Les pharmacies se plaignent de ne pas profiter de l’allongement de la liste des médicaments remboursables
24 octobre 2014
Aziza belouas (1413 articles)
0 Commentaire
Partager

Les pharmacies se plaignent de ne pas profiter de l’allongement de la liste des médicaments remboursables

Les officines avancent que les médicaments concernés continuent à  être distribués dans les hôpitaux ou bien via les associations. L’extension de la liste des remboursables coûtera 215 MDH par an à  la CNOPS et 141 MDH à  la CNSS. 40 autres produits seront ajoutés à  la liste du tiers-payant.

Ce sont maintenant 3500 médicaments qui sont remboursables au titre de l’AMO contre 1001 en 2006, année de démarrage de la couverture médicale de base, suite à l’inscription de 32 nouveaux produits sur la liste. Cette extension, décidée et annoncée conjointement, début octobre, par le ministère de la santé et l’Agence nationale de l’assurance maladie (ANAM), est une bonne nouvelle pour les patients puisqu’elle améliore l’accessibilité aux médicaments. Mais du côté des organismes gestionnaires du régime de la couverture médicale de base, on s’attend à une aggravation de la dépense médicament.

D’après une étude d’impact effectuée en interne, la charge additionnelle est de 215 MDH par an pour la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (CNOPS). Ce qui représente 18% des dépenses médicaments actuellement remboursées par le gestionnaire de l’AMO pour le secteur public et qui s’élèvent annuellement à 1,2 milliard de DH. Du côté de la CNSS, on ne se prononce pas pour l’heure étant donné que l’étude d’impact vient d’être lancée. Mais l’alourdissement du poste Médicaments est inévitable dans la mesure où il s’agit de spécialités coûteuses prescrites pour le traitement de cancers et d’autres pathologies lourdes et dont le prix varie de 3500 à 5 000 DH.

Les pharmaciens, eux, restent sceptiques quant à l’impact de cet élargissement de la liste des remboursables sur leur activité. Et ceci, disent-ils en substance, pour la simple raison que ces médicaments n’ont toujours pas, contrairement à l’engagement du ministère de la santé, fait leur retour sur les rayons des officines. La promesse du ministère s’inscrit, rappelons-le, dans le cadre des mesures d’accompagnement prévues suite à la baisse des prix des médicaments entrée en application en juin dernier.

Les pharmacies tirent à boulets rouges sur le système du tiers payant médicament

«Ces médicaments continuent à être distribués dans les hôpitaux ou bien via les associations, ce qui fait perdre aux pharmacies des recettes importantes, étant donné que le prix de vente est élevé», disent les professionnels qui ne manquent pas de souligner que «le système du tiers payant, mis en place par la CNSS pour permettre une prise en charge des médicaments coûteux traitant les maladies lourdes, n’a pas non plus donné les résultats escomptés». Selon les pharmaciens, un très petit nombre d’officines bénéficie du système. A titre d’exemple, sur les 1 300 pharmacies situées à Casablanca, seulement 10  d’entre elles en bénéficient à cause du «dirigisme pratiqué par la CNSS».
Une accusation réfutée par cet organisme. La caisse indique avoir signé en 2013 une convention nationale avec les instances représentatives des pharmaciens de tout le Maroc, laissant la possibilité aux pharmaciens non intéressés par la formule de communiquer par écrit leur déconventionnement. Depuis le démarrage du mécanisme à aujourd’hui, «elle n’a reçu aucune demande de déconventionnement et le système fonctionne actuellement avec 926 officines implantées dans diverses villes du Royaume», souligne un de ses cadres. On retiendra que le gestionnaire de l’AMO du secteur privé a traité, depuis le démarrage du tiers payant médicament, 12 133 demandes de remboursement avec une facture mensuelle moyenne de 12 800 DH. D’août 2013 à septembre 2014, le coût pour la CNSS s’élève à 141 MDH.

Par ailleurs, on estime dans le milieu médical que «certains pharmaciens ne bénéficient pas du tiers payant parce qu’ils ne veulent pas acheter les médicaments coûteux et préfèrent plutôt avoir dans leurs stocks des médicaments ambulatoires à des prix abordables».   
Mis en place en avril 2013, ce système permet une prise en charge allant de 95% à 99% de la dépense médicament. Ce qui laisse à la charge du patient un ticket modérateur allant de 1 à 5% de la facture. Ce système ne concerne actuellement qu’une liste de 29 médicaments aussi bien des princeps que des génériques dont le prix dépasse les 1 000 DH. Et pour une meilleure accessibilité aux traitements des affections de longue durée et coûteuses, la CNSS va procéder incessamment à l’extension de cette liste à plus de 40 nouveaux médicaments. La liste est actuellement, apprend-on de source sûre, en cours de validation et sera bientôt communiquée à l’ANAM et aux pharmaciens.

Commentaires

0 Commentaire Soyez le premier à donner votre avis

Commentez cet article

Your data will be safe! Your e-mail address will not be published. Also other data will not be shared with third person. Required fields marked as *