Onapar tente de sauver la galerie du Twin Center du marasme qui la menace
24 mai 2010
Mohamed Moujahid (1040 articles)
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Onapar tente de sauver la galerie du Twin Center du marasme qui la menace

Les commerçants attribuent ce marasme à  la mauvaise gestion du syndic.
Onapar met en avant la responsabilité de ceux qui ont acheté des magasins et les ont laissé fermés.
Deux scénarios de sauvetage envisagés.

A l’heure où les centres commerciaux et hauts lieux de shopping se développent à Casablanca, la galerie commerciale du Twin Center, l’une des premières du genre dans la métropole, s’active pour revoir son positionnement. Bien que située en plein cœur du Maârif, la galerie n’a pourtant pas connu le développement auquel s’attendaient ses promoteurs, en l’occurrence le groupe Ona.
Un simple tour au sein de la galerie suffit pour se faire une idée sur la désolation qui règne dans les lieux. Au rez-de-chaussée, quelques boutiques ont l’air de ne pas avoir ouvert leurs portes depuis un certain temps déjà, au premier, les magasins à la devanture digne de ce nom peuvent se compter sur le bout des doigts et, au second, c’est carrément un espace fermé qui accueille le visiteur curieux.
Résultat, on ne compte plus les petites pancartes avec la mention «A vendre» ou «A louer» qui ornent les vitrines de plusieurs locaux à tous les niveaux de la galerie. Certains commerçants ont même inventé une nouvelle forme de commerce, avant de vaquer à d’autres occupations, en laissant sur la devanture de leur magasin un écriteau qui mentionne un numéro pour les joindre  «en cas de besoin» ! La galerie, à entendre un des commerçants installés, est en voie de «kissarisation». Comprenez qu’on y trouve de plus en plus de magasins de caftans et de joailliers qu’autre chose, ce qui n’est pas la vocation première du Twin Center.

Un problème d’animation ou de nature d’activités commerciales ?

Au Twin, il se passe quelque chose que l’on ne s’explique pas, estime un commerçant qui fait sa remarque sous forme de question : «Comment se fait-il que cette galerie, censée être un point d’attraction pour le public et même pour les touristes, ne marche pas alors qu’elle est située dans un endroit stratégique au carrefour de deux grands boulevards où le prix du mètre carré a été multiplié par quatre en quelques années» ? Le mal est à chercher à l’intérieur de la galerie, estime un autre commerçant qui cherche depuis des mois à vendre son local d’une quarantaine de mètres carrés acquis il y a dix ans. Selon lui, tant que la majorité des locaux ne sont pas vendus -et il estime qu’environ 70% des commerces  n’ont pas été cédés-, la galerie ne peut pas marcher, car elle ne bénéficie pas de cet effet «boule-de-neige» qui lui permettrait d’attirer des chalands. «Et pourtant, ajoute-t-il, ce n’est pas la demande qui fait défaut, car beaucoup de franchises qui ont pignon sur rue au boulevard Al Massira Al Khadra et aux alentours ont tenté d’abord de s’installer au Twin Center».
Le manque d’attractivité de la galerie viendrait aussi, selon ces commerçants, de la mauvaise gestion du centre par le syndic. «Il n’y a aucune animation digne de ce nom pour attirer le public, et l’entretien ainsi que l’embellissement des lieux laissent à désirer, affirme-t-on. Alors que c’est un budget qui tourne autour de 7 millions de DH qui est consacré chaque année à ces activités».   
Que valent ces appréciations du côté d’Onapar, bras armé d’Ona, qui assure la gestion de la galerie commerciale ? On reconnaît volontiers que la galerie souffre de beaucoup de problèmes mais on pointe également la responsabilité des commerçants. Les chiffres sont parlants : sur les 228 magasins que compte le centre, 158 ont été vendus dont aujourd’hui à peine une centaine sont réellement exploités. «Il est normal qu’un magasin qui n’ouvre que tardivement ou de manière irrégulière ne réalise pas de bons chiffres. L’effet collatéral est également celui de créer une impression de vide qui finit par décourager la clientèle», explique un cadre supérieur chez Onapar. Il faut convenir en effet que le tiers de ce qui a été vendu n’est pas exploité, sans compter les 70 magasins qui n’ont pas trouvé preneur.

Racheter tous les magasins et revoir le mode de gestion : la solution radicale

Plus globalement, chez Onapar on met aussi en exergue un défaut de conception de la galerie commerciale à l’origine. Entre autres anomalies relevées, par exemple, le fait que la grande surface, en l’occurrence le magasin Acima, n’est pas bien situé. En effet, dans les mall et galeries commerciales, la grande surface, pôle d’attraction certain, est généralement positionnée dans un endroit suffisamment compliqué d’accès de manière à ce que le client, pour y accéder, soit obligé de passer à travers la galerie, ce qui occasionne un flux de clientèle potentielle pour les magasins. Autre travers soulevé, celui de ne pas avoir son mot à dire sur la nature des activités commerciales qui sont développées et dont certaines peuvent tirer vers le bas l’image du centre.
Devant cette situation, le groupe réfléchit à un plan de relance. Pour cela, deux scénarios sont envisagés. Le premier consisterait à tenter de vendre les 70 locaux restants et trouver une solution pour ceux qui sont cédés mais non exploités. Pour les magasins non vendus, une grande majorité se trouve au deuxième étage. D’où justement l’idée de les céder à des franchises dont les activités peuvent justement s’accommoder de cette contrainte. Les responsables d’Onapar pensent notamment à des franchises de restauration ou encore de fitness et de sport. Depuis quelques semaines, des contacts ont été établis avec de grandes enseignes internationales à ce sujet. Mais cela suffira-t-il à relancer l’activité de la galerie ? Pas si sûr et c’est ce qui justifie l’existence d’un deuxième scénario qui, lui, est plus radical : racheter tous les locaux, et vider donc la galerie pour en refaire la conception depuis le début. Problème : pour racheter les locaux à leurs propriétaires actuels, il faudra certainement payer le prix fort à certains. Là aussi réside une des erreurs commises au départ. Le modèle de gestion des galeries commerciales ayant beaucoup évolué, aujourd’hui la plupart des centres de shopping optent plutôt pour des locations avec pas-de-porte assortis de cahiers des charges au lieu de la vente de locaux en fonds et murs.

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