Tourisme : les bazaristes de Casablanca désœuvrés,  ceux de Marrakech s’en sortent mieux
28 avril 2018
Wiam Markhouss (322 articles)
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Tourisme : les bazaristes de Casablanca désœuvrés, ceux de Marrakech s’en sortent mieux

L’activité est en dehors du champ de compétence du ministère du tourisme, du transport aérien, de l’artisanat et de l’économie solidaire. A Casablanca, il n’y a ni affichage des prix, ni contrôle de l’authenticité des produits. Les guides touristiques continuent d’être rémunérés sur les ventes, mais n’ont plus la même influence qu’auparavant.

Avez-vous besoin de change ? C’est l’expression qu’on entend à chaque fois que l’on passe à proximité des bazars jouxtant Bab Marrakech, à Casablanca, sur l’avenue Houphouët-Boigny. L’activité de vente d’artisanat est-elle alors devenue secondaire ? «Pendant l’été, l’activité d’artisanat est florissante ici. Mais durant le reste de l’année, les bazaristes compensent avec le change de devises qui demeure une activité illégale», nous confie un agent dans un bureau de change du quartier qui s’accommode tant bien que mal de cette concurrence déloyale. D’après la délégation du tourisme de Casablanca, ces bazaristes ne relèvent ni du ministère du tourisme ni du Secrétariat d’Etat à l’artisanat. «Il n’existe ni contrôle de l’affichage des prix ni de l’authenticité des produits vendus. C’est la commune qui autorise l’ouverture du point de vente. Pour elle, c’est une activité économique comme une autre», déclare Mustapha Agounjab, délégué du tourisme de Casablanca. L’activité est devenue tellement hétérogène dans ce quartier qu’on a le sentiment que les bazaristes se perdent. Entre les vendeurs de chichas, de prêt-à-porter pour femmes et les bureaux de change, ils offrent un peu de tout. Mais l’évolution de la demande pourrait menacer leur activité.

Contrôle renforcé à Marrakech

«Nous vendons plus aux Marocains et aux Maghrébins qu’aux étrangers. Les produits d’artisanat sont vendus partout, notamment sur les sites de e-commerce. La concurrence se fait plus rude. Par conséquent, on est obligé de baisser les prix», se plaint un bazariste casablancais. Pour y faire face, certains commerçants s’approvisionnent d’Essaouira, de Fès et même directement chez les artisans des douars, évitant ainsi les produits de Marrakech qu’ils estiment trop chers. Dans cette ville, les bazars sont mieux contrôlés. Il en va de la réputation de l’artisanat dans la ville la plus touristique du pays.

«Il existe un comité interministériel géré par le wali de chaque région, par le ministère du tourisme et le Secrétariat d’Etat à l’artisanat qui veille à contrôler les prix affichés par les bazaristes», déclare Mohamed Bouchaab, guide touristique à Marrakech qui atteste de la bonne santé du secteur dans la ville. D’après lui, les guides touristiques continuent à être commissionnés sur les achats des touristes dans les bazars. Mais depuis quelques années, leur influence baisse. «En général, les grands bazars multiplient le prix du produit d’artisanat par 3 à 5, sachant que le client, devenu de plus en plus aguerri, va forcément marchander. Une fois vendu, l’agent de voyages et le guide touristique obtiennent chacun une commission de 10% du prix de vente. De plus, le bazariste perd 3 à 5% du montant (NDLR : taux de commissions) si le touriste paie par carte bancaire. Néanmoins, après avoir payé ses frais fixes, il se retrouve avec un prix de vente net correspondant au double du prix d’achat», explique M. Bouchaab qui préfère mettre en avant la meilleure qualité de produits d’artisanat.

Selon Jamal Saadi, président de l’Association régionale des guides de Marrakech, chaque bazariste a sa propre méthode de commercialisation. «Certains contactent directement l’agent de voyages, les maisons d’hôtes ou encore la conciergerie de l’hôtel pour attirer plus d’acheteurs. Le guide touristique est le dernier maillon de la chaîne», précise M. Saadi. Un projet de légalisation de la commission des guides touristiques a été présenté à Fathallah Oualalou quand il était ministre des finances dans les années 2000. «Elle est restée dans les tiroirs, alors qu’elle aurait pu permettre de verser des taxes à l’Etat», déplore M. Bouchaab.

Mots-clés Casablanca, tourisme

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