L’industrie aéronautique au Maroc poursuit sa montée en puissance
21 avril 2017
Naoufel Darif (710 articles)
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L’industrie aéronautique au Maroc poursuit sa montée en puissance

Le chiffre d’affaires est en hausse de 12,5% en 2016 et de 15% à fin mars 2017. En plus de l’aérostructure et du cablâge, de nouveaux métiers se développent au fil des implantations. Un catalyseur majeur : l’écosystème annoncé de Boeing va attirer une centaine de nouveaux équipementiers d’ici 2022.

Après avoir bouclé l’année 2016 sur un chiffre d’affaires de 9,2 milliards de DH, en hausse de 12,5%, l’industrie aéronautique commence 2017 sur une bonne orientation. Selon Said Benahajjou, administrateur du Groupement des industries marocaines aéronautiques et spaciales (Gimas), les exportations du secteur ont atteint 2,5 milliards de DH sur les trois premiers mois de l’année, en hausse d’environ 15% par rapport au premier trimestre 2016. La bonne tenue du courant d’affaires des filières aéronautiques s’explique par une demande toujours soutenue des principaux clients et par l’arrivée à maturité de plusieurs investissements récemment réalisés dans le secteur. A en croire les données du Gimas, le gros des exportations reste constitué de l’aérostructure et du câblage. Cependant, le poids des nouveaux métiers devient de plus en plus important dans les exportations, notamment grâce à la structuration en écosystèmes des filières de l’assemblage, du système électrique-câblage et harnais (EWIS), de l’entretien-réparation & révision (MRO) et de l’ingénierie, et ce, depuis bientôt deux ans (les quatre écosystèmes ont été constitués en juillet 2015). «Nous sommes au niveau de la finalisation de l’équipe d’animation qui sera en charge de piloter les actions des écosystèmes et d’en faire le suivi», informe l’administrateur du Gimas.

Plus de 120 opérateurs de renom installés au Maroc

Il faut dire que cette démarche des écosystèmes améliore significativement l’attractivité du Maroc. Aujourd’hui, le secteur compte exactement 121 opérateurs, selon M.Benahajjou. Les plus grands noms y ont pris pied :  Bombardier, Airbus à travers Stelia, Safran, Thales, Daher, ou encore Matis Aerospace. Récemment, c’était le tour d’Aerolia, STTS, Hexcel, Eaton, Latéocère, UTC Aerospace systems, Altran, LTK, Agbm, Alcoa, Mikroma, Inovelec, A.T.C.H, NSE Aero Maroc, et d’autres qui ont bien densifié le tissu des équipementiers présents. De plus, une dizaine d’opérateurs déjà présents sont en cours d’extension de leurs activités tandis que d’autres prévoient des extensions de leurs unités. Un catalyseur majeur : l’écosystème annoncé de Boeing devra attirer, dans les cinq années à venir, une centaine d’équipementiers de renommée mondiale qui fournissent les usines de l’avionneur à travers le monde. En attendant, les investissements continuent sur leur lancée. Le secteur contribue à hauteur de 5% aux exportations avec une croissance moyenne de 18% sur les cinq dernières années, et pourvoie 11 000 emplois. La plateforme Maroc est classée 8e en matière d’attraction des IDE aéronautiques sur les dernières années.

Il faut dire qu’au fil des implantations, une large palette de métiers s’est développée, notamment l’assemblage d’éléments de structure, le câblage-connectique, la chaudronnerie aéronautique, l’électricité et l’électronique, la maintenance d’avions et moteurs, les matériaux composites, ou encore la mécanique de précision et le moulage aéronautique. Ce qui rend plus attractive la plateforme Maroc pour de nouveaux investisseurs qui trouveront clients et fournisseurs dans leur environnement immédiat. Le cercle vertueux est donc enclenché. Pour Souad Elmallem, Executive partner du cabinet 6temik et ancienne DG de Bombardier, les filières qui gagneraient à être développées en premier sont les trous existants aujourd’hui dans l’écosystème. Elle cite le traitement de surface des matériaux, la réparation du composite, l’augmentation de la capacité globale en termes d’usinage et de fabrication de pièces en métal en feuilles qui vont permettre de compléter tous les besoins en la matière. «Il faut également investir dans l’usinage des matériaux durs et d’alliages spéciaux puisque ce sont des capacités distinctives sur le marché qui permettraient au Maroc d’attirer de nouveaux grands systémiers», ajoute-t-elle.

Les exportations devraient croître de 18% cette année

Ces nouvelles spécialités devront améliorer la profondeur et l’intégration locale du tissu industriel. A ce titre, les industriels soulignent que l’intégration des filières, notamment pour des activités très pointues et très complexes, s’améliore significativement. Par exemple, la fabrication des inverseurs de poussée est intégrée localement à hauteur de 17%. Ce taux devra doubler, à l’image de plusieurs autres filières, d’ici 2020. A cet horizon, les industriels voient grand pour franchir un nouveau palier de croissance. Confortés dans leurs projections par cette dynamique d’investissement qui prend dans le secteur, ils tablent sur la création de 23000 nouveaux emplois, soit le triple de l’effectif actuel, le doublement du chiffre d’affaires à l’export, à 16 milliards de DH, et un taux d’intégration local de 35%.

Pour le reste de l’année 2017, le Gimas table sur une croissance des exportations de 18%, «identique à celle observée en moyenne sur les cinq dernières années», projette M. Benahajjou.

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