Produits halal : le Maroc vise 1% du marché mondial  à  l’horizon 2020
20 mai 2015
Aziza belouas (1364 articles)
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Produits halal : le Maroc vise 1% du marché mondial à  l’horizon 2020

Les filières concernées sont l’huile d’olive, l’huile d’argane, le miel, le safran, le couscous, les sardines, l’eau de rose et les figues de barbarie. Un accompagnement privé-public est prévu dans les domaines technique et financier. En sus des 33 entreprises membres du Club Halal, une centaine de coopératives seront appuyées en 2015.

Détenir 1% du marché mondial du halal estimé à 800 milliards de dollars. Tel est l’objectif du Club Halal, créé en juin 2013 par l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX). Cette ambition des opérateurs privés est partagée par les pouvoirs publics. Mohamed Abbou, ministre du commerce extérieur, finalise la stratégie nationale de promotion de l’export du halal. Devant s’étaler sur une période de deux ans à partir de 2016, la feuille de route devrait être validée par l’assemblée générale de l’ASMEX qui se tient dans les prochains jours.

Mais avant sa mise en application, il importe de noter que pour 2015 des actions majeures sont programmées par le Club Halal. «A travers ces actions nous voulons développer le produit halal pour le positionner sur un marché à 92% approvisionné par les Etats-Unis et l’Union Européenne pour une consommation concentrée essentiellement dans les pays musulmans. Il n’y a pas, et il faut le souligner, de connotation religieuse dans l’appellation halal, c’est plutôt un concept marketing mettant en avant une production selon des normes techniques et de qualité précises pour répondre aux exigences des consommateurs en termes de sécurité et d’hygiène alimentaire», explique Najib Mikou, président du Club qui regroupe aujourd’hui 30 entreprises opérant dans les filières de la viande et de la charcuterie, des conserves végétales et de poissons, des huiles, du sucre et de la cosmétique. Et comme la production halal ne peut être une exclusivité des grosses entreprises structurées, le club entend également accompagner les coopératives.

Pour ce faire, Najib Mikou annonce la préparation d’une plate-forme pour le soutien et l’accompagnement des coopératives. Une action menée en partenariat avec l’ASMEX dont le président, Hassan Sentissi, est un fervent défenseur du marché du halal. «Il y a près de 1,6 milliard de consommateurs et un chiffre d’affaires estimé à environ 800 milliards de dollars. Le Maroc doit se positionner sur ce marché au cours des cinq prochaines années. C’est un objectif que nous comptons atteindre et nous allons mettre tous les moyens nécessaires», dit le président de l’ASMEX qui a mis en place une convention tripartite avec la Banque européenne de développement et Maroc Tasswiq pour accompagner les coopératives. Celles-ci bénéficieront d’abord de la première action de la banque européenne dans le domaine de l’économie solidaire et qui vise un appui dans les domaines du branding, du marketing, du choix des emballages, des étiquettes, du support de vente et des tests d’accès aux marchés de l’export. 

Douze coopératives déjà sélectionnées… 

Cet accompagnement doit profiter, au cours de 2015, à une centaine de coopératives sur les 276 potentiellement éligibles à cette convention. La banque et l’ASMEX s’engagent à financer l’accompagnement des coopératives, classées par régions et par filières, respectivement à hauteur de 80% et 20%. Un appel d’offres international va bientôt être lancé afin de sélectionner un cabinet agréé par la Banque européenne de développement pour accompagner les coopératives dont douze ont été déjà choisies pour bénéficier de ce programme.

Cette mesure s’inscrit dans le cadre du Plan de développement des échanges extérieurs mis en place par le département du commerce extérieur.Mais il faut noter que les entreprises bénéficient aussi d’un accompagnement technique pour la certification halal. Le financement de cette opération est assuré à la fois par l’ASMEX et l’ANPME. Le coût par entreprise se situe, selon le Club Halal, entre 30 000 et 40 000 DH. Les opérateurs, entreprises industrielles ou coopératives, présentent bien entendu un important potentiel de production et un know-how dans les filières des huiles d’olive et d’argane, des figues de barbarie, du miel, du couscous, des sardines, du safran, de l’eau de rose…Par ailleurs, et au-delà de ce programme d’accompagnement, le Club Halal prévoit l’organisation d’une rencontre entre les entreprises marocaines concernées et quatre donneurs d’ordre de produits halal au niveau international, notamment de la Russie, de l’Europe, des Etats-Unis et de l’Asie.

Objectif : sensibiliser les opérateurs locaux aux exigences des acheteurs étrangers. Ce qui permettra de mieux cerner les besoins des consommateurs de produits halal dans les différents marchés cibles aussi bien en Europe, aux Etats-Unis que dans des pays comme la Thaïlande, l’Indonésie ou encore l’Arabie Saoudite. Le Club Halal souligne que la promotion du label halal à l’international est également sur la bonne voie. Le Maroc a décroché la réciprocité de la reconnaissance du label en Malaisie, un des plus gros marchés du halal. Le Maroc vise également la Russie avec 20 millions de consommateurs de produits halal et la Chine avec 80 millions de consommateurs.Si à l’international, le Club Halal entend capter 1% du marché, au niveau local il n’avance aucune donnée chiffrée sur ce business. Mais les responsables du Club estiment que le développement des exportations du halal aura indéniablement un impact sur la création d’emplois, la balance commercial et sur l’exode rural.

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