Vents contraires pour le secteur des matériaux de construction
26 avril 2018
Ibtissam Benchanna (768 articles)
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Vents contraires pour le secteur des matériaux de construction

Les industriels sont affectés par la morosité qui prévaut dans le BTP. Les différentes branches ont connu des baisses de 3% à 5% n Visibilité limitée sur le reste de l’année.

Le marché des matériaux de construction est toujours englué dans le marasme. Le premier trimestre de cette année a été décevant, contrairement aux attentes des professionnels des différentes branches. Il faut dire que les intempéries, particulièrement prononcées en cette année, ont retardé l’avancement de bien de chantiers. L’indicateur principal qui renseigne sur la santé du secteur est bien la consommation nationale de ciment. Elle a baissé à fin mars de 7% par rapport à la même période de 2017, selon l’Association professionnelle des cimentiers (APC), pour atteindre 3,3 millions de tonnes. Sur le seul mois de mars, le recul est de 15%. C’était déjà le cas il y a une année par rapport à la période précédente. Notons que sur les six dernières années, la baisse est de plus de 20%. Ce recul de la demande de ciment est le reflet de la température du BTP dont la morosité affecte automatiquement tous les autres segments. «Les différentes branches du marché de la construction affichent des baisses de 3% à 5%, notamment la briqueterie et l’acier», précise David Toledano, président de la Fédération des matériaux de construction (FMC).

Chiffre d’affaires en recul

Il est vrai que le secteur du carreau a bénéficié récemment de la signature d’un accord tacite avec les importateurs, visant à éviter l’introduction de la céramique de bas de gamme, mais son entrée en vigueur n’est toujours pas effective. Du coup, les importations restent significatives. «Ce qui implique une surcapacité sur le marché, certes, mais aussi des produits dont la qualité laisse à désirer et dont le prix est inférieur au coût de revient de la production nationale», explique Mohsine Lazrak, président de l’Association professionnelle de l’industrie de la céramique (APIC). En tout cas, la production est en quasi-stagnation par rapport à l’année dernière -autour de 16 millions de m2 en ce premier trimestre-, alors que, quelques années auparavant, elle s’inscrivait sur un trend haussier. Corrélativement à la baisse des prix, le chiffre d’affaires des sociétés du secteur s’est contracté.
Cette situation déteint bien entendu sur les autres matériaux, que ce soit le bois, l’acier ou l’aluminium. «En l’absence d’une reprise effective du secteur immobilier notamment, nous continuerons à pâtir de la baisse de l’activité de tous les matériaux du secteur», commente un opérateur du secteur du béton préfabriqué.

L’emploi en danger

«Les entreprises essayent de s’adapter à cette conjoncture, et tentent de se repositionner en redimensionnant leurs unités», explique M. Toledano. Il y en a qui partent à la conquête de marchés étrangers, notamment en Afrique et au Moyen-Orient. La recherche de débouchés étrangers a pour objectif de stabiliser au moins le chiffre d’affaires, mais aussi de préserver les emplois. «La situation devient inquiétante, puisque certaines sociétés qui avaient fait le dos rond commencent à adopter des mesures de réduction du personnel, afin d’abaisser les coûts fixes», martèle M.Toledano. Toutefois, quelques opérateurs s’attendent à une amélioration de la situation à partir du deuxième semestre. «Cette année pourrait être meilleure que la précédente, aussi bien au niveau du chiffre d’affaires que des volumes, surtout avec l’application des mesures prises avec les importateurs de la céramique», s’enthousiasme M.Lazrak.

M.Toledano n’est pas du même avis. «Aucun signe ne présage une prochaine reprise, tant du côté du secteur immobilier qui est en berne que sur le plan des investissements publics qui tardent à se concrétiser», se désole le président de la FMC qui fait savoir que son carnet de commandes est en baisse continue. In fine, sans une relance du secteur immobilier qui absorbe une part importante de la production des matériaux de construction, le secteur continuera de s’enfoncer.

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