Complot contre l’école
5 décembre 2016
Saad Benmansour (1036 articles)
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Complot contre l’école

Décidément, nous ne faisons qu’aggraver notre cas pour ce qui est de l’enseignement public.

Les hauts responsables, des décideurs, des individus se sentant subitement investis d’une mission suprême ou encore d’autres s’improvisant experts en matière de réformes éducatives s’amusent à toujours trouver le moyen de dévier le débat de sa vraie direction, qu’il n’arrive toujours pas à prendre, pour le déplacer sur le terrain de la pure démagogie, du populisme et de la politique politicienne. Tout cela, in fine, aboutit au résultat que malgré toute cette agitation de façade et le semblant de débat, les vraies questions, les plus basiques, ne sont pas abordées et nos écoles, nos collèges, nos lycées et nos universités n’en tirent strictement rien si ce n’est qu’ils s’enlisent dans leur misérabilisme et leur impotence.

Quand le Conseil supérieur a été institué, des voix s’étaient élevées pour débattre durant quelques mois de sujets creux et inutiles comme la constitution du conseil, son fonctionnement, ses prérogatives ou encore sa position par rapport au gouvernement et au ministère de l’éducation. Bref, des questions d’ordre secondaire par rapport au seul sujet principal qui est la réforme de l’école.

Plus tard, une autre occasion s’est présentée pour faire diversion. Ce fut alors l’interminable et l’inextricable faux débat sur les options linguistiques de notre enseignement. Entre l’arabe, le français, l’anglais et même la darija, on a assisté à un énième débat à couteaux tirés où se sont entredéchirées des élites autoproclamées.

A l’occasion de la dernière rentrée, l’annonce par le ministère de l’éducation nationale du recrutement d’enseignants contractuels a donné de nouveau de la bonne matière à certains qui, au lieu de débattre du profil de ces enseignants, le déficit étant aujourd’hui avéré, ont préféré tourner le débat autour de la légalité ou non de la démarche ou encore de sa non-prise en compte des effectifs d’enseignants à redéployer, sans parler de la perpétuelle rhétorique sur les fameux stagiaires.

Et plus récemment encore surgissait de nulle part ce débat sur la gratuité ou non de l’école comme si finalement nous avions réglé tous les autres problèmes, les vrais, comme l’absence d’éclairage dans les salles de classe, l’inexistence dans certains établissements des règles et conditions basiques pour que nos enfants puissent y vivre et y apprendre, comme l’insuffisance de sanitaires pour les filles dans les écoles rurales ou encore de moyens de chauffage dans les régions montagneuses… 

Nos experts, défenseurs et autres élites se plaisent à discutailler dans leurs salons, à étaler leurs discours et à détourner le débat, comme si, étrangement, les premiers concernés, à savoir les élèves, les étudiants et leurs parents, eux, n’ont pas leur mot à dire. Un vrai complot !

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