180°
30 janvier 2017
Saad Benmansour (1043 articles)
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180°

Mercredi matin, au lendemain de la belle victoire de l’équipe nationale et sa qualification pour les quarts de finale de la Coupe d’Afrique des nations, le sélectionneur Hervé Renard est devenu subitement parmi les meilleurs qu’on n’ait jamais eus et les joueurs de grands héros.

Pourtant, il y a tout juste une dizaine de jours, au début de la compétition, et la mauvaise entame sur une défaite, cette même équipe était taxée de tous les maux et le sélectionneur qualifié par certains comme n’étant pas du tout l’homme de la situation sur lequel on pouvait compter. Avant même le démarrage du tournoi, au moment des concentrations aux Emirats Arabes Unis, la vox populi, des millions de Marocains et les observateurs qui s’improvisent tous experts analystes en sciences du football, ont fustigé les responsables de la fédération pour ses choix du lieu des préparatifs sans parler des commentaires à gauche et à droite sur le coût des déplacements, les frais engagés, etc. Mais mercredi matin tout cela s’est évaporé pour laisser place aux éloges. Un revirement à 180° dont seuls les Marocains ont le secret. Et ce qui se passe dans le foot n’est en fait qu’un petit échantillon d’un état d’esprit que l’on retrouve partout ailleurs, dans bien d’autres domaines et à tous les niveaux. Y compris et surtout en politique et en matière de politiques publiques. Quand, au début des années 2000, le Maroc lançait son plan ambitieux Vision 2010 pour le tourisme, quand les premiers projets commençaient à sortir de terre et quand les chiffres des arrivées et des nuitées commençaient à évoluer nettement, nous avions la meilleure administration, le meilleur ministre du tourisme, le meilleur gouvernement et la politique touristique la plus judicieuse.

Aujourd’hui, quand la crise mondiale est passée par là et que la machine s’est grippée, au moment où d’autres destinations se sont littéralement effondrées, la politique touristique du Maroc est subitement devenue la pire au monde et nos responsables des incompétents finis.

Le même esprit se retrouve dans d’autres domaines. Dans l’éducation nationale, cela fait 15 ans au minimum qu’au gré des gouvernements les plans ou tentatives de réformes sont présentés au début comme étant de super-programmes qui vont sauver enfin l’enseignement pour être, cinq ans plus tard, qualifiés de fiasco total. Pourtant, la Vision 2010 du tourisme a bien des aspects positifs qui ont permis au Maroc de tenir le cap malgré tout. Le plan Emergence de 2004, par exemple, malgré ses multiples imperfections, a bien permis d’ouvrir et d’explorer des voies que le Maroc n’avait jamais envisagées auparavant.

Si seulement on pouvait capitaliser sur ce que nous avons réussi, corriger les insuffisances et compléter avec de nouvelles idées, cela nous éviterait à chaque fois de devoir et vouloir réinventer la roue. Et lundi matin, en fonction de leur résultat en quarts de finale, les joueurs de l’équipe nationale demeureront des héros ou redeviendront des nuls…

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