9 septembre 2005
Fadel Agoumi (531 articles)
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Charité bien ordonnée…

Triste spectacle que celui offert par l’UGTM depuis quelques mois. Un leader qui ne veut pas quitter un fauteuil qu’il occupe depuis 43 ans, une relève qui tente un putsch inélégant et un parti-parrain

Triste spectacle que celui offert par l’UGTM depuis quelques mois. Un leader qui ne veut pas quitter un fauteuil qu’il occupe depuis 43 ans, une relève qui tente un putsch inélégant et un parti-parrain qui, prenant prétexte de l’indépendance du syndicat, a laissé pourrir la situation alors qu’il avait les moyens de jouer les bons offices afin d’éviter la mascarade. Chiens et gourdins, accusation d’incapacité mentale, actions en justice, insultes par journaux interposés… on se croirait dans un navet de série B revisité à la sauce marocaine !

Que cherchent les détracteurs d’Afilal ? Le départ du Zaïm. Que leurs raisons soient justifiées ou non, ils représentent un poids suffisamment important pour que leur parole soit entendue. Mais venir arguer de l’incapacité du secrétaire général pour prendre le pouvoir, tout en restant en ligne avec les statuts du syndicat relève de la mauvaise foi… jusqu’à preuve du contraire.

Les mécanismes juridiques permettant le remplacement du leader sont connus et, au lieu d’invoquer l’incapacité, il aurait fallu travailler pour réunir les 2/3 des unions et des fédérations qui auraient permis de convoquer le conseil général qui, à son tour, aurait décidé de la tenue d’un congrès national, seul habilité à organiser des élections.

Que cherche Afilal ? A garder le pouvoir, tout simplement et par principe. Mais le pouvoir est soumis au jeu de la démocratie et la légitimité de son titulaire ne peut faire l’économie d’une remise en question.
En agissant de la sorte, Afilal, fatigué, usé et condamné à abandonner le commandement, fera une sortie par la petite porte, après avoir été un puissant syndicaliste, celui qui faisait trembler les gouvernements au cours des années 1980, alors qu’il aurait dû, après près d’un demi-siècle de règne syndical, passer la main et sortir la tête haute ou du moins convoquer un congrès quand il le fallait et se plier au jeu de la démocratie.

Le cas de l’UGTM doit donner à réfléchir. Le même scénario sera probablement réécrit, à quelques variantes près, pour les plus importants syndicats marocains, qui sont dans une situation similaire. Alors que l’Etat a changé et que la société a mûri, les organismes de défense des droits des travailleurs restent minés par un système dont le point faible est l’absence de démocratie. Jusqu’à quand ? Peuvent-ils encore légitimement continuer à représenter les travailleurs ?

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