L’expansion urbaine, un des vecteurs principaux des transformations socioéconomiques de la région arabe
3 janvier 2018
Hicham Benjamaa (168 articles)
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L’expansion urbaine, un des vecteurs principaux des transformations socioéconomiques de la région arabe

Au Maroc, le taux d’urbanisation avoisine les 65% et, depuis 2004, 58 centres urbains ont été proclamés «Villes sans bidonvilles». A l’heure actuelle, 54% de la population mondiale vit dans des zones urbaines. Les pays arabes connaissent, quant à eux, une urbanisation accélérée dépassant les 52%.

Le ministère de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme, du logement et de la politique urbaine a organisé, du 21 au 23 décembre à Rabat, en partenariat avec la Ligue des Etats arabes et le Bureau régional d’ONU-Habitat pour les Etats arabes, la 2e édition du Forum ministériel arabe pour le logement et le développement urbain (AMFHUD2), sur le thème: «Mise en œuvre du Nouvel agenda urbain dans la région arabe». Etaient notamment présents à la rencontre le chef du gouvernement, le ministre de l’industrie, la Secrétaire d’Etat chargée de l’habitat, ainsi que des représentants d’organisations internationales et arabes. Le forum a été l’occasion de discuter des défis dans la mise en œuvre de la Stratégie régionale sur le logement et l’urbanisation durable. Cette stratégie sert de moyen d’application du Nouvel agenda urbain et du 11e Objectif de développement durable (ODD) des Nations Unies, à l’horizon 2030, à savoir «faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables».

La cérémonie d’ouverture a été marquée par la lecture d’une lettre royale, adressée aux participants, appelant à «l’élaboration d’une vision commune autour d’un système intégré d’aménagement du territoire qui, par sa nature prospective, aura pour finalité de rationaliser l’exploitation du territoire et la gestion des ressources disponibles, de telle sorte qu’il puisse contribuer à rétablir l’équilibre du tissu urbain». Un tel système «aidera à renforcer la capacité des territoires à s’adapter aux différentes transformations économiques, sociales, environnementales et technologiques et contribuera à réduire le fossé séparant espaces urbains, quartiers périphériques et zones rurales».

Le message royal a également souligné que «la durabilité des métropoles passe par la mobilisation des énergies et des expertises nécessaires pour leur permettre de faire face aux changements climatiques, d’optimiser la gestion des risques inhérents aux catastrophes naturelles et d’apporter des solutions aux problématiques liées à une planification durable et au système de gouvernance urbaine». D’où la nécessité de prendre les mesures adéquates pour «adapter l’aménagement de nos cités aux nécessités du monde de demain et assurer aux populations arabes des logements décents et une qualité de vie meilleure».

L’un des plus grands risques auxquels sont confrontées les villes est le chômage

Les villes marocaines, à l’instar des autres agglomérations urbaines du monde, connaissent un développement constant et une forte croissance démographique. Les mouvements des zones rurales vers les zones urbaines font que le taux d’urbanisation avoisine aujourd’hui les 65%. En 2004, le coup d’envoi a été donné au programme national «Villes sans bidonvilles», avec pour objectif d’éradiquer, dans 85 villes, l’habitat insalubre sous toutes ses formes et d’«ériger la question de l’habitat en axe majeur d’intervention pour assurer la cohésion sociale et stimuler la dynamique économique». Depuis le lancement de ce chantier, 58 centres urbains ont été proclamés «Villes sans bidonvilles».

Pour sa part, Joan Clos, directeur exécutif du programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat), a rappelé que «le message principal de la conférence Habitat III, qui s’est tenue, en octobre 2016, en Equateur, est que l’urbanisation est source de transformation économique et sociale et génère de la valeur ajoutée et de la richesse». Et de préciser que «l’un des plus grands risques auxquels sont confrontées les villes est le chômage d’une grande partie de la population. Malgré tout, il faut considérer l’urbanisation non pas seulement comme un problème, mais également comme une opportunité».

A l’heure actuelle, 54% de la population mondiale vit dans des zones urbaines. Une proportion appelée à s’accroître à un rythme soutenu. C’est ainsi qu’en 2045, le nombre d’habitants dans le monde devrait être multiplié par un et demi pour atteindre le seuil des six milliards d’individus. Du fait de cette évolution, l’expansion urbaine sera l’un des principaux vecteurs des transformations socioéconomiques qui toucheront la région arabe, au cours des prochaines décennies. Les pays arabes connaissent, en effet, un accroissement démographique important et une urbanisation accélérée dépassant les 52% (près de 80% dans certaines villes). Cet accroissement est à l’origine de grandes agglomérations métropolitaines et d’une forte concentration sur les bandes côtières. L’extension urbaine est devenue, par conséquent, une source de préoccupations, de défis économiques, sociaux et environnementaux majeurs.

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