Les médecins du public demandent leur équivalence avec les docteurs d’Etat
8 avril 2011
Aziza belouas (1460 articles)
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Les médecins du public demandent leur équivalence avec les docteurs d’Etat

Le Syndicat indépendant des médecins du public en grève les 13 et 14 avril. Les discussions relatives à  la révision de leur statut bloquées. Le ministère de la santé renvoie la responsabilité à  l’enseignement supérieur.

Le Syndicat indépendant des médecins du secteur public fait, une fois encore, cavalier seul. Il lance un appel à la grève les 13 et 14 avril prochains. Ce débrayage sera doublé d’un sit-in devant le département de l’enseignement supérieur afin de dénoncer son mutisme par rapport à la revendication des médecins du secteur public portant sur l’équivalence du doctorat de médecine. Cette demande d’équivalence, qui fait partie d’un cahier revendicatif, a été exprimée, il y a 8 ans, auprès des ministères de la santé et de l’enseignement supérieur dans le cadre des discussions relatives au statut des médecins. Ces derniers revendiquent une mise à niveau de leur statut avec celui des docteurs d’Etat. Or, aujourd’hui, les médecins sont considérés comme des détenteurs de master et non pas comme des titulaires d’un doctorat d’Etat. Après plusieurs rounds de négociations avec le ministère de la santé, celui-ci a fait savoir, lors d’une réunion tenue le 14 mars 2011, aux médecins que ce dossier ne relève plus de ses compétences mais plutôt de celles du département de l’enseignement supérieur. Pour le Syndicat indépendant des médecins du secteur public, «cette situation est intolérable dans la mesure où nous avons fait un cursus plus long que celui des docteurs d’Etat, soit 13 ans d’études, et nous n’acceptons plus le statut qui nous est octroyé !». Le syndicat qui a demandé, plusieurs fois mais en vain, des rendez-vous avec les responsables du ministère de l’enseignement supérieur ne compte pas baisser les bras. «S’il n’y a pas de réaction suite à notre mouvement de contestation, nous enchaînerons avec d’autres grèves», annoncent les syndicalistes qui ne manquent pas de souligner qu’ils attendent par la même occasion la réponse des pouvoirs publics concernant les autres points du cahier revendicatif.
En effet, le syndicat, à l’instar d’autres confrères, demande l’intégration des médecins résidents dès la première année d’études. Actuellement, l’intégration démarre à partir de la troisième année, ce qui pénalise les médecins à un double niveau : d’abord au niveau de l’ancienneté et ensuite en ce qui concerne le salaire.

Revoir les conditions du regroupement familial

Le salaire d’un médecin résident de première année est de l’ordre de 3 000 dirhams et, après intégration, il passe à 7 000 dirhams. Autre revendication statutaire des médecins : l’application du décret royal du 2 février 1967 qui institue deux grades (médecin-pharmacien général et médecin inspecteur général) pour les médecins hors grades. Ce texte, confirmé par la circulaire interministérielle de 1982, n’a jamais été appliqué et, pire encore apprend-on auprès du syndicat, les deux grades prévus par le décret de 1967 ont été supprimés par le statut de 1999. Cette suppression est, selon le syndicat, incompréhensible et constitue une atteinte grave aux acquis des médecins.
Enfin, le syndicat revendique la révision des conditions de la procédure du regroupement familial. La procédure actuelle conditionne la validation du regroupement familial par l’existence d’un remplaçant. «Ce qui est inadmissible dans la mesure où le regroupement familial est une urgence et il faut par conséquent en alléger l’application. Il faut donc que le ministère en révise la procédure», explique-t-on au Syndicat indépendant des médecins qui réclame, par ailleurs, l’intégration de représentants syndicaux dans la commission en charge des mutations. Car, ladite commission est exclusivement constituée de représentants de l’administration. Le syndicat exige, enfin, l’augmentation du nombre des postes concernés par les mutations. Pour 2011, le ministère de la santé n’a prévu que 180 postes concernant les médecins, les infirmiers ainsi que les agents administratifs du ministère de la santé.

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