Les MRE entre le désir d’acheter et la crainte  d’être escroqués
1 juillet 2018
Ibtissam Benchanna (775 articles)
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Les MRE entre le désir d’acheter et la crainte d’être escroqués

Des transactions ont été conclues sur les différents segments immobiliers. Beaucoup d’intérêt manifesté pour les résidences immobilières de promotion touristique. Des acquéreurs victimes d’escroquerie ont manifesté leur mécontentement.

Pour sa 15e édition, le SMAP, qui s’est tenu du 22 au 24 juin, à Paris, a bien attiré du monde. Après un début calme accentué par une grève sur certaines lignes du RER, l’affluence n’a commencé à se manifester que le samedi, en début d’après-midi. Samir El Chammah, PDG de Smap Events and Exhibitions, qualifie cette édition de réussie, tant sur le plan organisationnel que de l’affluence et des affaires.

Plusieurs promoteurs s’accordent à affirmer que cette année, la clientèle est de qualité. «Il s’agit de clients qui viennent pour acquérir un bien immobilier. Ils sont déjà informés du marché marocain, ont défini leurs besoins et leur budget et concrétisent directement leur achat», indique un promoteur. Un autre confirme, mais précise avoir eu affaire aux mêmes clients lors des deux éditions précédentes, avant de conclure des contrats.
Cette clientèle n’est pas forcément intéressée par le logement économique et social. Plus jeune – 30 à 50 ans- elle est aussi bien dans une logique patrimoniale que d’investissement (location ou revente). La preuve, le stand d’un promoteur qui propose des Résidences immobilières de promotion touristique (RIPT) n’a pas désempli.

Les clients qui fréquentent le SMAP sont de deux catégories. La première est avertie, curieuse, s’informe dans le moindre détail sur le projet cible et va même jusqu’à demander à une connaissance installée au Maroc de faire une visite du bien, en vue de vérifier la véracité des propos des commerciaux. La seconde, elle, n’est pas assez initiée, croit à toutes les promesses «verbales» du promoteur et s’aventure à remettre une avance et à effectuer des virements réguliers sans aucune vérification préalable. C’est le cas de plusieurs clients venus manifester leur mécontentement au personnel du ministère des MRE. Leurs réclamations portent sur le non-respect des délais de livraison, la qualité du produit fini, la non-conformité en termes de finition notamment… «Le président d’une amicale d’habitation a empoché des avances pour la construction d’un projet immobilier de plus de 800 appartements depuis 2012. En 2014, il a lancé une deuxième tranche avec autant de biens. A ce jour, rien n’est fait», confient des victimes. Cet interlocuteur est aujourd’hui aux abonnés absents après avoir empoché des millions d’euros.

Prévention contre les promoteurs indélicats

Un coup d’œil sur quelques contrats de réservation des amicales et promoteurs permet de s’apercevoir que le remboursement ne prend effet qu’en cas de désistement du maître d’ouvrage. De plus, les dates du début des travaux et de livraison ne sont pas mentionnées. Cela prouve que des promoteurs «de mauvaise foi» profitent de la naïveté d’une partie de la clientèle.

Pour prévenir les visiteurs contre ces pratiques, les organisateurs ont, à l’entrée du salon, placardé des affiches pour les informer des précautions à prendre avant l’achat d’un bien immobilier. Elles conseillent par exemple aux acquéreurs de demander toutes les informations nécessaires avant de réserver dans un programme (plan de construction ne varietur, plan béton armé, permis de construire, cahier des charges…). En outre, des notaires partenaires de l’évènement se sont relayés tout au long du salon pour animer des conférences sur les démarches à suivre. A côté des problèmes récurrents liés essentiellement à la vente sur plan, «d’autres soucis viennent s’ajouter, à l’instar de la non-disponibilité des titres fonciers, de la purge de l’hypothèque…», résume Abdelmajid Bargach, notaire à Rabat. En tout cas, même si les clients prennent leur temps avant de passer à l’acte, la demande reste consistante.

Les stands des banques participatives au SMAP ont connu un franc succès. C’est le moins que l’on puisse dire au vu de la fréquentation de leurs stands. Il faut dire aussi que c’est la première fois que ces établissements sont présents dans cet événement avec des offres concrètes. Ce qui a contribué à attirer beaucoup de personnes, mais surtout les plus jeunes dont la tranche d’âge est comprise entre 25 et 40 ans. Le top management de certaines banques participatives a fait le déplacement en force pour marquer cette édition et aller à la rencontre des clients potentiels afin de mieux cerner leurs besoins et répondre à leurs différentes interrogations.

L’un des grands problèmes auquel font face essentiellement les MRE possédant déjà un bien immobilier au Maroc est la spoliation immobilière. La loi 39-08 relative aux droits réels stipule clairement, dans son article 2, que même si un bien est correctement immatriculé à la conservation foncière, le propriétaire doit se rendre tous les quatre ans au service d’immatriculation pour s’assurer de la propriété. Autrement, il pourrait être victime d’un faux et en perdrait la jouissance. Une disposition fortement contestée, même par les administrations publiques dont l’ANCFCC qui n’a même pas été consultée avant son adoption. En voulant combattre le fléau, cette loi n’a fait qu’aggraver la situation, car elle a en quelque sorte montré le chemin au spoliateur à propos du délai dans lequel il peut agir. Dans l’objectif de limiter ce phénomène, l’ANCFCC a lancé un service électronique gratuit appelé Mohafadi. En s’y inscrivant et en fournissant les données relatives à son bien immobilier, le propriétaire est informé de n’importe quelle opération qui pourrait survenir sur son titre foncier, et ce, à travers une notification par SMS.

Mots-clés Immobilier

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