11 février 2005
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Lueur d’espoir pour les céréales après les dernières pluies

Une partie de la récolte céréalière pourra être sauvée, en dépit de 800 000 ha pratiquement sinistrés.
Les productions de banane, légumineuses, amandes et pommes de terre sérieusement compromises.
Les producteurs attendent des autorités qu’elles décrètent l’état d’urgence.

Après une période de froid intense et d’absence de pluies, le climat s’est légèrement réchauffé ces derniers jours et les précipitations, tant attendues, ont repris.
L’espoir renaît, du moins pour les cultures céréalières. Pour les céréales d’automne, les superficies qui ont le mieux résisté pourront être sauvées, alors que pour les autres, les chances de reprise sont faibles et aléatoires. Pour les champs précoces, l’amélioration du climat va permettre à la plante de reprendre normalement son cycle et aux agriculteurs leurs travaux de saison (traitement contre les mauvaises herbes, apports d’engrais de couverture…).
En attendant, l’heure est plutôt à l’évaluation des dégâts par des commissions mixtes constituées des représentants du ministère de l’Agriculture, des chambres d’agriculture et des associations professionnelles. On sait déjà que les cultures dans les différentes régions du pays ne sont pas au même stade végétatif. Certaines sont plus touchées (bananier sous abri, pomme de terre, fraise…), alors que pour d’autres (rosacées, vigne) l’évaluation des dommages ne pourra se faire qu’après reprise de la végétation, c’est-à-dire après quelques semaines.
Dans le Gharb, la moitié des semis tardifs condamnés
En ce qui concerne les céréales d’automne (blé dur, blé tendre, orge), certaines régions commençaient à présenter des signes inquiétants (ralentissement de croissance, jaunissement, etc.), principalement dans les zones où le déficit hydrique est le plus marqué comme le Haouz, Chichaoua, le Souss … Dans d’autres régions, comme la Chaouia, on note l’apparition des symptômes de stress dans certaines parcelles.
D’après Wadiî Krafess, producteur céréalier du Gharb, 30 à 50 % des semis tardifs (après le 10 décembre) sont complètement condamnés (jaunis et desséchés) car ils n’ont reçu, en tout et pour tout, que 6 mm de pluie jusqu’à fin janvier et aujourd’hui, à mi-cycle, ils n’ont pas encore atteint le stade du tallage. Le ministère de l’Agriculture se veut un peu plus précis. Sur 4,9 millions d’ha emblavés en céréales, 50 % présentent un stade végétatif bon et 33 % sont jugés moyens. Le reste, environ 800 000 ha, situés principalement dans le Tensift, l’Oriental et le Pré-Rif, est médiocre ou perdu. Selon le ministère, le potentiel de production n’est que légèrement affecté et pourra être redressé grâce aux dernières pluies et à celles à venir. Elles permettraient aux céréales, qui sont encore au stade tallage, d’émettre de nouveaux rejets pour compenser ceux qui ont été détruits.
Les légumineuses alimentaires (300 000 ha) ont aussi pâti des mêmes conditions défavorables et les dégâts sont plus importants sur les cultures et régions précoces (Doukkala, Chaouia).
Ainsi, sur la fève précoce, semée en même temps que les céréales, les tiges ont été brisées et la floraison en grande partie compromise. Les légumineuses semi-précoces et tardives, par contre, ont moins souffert.
L’élevage a également été touché par cet arrêt de croissance (manque d’herbe dans les pâturages) et par l’incertitude qui prévaut sur les plantes fourragères (329 000 ha semés).
Un gros déficit pourrait engendrer le renchérissement des aliments du bétail. De même, le prix de la paille, élément indispensable dans les étables, a plus que doublé, passant de 5 DH la botte à plus de 12 DH (prix de vente par les céréaliers de la Chaouia, par exemple), et revendue beaucoup plus cher dans les régions qui en manquent. La canne à sucre, avec 18 000 ha mis en place cette année, a connu également quelques difficultés. La première vague de plantations est actuellement au stade de la récolte et cette dernière a été accélérée pour éviter sa dégradation. Par contre, dans la deuxième vague, au stade bourgeonnement des plants, les dégâts sont importants et la plupart des champs devront probablement être replantés. Pour la betterave sucrière, des dégâts importants ont été constatés, aussi bien sur les semis précoces que tardifs.
Pour les autres cultures (maraîchage, agrumes, …) les professionnels ont revu à la baisse les dégâts occasionnés.
Ainsi les fraises prêtes au moment des gelées ont été détruites, contrairement à la plante qui a résisté et pourra continuer sa production.
Concernant les agrumes, l’Association des producteurs d’agrumes du Maroc (ASPAM) estime que les pertes occasionnées sont limitées et ont concerné les feuilles et les jeunes pousses et moins les fruits (10 à 15 %). D’autres cultures ont, par contre, eu moins de chance comme l’avocat, les cultures hautes sous serre comme la banane et les cultures légumières de plein champ, qui ont été entièrement détruites.
Les producteurs attendent des autorités qu’elles décrètent l’état de catastrophe naturelle et mettent en œuvre les mesures qui s’imposent.

Une flambée du prix du bétail est à craindre. Le prix de la botte de foin est passé de 5 à 12 DH en quelques jours.

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