Opération séduction de la province de Safi en direction des investisseurs
1 février 2018
Mehdi Jaouhari (169 articles)
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Opération séduction de la province de Safi en direction des investisseurs

La vitesse du vent et l’offre foncière ont attiré plusieurs investisseurs dans l’éolien dont le belgo-néerlandais CME. Plusieurs autres projets éoliens sont annoncés dans la province. Beaucoup d’opportunités d’investissement identifiées dans le tourisme de mer, l’agroalimentaire et l’artisanat.

Environ 150 km de littoral vierge, première réserve mondiale de gypse, premier producteur national de câpres, un tissu industriel et artisanal fort, un secteur primaire dynamique, un gisement éolien à fort potentiel… Avec ces nombreux atouts et potentialités, la province de Safi a de quoi attirer les investisseurs publics et privés. Si plusieurs d’entre eux y ont lancé de gros projets ces quatre dernières années, à l’instar de la centrale thermique de Safi (1 320 MW), du nouveau port de Safi ou du parc éolien de 200 MW de CME, d’autres sont en cours de prospection, en l’occurrence dans le secteur des énergies renouvelables.

Si l’on devait désigner un nouveau secteur porteur dans la province, ce serait sans conteste celui de l’énergie éolienne. En effet, le gisement en vent dans certains territoires a déjà attiré les développeurs mondiaux. C’est le cas de la Compagnie marocaine des énergies (CME), la filiale marocaine du groupe belgo-néerlandais WindVision installée dans la commune d’Ayir, qui compte investir 3 milliards de DH dans un parc éolien de 200 MW sur 200 ha. «Cela fait quatre ans que nous nous sommes installés dans la région. Nous attendons actuellement l’autorisation finale du ministère de tutelle pour démarrer les travaux. Au total, il faut compter sept ans pour qu’un projet de parc éolien soit opérationnel. Toutes les autorisations au niveau local et régional ont été accordées à temps, mais celle du ministère tarde à venir», confie Hassan Nadir, directeur général de CME devant un parterre d’investisseurs et de responsables régionaux sur le site du futur parc. Selon lui, la province de Safi présente un grand potentiel pour l’éolien car elle offre un très bon gisement de vent estimé à plus de 1000 MW ainsi qu’une assiette foncière intéressante. Même son de cloche du côté des managers de plusieurs opérateurs venus prospecter des sites potentiels dans la province à l’instar d’Afriquia Wind, Voltalia ou Maroc Eol.

Selon les données du Centre régional d’investissement de Marrakech-Safi, cinq projets totalisant 320 MW sont en cours d’études. Pour les professionnels, la phase des études nécessite trois ans et c’est l’autorisation ministérielle qui tarde généralement à venir. «La durée de développement d’un projet renouvelable est relativement longue, à cause de la nature des études techniques nécessaires. Le rôle des administrations tant au niveau central que regional reste primordial pour booster le secteur», précise Samir Auragh, directeur général d’AfriquiaWind.

Ces différents acteurs de l’éolien ainsi que d’autres investisseurs marocains et étrangers étaient en prospection dans la province de Safi. L’opération séduction a eu lieu en marge d’une journée d’information organisée par l’annexe de Safi du Centre régional d’investissement (CRI) Marrakech-Safi, jeudi 18 janvier, sur le thème : «Safi, pôle économique émergent», en partenariat avec l’association Hawd Assafi et le Conseil régional. L’objectif était de donner un coup de fouet à la notoriété de la province et de vendre ses atouts. Au menu de l’évènement : une visite prospective d’une douzaine de sites ainsi qu’un panel et une séance de networking.

Des centaines d’hectares ouverts aux zones touristiques et à l’urbanisation

Mis à part l’éolien, qu’en est-il des autres secteurs au potentiel de croissance avéré à Safi ? Tourisme de mer, produits du terroir dont le câpre, industrie, artisanat…, plusieurs secteurs sont concernés. Prenons le cas des niches du tourisme de mer -surf et sports de glisse-, ce secteur présente des opportunités pour les investisseurs via une offre foncière importante au niveau de plusieurs sites vierges et aux potentialités touristiques confirmées. Plus en détail, il s’agit de plusieurs zones touristiques sur 319 ha et des zones ouvertes à l’urbanisation sur 266 ha dans la commune d’Ayir qui dispose d’une façade de 17 km sur le littoral atlantique et d’une plage à fort potentiel (Karrem Eddaif). Pas loin d’Ayir, une autre zone touristique et de loisirs de 20 hectares est disponible dans le centre du Cap Beddouza. Toujours dans le même axe de la route liant El Jadida à Safi, la plage de Lalla Fatna située dans une frange littorale de 4 km offre une aire d’aménagement de 359 ha dont 42 ha dédiés au tourisme.

Le secteur de l’agroalimentaire n’est pas en reste puisqu’il dispose d’un accès facilité aux matières premières et au foncier industriel au niveau de la zone de Ouled Selmane, près de la ville. En fait, la province dispose de deux ports de pêche et de 500 bateaux (41 000 t à l’export) ainsi qu’une superficie de 350 000 ha dont 5 000 ha irrigués (céréales, câpres).

Enfin, le pôle universitaire local -composé de la Faculté pluridisciplinaire de Safi et de l’Ecole nationale des sciences appliquées (ENSA)- offre un bassin d’emploi qualifié et compétitif. Deux autres entités publiques de formation professionnelle supérieure sont dédiées exclusivement aux secteurs de la pêche (ITPM) et au tourisme (CFPMHT).

La province rattrape progressivement son retard

«Depuis quelques années, Safi vit un véritable essor économique. Cette croissance soutenue s’illustre au cours des dernières années par la création de nouveaux pôles. Outre ses compétences traditionnelles et ses métiers mondialement reconnus (cité céramique, capitale de la sardine, cité phosphatière, grenier du Maroc, cité portuaire), Safi accueille aujourd’hui le pole énergétique qui produit 27% de l’énergie électrique nationale», indique, non sans fierté, un responsable au CRI Marrakech-Safi, en guise de portrait de la province. «Il y a quelques années, nous étions inquiets car nous ne voyions pas venir l’autoroute et nous n’avions pas de visibilité sur les investissements de l’OCP qui n’avaient pas l’ampleur qu’ils ont aujourd’hui. La grande inquiétude était légitimée par la crainte de rater notre connexion à l’axe littoral atlantique de croissance qui allait de Tanger à Jorf Lasfar. Aujourd’hui, compte tenu des projets importants en cours de réalisation, nous pouvons dire avec beaucoup de satisfaction que nous y sommes liés et nous sommes optimistes quant à l’avenir», surenchérit Driss Benhima, président de l’association Hawd Assafi. L’ex-dirigeant safiote de l’ONE et de la RAM a également profité de la tribune qu’offrait l’évènement pour souligner l’apport positif du nouveau découpage régional qui a greffé Safi -ancien chef lieu de Doukkala-Abda- à Marrakech. «Safi est complémentaire de Marrakech. Nous ressemblons beaucoup à El Jadida pour ne pas dire que nous étions toujours en concurrence. Aujourd’hui, les synergies sont très bonnes avec Marrakech», a-t-il ajouté.

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