, voire six niveaux. Une situation qui, selon le ministre lui-même, a fini par produire l’effet inverse puisque les familles dans les campagnes isolées, pour qui pourtant cet effort a été fait, ne souhaitent plus envoyer leurs progénitures dans des écoles défaillantes à tous les niveaux. Faut-il rappeler le dernier rapport de la Banque Mondiale qui s’est inquiété sérieusement de la situation de l’enseignement au Maroc ?

Faut-il rappeler les dizaines de diagnostics, plans d’action, plans d’urgence, stratégies et autres politiques produites ou mises en œuvre depuis des décennies sur la question pour en arriver là ? Pourtant, des solutions existent et nous n’avons pas besoin d’aller les chercher ailleurs. D’excellentes expériences se déroulent chez nous dans des établissements d’enseignement public, sont concluantes et produisent de bons résultats. 

Petit échantillon vu récemment dans un lycée public à El Jadida où, à la faveur d’une activité annuelle, les jeunes lycéens ont préparé et produit des travaux, exposé avec aisance, débattu en public dans un français impeccable sur des questions aussi diverses que l’innovation, l’entreprenariat ou encore le Maroc et l’Afrique. Le tout avec l’encadrement de professeurs impliqués et réellement passionnés par leur métier. En réalité, ces femmes et hommes n’ont pas réinventé la roue mais ils ont le mérite de faire tout simplement leur travail dans les règles de l’art.

Il est fort probable qu’il existe aujourd’hui au Maroc des écoles primaires, des collèges et des lycées publics où le système fonctionne malgré les imperfections. Et si l’on commençait déjà par essayer de copier et dupliquer ces expériences bien de chez nous…

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