L’immigration au Canada, une aubaine pour les cabinets d’assistance spécialisés
8 janvier 2018
Mehdi Jaouhari (176 articles)
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L’immigration au Canada, une aubaine pour les cabinets d’assistance spécialisés

50% des candidats à l’immigration au Canada passent par ces cabinets de consultants et d’avocats. Leurs honoraires varient de 10 000 à 18 000 DH par candidat. Le Canada compte attirer davantage d’immigrés d’ici 2019.

Des milliers de Marocains immigrent chaque année au Canada. Qualité de vie excellente, opportunités d’emplois et de formation, services publics…, il faut dire que ce pays a de quoi faire rêver les couples et les jeunes cadres et techniciens issus des classes moyennes marocaines. Mieux encore, le Canada fait de l’immigration économique un pilier de sa politique économique et démographique. Pas moins de 300 000 individus dans le monde ont été sélectionnés en 2017 par le ministère canadien de l’immigration à l’issue d’un process plus ou moins long.

Pour démarrer une nouvelle vie dans des conditions favorables, ces «nouveaux arrivants» obtiennent de facto le statut de résident permanent dont les droits et les devoirs sont similaires ou presque à celui d’un citoyen canadien. Programme fédéral d’immigration (entrée express), programmes provinciaux (Québec, Manitoba, Nouveau-Brunswick), regroupement familial via parrainage… Plusieurs programmes et options s’offrent aux candidats potentiels. Chaque programme impose des conditions spécifiques (langues, niveau de qualification et de formation, expériences professionnelles) ainsi qu’une méthodologie de sélection. Si certains candidats postulent individuellement en s’informant sur internet -sur le portail gouvernemental de l’immigration, les forums et les groupes sur les réseaux sociaux…- d’autres préfèrent se faire conseiller par des cabinets de consultants et d’avocats spécialisés en immigration.

Les cabinets agréés et les bricoleurs…

«D’abord, nous représentons pour les candidats un raccourci puisque nous offrons des informations à jour et vérifiées. Deuxièmement, nous répondons au besoin psychologique des candidats d’être accompagnés dans un tel projet décisif pour leur carrière», explique Youssef Cheddadi, patron de New Life Canada, un cabinet présent sur le marché depuis 1998.

Pour être agréé par le gouvernement canadien afin d’accompagner officiellement les candidats, les consultants et les avocats doivent figurer sur les registres de leurs professions respectives au Canada. Autrement dit, ils doivent être des praticiens au Canada. Pour le législateur marocain, toute entreprise de service peut offrir ce genre de conseil. «Si le cabinet n’est pas agréé au Canada, il ne peut pas être l’interlocuteur du gouvernement. Il bricole en soumettant le dossier au nom du candidat», poursuit notre source.

Les honoraires de l’accompagnement sont payés par le candidat en plusieurs tranches à mesure que la procédure avance. Pour le cas de New Life Canada, ils s’élèvent à 15 500 DH pour un célibataire et à 18 500 DH pour un couple, et ce, pour les deux principaux programmes en vogue, à savoir le programme fédéral «entrée express» et le programme provincial du Québec. Selon nos recherches, il faut parfois dépenser plus pour un dossier chez certains avocats tandis que dans d’autres cabinets, le prix est généralement compris entre 10 000 et 18000 DH.

A en croire Youssef Cheddadi, la moitié des candidats préfèrent passer par un cabinet. Il s’agit surtout de ceux pour qui le projet d’immigration est une urgence et veulent éviter toute mauvaise surprise.

Des perspectives prometteuses

Quid de la taille de ce marché ? En l’absence d’une étude ou d’une donnée officielle, elle est difficile à déterminer, puisque en plus des candidats retenus, il faut ajouter ceux dont la procédure est en cours et qui ont déjà payé des avances. D’autres paient le prix de la première consultation et abandonnent la procédure.

Selon Statistiques Canada, 2 736 candidats marocains ont été retenus en 2015 contre 6 244 en 2010. «Cette baisse s’explique par les complications du nouveau système du Québec ainsi que le choix de cette province, prisée par les Marocains, de cibler d’autres candidats francophones», soutient notre interlocuteur. Tout de même, les candidats intéressés par le Québec continuent d’affluer et acceptent la nouvelle donne. D’autres aux profils plus pointus optent pour le programme fédéral «entrée express», qui est plus fluide et donne accès à toutes les provinces anglophones. «Nous accueillons chaque semaine en moyenne 40 candidats. Notre activité a encore de beaux jours devant elle», s’enthousiasme M.Cheddadi. Un enthousiasme fondé, puisque le Canada compte attirer davantage d’immigrés d’ici 2019. Selon les prévisions gouvernementales relayées par Radio-Canada, le quota des immigrants passera de 300 000 en 2017 à 340 000 en 2020.

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