Matériel agricole : les ventes se redressent,  mais les difficultés persistent
20 février 2018
Mehdi Jaouhari (169 articles)
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Matériel agricole : les ventes se redressent, mais les difficultés persistent

2 350 tracteurs neufs ont été écoulés en 2017, en hausse de 21% par rapport à 2016. Le référentiel des subventions et la convention de financement sont en cours de révision pour redynamiser le secteur.

Les distributeurs de matériels agricoles n’arrivent pas à remonter la pente. Malgré une campagne agricole 2016/2017 favorable, les ventes de tracteurs neufs n’ont totalisé que 2 350 unités en 2017, selon les chiffres communiqués à La Vie éco par l’Association marocaine des importateurs du matériel agricole (AMIMA). C’est certes 21,5% de plus qu’en 2016, mais c’est largement inférieur aux 3000 unités qu’enregistrait le secteur pendant une année moyenne. Il faut dire que le marché avait plongé de manière vertigineuse en 2016 pour se retrouver en dessous de la barre de 2000 unités. «Nous ne pouvons que constater avec regret que le marché des tracteurs est en chute libre depuis quelques années», déplore Imad Zouhir, président de l’AMIMA et directeur général de Socopim. Durant les années de bonne campagne agricole, la barre des 4000 tracteurs avait était largement dépassée. Ce fut le cas en 2013 (4269 unités), 2011 (4178) et en 2009 (6671). Le pire est que «quand les ventes de tracteurs neufs baissent, tous les autres types de matériels d’accompagnement, à l’instar des semoirs ou des pulvérisateurs, connaissent le même sort», explique Imad Zouhir.

Du côté du matériel de récolte, les ventes des moissonneuses-batteuses ne se sont pas mieux portées. Elles sont certes passées d’une seule unité en 2016 à 5 en 2017, mais selon notre interlocuteur, une bonne partie des acheteurs affectent leur matériel à la location. Ce qui fait que le taux de renouvellement est bas et impacte négativement le rendement à cause des pertes de grains.

Résultat : la filière du matériel agricole reste encore loin de l’objectif fixé par le Plan Maroc Vert (PMV) et la FAO en termes de mécanisation. «L’indice de mécanisation est estimé à 0,4 CV/ha alors que l’objectif du PMV est de 1 CV/ha. Et ce, malgré les subventions et les efforts consentis par les pouvoirs publics dans le cadre du PMV», indique le président de l’AMIMA. Un tracteur bénéficie aujourd’hui d’une subvention de 30%. D’après des chiffres du ministère de l’agriculture, on compte plus de 7 tracteurs pour 1000 ha de surface agricole utile (SAU).

Selon les professionnels, le pire est évité pour 2018

Aléas climatiques, financement, prépondérance du marché de l’occasion et de la location… Ce sont là les principaux freins à la mécanisation, à en croire l’AMIMA. Pour redynamiser les ventes, les professionnels planchent avec le Groupe Crédit Agricole du Maroc sur la révision de la convention de financement destiné à augmenter le taux de mécanisation. «Cette convention signée en 2013 permet aux agriculteurs de bénéficier de l’accès au financement après nantissement de la carte grise. Elle a joué un rôle important dans un contexte où certains opérateurs, habitués à proposer des facilités à leurs clients, avaient atteint leurs limites», indique le président de l’AMIMA. La profession souhaite que la nouvelle convention entre en vigueur à la veille du SIAM 2018 au cours duquel sont enregistrés 30% des commandes de l’année.

Autre projet en cours de réalisation : la mise à jour du référentiel des subventions. Objectif affiché : assouplir les procédures d’octroi. «Inspirées essentiellement des problématiques du terrain, les suggestions des professionnels ont été communiquées à la direction financière du ministère de l’agriculture. Les discussions sont en cours et tout porte à croire que le nouveau référentiel verra le jour incessamment», confie Imad Zouhir. Qu’en est-il du contrat-programme dédié à la filière et dont la signature était prévue en 2017? «Le projet n’a pas abouti», répond furtivement le président de l’AMIMA.

Pour ce qui est des perspectives pour l’année 2018, la profession se réjouit que le pire a été évité grâce notamment aux dernières précipitations.

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