Les ventes de médicaments en hausse de 2% en volume à fin novembre 2017
18 janvier 2018
Wiam Markhouss (281 articles)
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Les ventes de médicaments en hausse de 2% en volume à fin novembre 2017

En tout, 301,5 millions de boîtes ont été vendues durant les onze premiers mois. L’industrie pharmaceutique marocaine mise sur les marchés à l’export et les technologies innovantes. Les laboratoires veulent capter des revenus supérieurs à 350 millions de dollars grâce aux essais cliniques.

D’après IMS Health, 301,5 millions de boîtes de médicaments ont été vendues durant les 11 premiers mois de l’année dernière, en hausse de 2%. En valeur, les ventes ont rapporté 8,94 milliards de DH, soit une hausse de 4,8%. «Comme pour les trois années précédentes, la croissance profite principalement aux génériques, alors que les princeps n’ont progressé qu’en 2016 et 2017 à cause de la baisse des prix. Les génériques représentent au moins 40% du marché privé et plus de 80% du marché public», explique Jean Yves Gal, vice-président du LEMM (Les entreprises de médicaments du Maroc) dont l’association représente 60% du marché pharmaceutique marocain.

Les trois quarts du marché global reviennent au marché privé officinal. Les appels d’offres de l’Etat et le marché des cliniques représentent 15%. L’export complète le tableau avec 10%. «Le marché global en prix sortie d’usine totalise entre 14 et 15 milliards de DH», précise l’Association marocaine de l’industrie pharmaceutique (AMIP).

L’Afrique francophone, premier marché à l’export

Selon l’Office des changes, le chiffre d’affaires à l’export s’élève à 1,04 milliard de DH, en hausse de 5,1% par rapport à 2016. Ces exportations sont principalement destinées au  Sénégal, à l’Algérie et à la Tunisie, indique l’AMIP. «La tendance est aussi au développement des exportations aux Emirats Arabes Unis, en Arabie Saoudite et au Koweït», ajoute une source au sein de cette organisation.

Le marché à l’export est un bon relais de croissance. C’est la raison pour laquelle les laboratoires pharmaceutiques marocains ont consenti des investissements estimés à plusieurs millions d’euros, notamment en Afrique subsaharienne. A titre d’exemple, Cooper Pharma construit en Côte d’Ivoire une unité spécialisée dans la fabrication des formes liquides (sirops) puis des formes solides en deuxième temps. Au Rwanda, à Kigali Innovation City, ce même laboratoire construit une unité pharmaceutique destinée à la fabrication d’antibiotiques et de médicaments non bêta-lactamines destinés à six marchés d’Afrique de l’Est. Les deux usines seront opérationnelles en 2019. Pour sa part, le groupe marocain Phama 5 devrait construire une usine en Côte d’Ivoire pour alimenter le marché africain.

Ces investissements restent vitaux pour la pérennité et la croissance des entreprises pharmaceutiques marocaines. «C’est le dynamisme des marchés africains qui a permis, depuis trois ans, de consolider les investissements des entreprises de LEMM dans le Royaume quand le marché marocain était en croissance négative», commente le président de l’association.

A son tour, le Maroc continue à attirer des investissements étrangers. Les investissements de Saudi Spimaco et de l’égyptien Chemipharma sur des technologies orales et liquides en sont l’exemple le plus parlant.

L’innovation comme relais de croissance

Autre relais de croissance, l’innovation. Pour ce faire, les entreprises locales ou implantées dans le pays ont investi diverses spécialités. Ainsi, la première usine de fabrication d’hormones aux normes américaines et européennes (Gynebio Pharma) et l’usine de bio similaires anticancéreux (Sothema) commencent à produire cette année. L’indien Cipla Maroc a investi dans une usine de fabrication d’aérosols contre l’asthme et les maladies pulmonaires devant entrer en production au courant de l’année.

En outre, dans le cadre du Plan d’accélération industrielle 2014-2020, LEMM et le gouvernement ont signé un projet de mise en place d’un écosystèmes R&D. «Nous sommes aujourd’hui très actifs pour atteindre les objectifs de ce contrat-programme, notamment dans la recherche biomédicale, focalisée sur les essais cliniques», déclare le président de LEMM. Il est prévu qu’à l’horizon 2018 le marché mondial de la sous-traitance des activités de R&D pharmaceutique représentera plus de 80 milliards de dollars, dont la moitié allouée aux essais cliniques (qui impliquent la participation de volontaires humains). «Nous ambitionnons de capter une partie de ce marché en développant les activités de R&D pharmaceutiques au Maroc, tant pour les essais cliniques que pour l’outsourcing. Les revenus prévisionnels que pourrait dégager le programme d’essais cliniques dans le Royaume est compris entre 350 et 750 millions de dollars à l’horizon 2023», explique le président de LEMM.

Doliprane reste le médicament le plus vendu au Maroc. Il arrive ainsi en tête des ventes loin devant les autres médicaments avec 13,56 millions de boîtes vendues. En deuxième place, on retrouve l’antibiotique Amoxil avec 2,6 millions de boîtes. Les ventes de ces deux médicaments ont pourtant diminué de 1%. Oedes, un anti-ulcéreux prend la troisième place avec 2,4 millions de boîtes, en hausse de 2%. Quant à l’antibiotique Augmentin qui occupe la 4e position, il a réalisé une croissance de 5%, à 2,2 millions de boîtes. Suit Ventoline, le traitement des crises d’asthme et de certaines bronchites avec 2 millions d’unités écoulées (+9%). Puis viennent respectivement Surgam, un anti-inflammatoire non stéroïdien avec 1,8 million de boîtes (+14%), Erector, un traitement contre les troubles de l’érection dont les ventes totalisent 1,6 million de boîtes (+2%) et Aclav (antibiotique) dont 831 200 boîtes ont été écoulées (-3%). Le top 10 est complété par Lantus, un médicament contre le diabète de type 2 avec 268900 boîtes (+18%) et Janumet, un antidiabétique oral, qui totalise 157 300 boîtes (+16%).

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