Les vaccins très peu prisés par les adultes
6 décembre 2017
Wiam Markhouss (251 articles)
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Les vaccins très peu prisés par les adultes

Le vaccin contre la méningite, obligatoire pour le Hajj et la Omra, est l’un des vaccins phares pour adultes. Sanofi Aventis déplore un marché des vaccins contre la grippe trop étroit. Des campagnes de sensibilisation à grande échelle sont nécessaires pour augmenter la consommation.

La guerre des vaccins pour adultes n’aura pas lieu. Le marché dont les chiffres sont gardés confidentiels, du moins par l’Institut Pasteur (importateur exclusif des vaccins contre la fièvre jaune obligatoires pour les voyages en Afrique, contre la fièvre typhoïde et la diphtérie tétanos), est trop étroit. Seul le vaccin contre la méningite, rendu obligatoire pour les pèlerins qui se rendent à la Mecque pour le Hajj et la Omra, connaît une consommation stable. Malgré une demande qui semble assez considérable (180 000 unités à fin 2015), le laboratoire GlaxoSmithKline a cédé ce portefeuille de vaccins contre la méningite à Pfizer fin 2015. «La demande était de 180 000 unités dont 80000 pour le compte de l’Institut Pasteur pour les pèlerins de Hajj et Omra et 100 000 pour le ministère de la santé. Dans ce dernier cas, l’objectif est de faire face aux risques de propagation des foyers identifiés», déclare une source de la filiale marocaine du laboratoire pharmaceutique GSK.

Le taux de consommation des autres vaccins administrés post-voyages reste stable. «En effet, le Marocain ne se fait vacciner que dans le cas où c’est obligatoire. A titre d’exemple, pour obtenir le visa pour l’Arabie Saoudite, le pèlerin marocain doit absolument être muni de son carnet de vaccination qui atteste de son immunisation contre la méningite administré 10 jours avant le voyage», déclare le Pr Naima El Mdaghri, directrice de l’Institut Pasteur.

La consommation des vaccins optionnels est également faible. La demande de vaccins contre la grippe, importés exclusivement par le laboratoire Sanofi-Aventis, est en stagnation durant les cinq dernières années. «Nous avons livré 125000 doses pour le marché public et 250 000 pour la marché privé au titre de la campagne 2017/2018. Mais l’engouement des patients pour ce vaccin reste très faible. Beaucoup d’efforts de sensibilisation reste à faire par l’ensemble des intervenants», déclare Aziz Yousfi Malki, directeur de la communication et de la RSE chez Sanofi Aventis Maroc, Tunisie et Libye. Le ministère de la santé a cherché à montrer la voie en achetant une quantité considérable pour le personnel hospitalier pour éviter la transmission du virus à des personnes vulnérables. Cependant, «plus de 50% du personnel de santé ne se fait pas vacciner contre la grippe», déplore le Pr Naima El Mdaghri.

Des prix relativement bas pour en faciliter l’accès

La sensibilisation à travers les canaux de communication audiovisuels et de presse écrite ne semble pas avoir non plus porté ses fruits pour inciter les Marocains à se faire vacciner contre la grippe. Le prix est pourtant fixé à 80 DH, un niveau relativement bas pour en faciliter l’accès.

D’autres vaccins recommandés par les médecins sont tout autant ignorés par les adultes. C’est le cas du vaccin contre la diphtérie tétanos (60 DH). Les Marocains de plus de 40 ans n’ont pas été vaccinés contre cette maladie (ce vaccin ne faisant partie du programme national de vaccination que depuis 30 ans). «Il faut donc faire des rappels de vaccins. Heureusement, dans le cas de blessure, on administre aujourd’hui la sérothérapie, un sérum antitétanique qui agit comme anti-corps pour l’humain en attendant de produire les siens», explique Mme El Mdaghri. Ce qui pourrait rassurer les quarantenaires. «D’autres vaccins comme celui contre la coqueluche devraient aussi être administrés aux nouveaux mariés car ils pourraient transmettre cette maladie au bébé sans le savoir», suggère la directrice de l’Institut Pasteur. En attendant une campagne de sensibilisation beaucoup plus persuasive, le marché reste étroit.

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