A nouveau modèle, nouveaux patrons !
6 novembre 2017
Saad Benmansour (1049 articles)
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A nouveau modèle, nouveaux patrons !

Dans la Loi de finances de 2017, l’Etat avait donné aux entreprises, entre autres cadeaux, la possibilité de recruter des pointures et de hauts profils sans avoir à supporter les charges sociales, les salariés bénéficiant de leur côté d’une exonération de l’Impôt sur le revenu (IR).

A 10 000 dirhams de salaire nets par mois, nous parlons de cadres supérieurs et de hautes compétences. C’est ce dont a toujours souffert l’entreprise marocaine, à savoir le sous-encadrement. Cette année, dans le projet de Loi de finances de 2018, l’Etat va encore plus loin en permettant à chaque entreprise de recruter 10 salariés par an sous ce régime au lieu des cinq autorisés en 2017. Mais qu’a fait le secteur privé de cet avantage ? Rien ou presque. En atteste le nombre d’entreprises qui ont effectivement eu l’idée de profiter de cette mesure. Elles sont en tout et pour tout 1 300 dans tout le Maroc. De la même manière, il y a trois ans, une des mesures introduites au niveau de la Loi de finances consistait à appliquer un taux d’impôt sur les sociétés (IS) réduit pour les entreprises ne dépassant pas un seuil de chiffre d’affaires. L’objectif évident de cette mesure était double : d’une part, alléger le poids des impôts pour les petites structures déjà déclarées, et, d’autre part, surtout, lancer un signal clair pour le secteur informel en l’invitant à entrer dans le cercle de la légalité tout en lui évitant le choc «thermique» que peut représenter l’impôt. A cette mesure, sont venus s’ajouter d’autres avantages et exonérations pour les personnes physiques se transformant en personnes morales passibles de l’IS. Combien d’entrepreneurs ont fait le saut ? Pas grand monde !

Sur papier, une telle mesure aurait dû constituer un tournant dans la longue histoire de l’économie marocaine avec le secteur informel. Le législateur, l’Etat de manière globale, a probablement dû compter sur un sursaut citoyen de ces entrepreneurs sous-marins.

Tout comme aujourd’hui, pour le projet de Loi de finances 2018, et comme le reconnaît le ministre des finances lui-même, on compte sur l’engagement du secteur privé dans une dynamique positive, constructive afin de relever le plus gros défi qui nous attend : un nouveau modèle économique avec, à la clé, une croissance plus forte et plus créatrice de richesses et d’emplois.

Mais pour opérer cette mutation de modèle à laquelle il est condamné, le Maroc aura probablement besoin d’une «nouvelle race d’entrepreneurs» pour paraphraser le ministre des finances. Et il y a peut-être un peu de vrai dans ce qu’il dit : un nouveau modèle ne peut être porté que par une nouvelle génération de patrons…

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