Le Maroc et l’Espagne main dans la main pour la mise en œuvre de l’accord sur le climat
15 février 2017
Hicham Benjamaa (141 articles)
0 Commentaire
Partager

Le Maroc et l’Espagne main dans la main pour la mise en œuvre de l’accord sur le climat

Les deux pays veulent que les signataires de l’accord de Paris passent très vite à la phase de concrétisation de leurs engagements. Le Maroc mettra l’accent sur le réapprovisionnement des nappes phréatiques, le traitement et le recyclage des eaux usées, ainsi que la désalinisation de l’eau de mer.

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) et le Conseil économique et social (CES) d’Espagne ont conjointement organisé, le 3 février à Rabat, un séminaire sur «Le rôle du partenariat entre le CESE du Maroc et le CES d’Espagne dans la mise en œuvre de l’agenda global du climat : le cas des secteurs de l’énergie et de l’eau». La rencontre avait pour objectif de se pencher sur la question énergétique au Maroc et en Espagne, ainsi que sur les défis et les stratégies en rapport avec la problématique de l’eau dans les deux pays.

«Par cette rencontre nous considérons qu’il est de notre rôle, en tant que conseils économiques, sociaux et environnementaux, de travailler ensemble et d’accompagner les gouvernements et les parlements, pour que la société civile organisée que nous représentons puisse s’assurer de l’implémentation des NDC (NDLR : Contributions déterminées au niveau national) au niveau des pays et surtout des territoires», a précisé, dans son allocution, Nizar Baraka, président du CESE. Il s’est également félicité des résultats de la COP 22 ayant «permis de mettre sur les rails l’Accord de Paris». Et de considérer que «la particularité de cette COP est qu’elle s’est appuyée sur plusieurs axes», dont notamment la négociation qui concerne la mise en place et l’implémentation de l’Accord de Paris, ainsi que l’action qui concerne la mobilisation des acteurs non étatiques.

C’est ainsi qu’une feuille de route pour le financement de l’accord de Paris a été discutée et validée, dans le cadre de la COP de Marrakech. En outre, la présidence marocaine a eu pour mandat de mettre en place, d’ici à 2018, une feuille de route complémentaire. Celle-ci repose sur la mobilisation de moyens financiers pour la mise en œuvre des NDC dans le cadre des budgets des Etats, ainsi que la mobilisation de plus de moyens pour l’adaptation et d’instruments financiers pour le développement de l’investissement privé.

De même qu’un certain nombre d’engagements «significatifs» impliquant des acteurs non étatiques, dans les domaines de l’eau et de l’énergie, ont été validés à la COP de Marrakech. Il s’agit notamment de l’initiative Water for Africa, lancée sous l’impulsion du Maroc et soutenue par la Banque Africaine de Développement (BAD), qui vise à mobiliser les financements pour des projets structurels de sécurité hydrique ; le Partenariat Global de Marrakech pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, qui s’engage pour le développement du secteur des énergies vertes et pour accélérer la transition énergétique à l’échelle mondiale ; le Climate Vulnerable Forum qui regroupe plus de quarante nations vulnérables et qui s’est engagé à réaliser l’objectif de 100% d’énergie renouvelable entre 2030 et 2050 ; l’initiative Triple A sur l’adaptation de l’agriculture en Afrique, lancée par le Maroc et soutenue par plus de 25 pays d’Afrique, mais également par des pays européens tels que la France et l’Espagne, et qui a fait de la problématique de l’eau l’un de ses axes principaux; ainsi que la mise en place d’un fonds de 35 millions de dollars pour l’efficacité énergétique en faveur des PME africaines.

Le Maroc a adopté une stratégie de rupture dans le domaine énergétique

Dans le cadre de sa contribution nationale, le Maroc mettra l’accent sur le réapprovisionnement des nappes phréatiques, l’augmentation des capacités de stockage de l’eau par le biais des barrages, le traitement et le recyclage des eaux usées, le transfert de 800 millions de m3 d’eau par an du Nord au Sud, ainsi que la désalinisation de l’eau de mer pour atteindre une capacité de 500 millions de m3. Ces engagements sont autant de projets qui nécessitent un cadre institutionnel et financier approprié, ainsi que des moyens humains pour les réaliser.

Le vice-président du CES d’Espagne, José Maria Lacasa, s’est, quant à lui, félicité du partenariat entre les conseils économiques et sociaux marocain et espagnol et de leur «coopération étroite» pour tout ce qui touche aux questions de l’eau et de l’énergie. Il a également appelé à la «mobilisation de tous les acteurs pour faire face aux conséquences du changement climatique, dans le cadre d’une démarche globale, concertée et responsable».

Pour sa part, Mustapha Bakkoury, président du Directoire de MASEN, a estimé qu’«on ne peut plus traiter la problématique de l’énergie indépendamment de celle de l’eau». Et de déplorer que «l’une des conséquences immédiates du changement climatique est un dérèglement au niveau des ressources en eau». Le président de MASEN a également expliqué que «la dynamique de croissance nouvelle caractérisée par une montée du PIB non agricole et une optimisation du PIB agricole, ainsi que l’évolution des habitudes de consommation, qui tendent vers les modes de consommation européens, notamment dans les grandes villes, ont généré une croissance de la demande d’énergie électrique de l’ordre de 7% par an. Ce qui requiert d’opérer, tous les dix ans, une révision de nos capacités de production». Selon lui, le Royaume a adopté une nouvelle stratégie en matière énergétique, qu’il qualifie de «rupture» avec la précédente, et qui consiste à prévoir les besoins, au lieu de «courir en permanence à satisfaire les besoins déjà manifestés» ; ce qui génère des pertes importantes d’investissement, du fait d’un manque de visibilité au niveau des ressources énergétiques.

Commentaires

0 Commentaire Soyez le premier à donner votre avis

Commentez cet article

Your data will be safe! Your e-mail address will not be published. Also other data will not be shared with third person. Required fields marked as *