Le centre commercial du Twin Center en quête de renouveau
10 janvier 2017
Wiam Markhouss (206 articles)
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Le centre commercial du Twin Center en quête de renouveau

Le centre commercial a connu sa période faste dans les années 2000. Aujourd’hui, beaucoup de locaux commerciaux sont vacants, les activités sont hétérogènes et les commerçants se plaignent de la baisse d’activité. Faute de gestionnaire du centre commercial, les copropriétaires se débrouillent comme ils peuvent.

Le centre commercial du Twin Center se vide de ses commerces. Le visiteur sera surpris de remarquer plusieurs magasins fermés parfois dans un même couloir, une trop forte hétérogénéité des enseignes, sans compter l’absence de signalétique et de parcours client. Face à la nouvelle offre de centres commerciaux tels qu’Anfa Place et le Morocco Mall, le choix du client est vite fait. Ces nouveaux malls ont déjà séduit une large frange de la clientèle des tours jumelles d’autant plus que les grandes marques ont choisi de s’y implanter. «Cela fait quelques années déjà qu’il n’y a pas eu d’implantation de vraie marque ni de franchise au centre commercial du Twin Center», remarque Selma Belkhayat, deputy managing director d’AMS, société qui accompagne les gestionnaires de centres commerciaux. Aujourd’hui, les propriétaires du centre commercial se plaignent d’une baisse d’activité. «Seuls les clients habituels continuent à venir dans nos magasins. C’est dommage pour un centre situé au cœur de la capitale économique, qui plus est dans un quartier très fréquenté», déclare un propriétaire de magasin.

Absence d’animation

En réalité, le centre commercial du Twin Center a été conçu sur un modèle de vente de locaux commerciaux à des propriétaires. Il est différent du modèle d’Anfa Place et du Morocco Mall basé sur la location de surface commerciale et la présence d’un gestionnaire proactif. «Au centre commercial du Twin Center, le promoteur n’a pas de contrôle sur l’homogénéité des enseignes, ni sur la stratégie du centre commercial. Il ne peut rien imposer aux propriétaires», renchérit Selma Belkhayat. Les copropriétaires gèrent ainsi leur bien comme ils le souhaitent. Entre exploiter, fermer ou louer le local commercial, ils sont libres de faire ce qu’ils veulent. Certains locaux commerciaux fermés, situés pour la majorité à l’étage, sont invendus et demeurent la propriété du promoteur. Tout cela fait que le centre commercial perd de son attractivité. L’absence d’animation ou sa rareté pénalise aussi l’activité.A défaut d’une société gestionnaire de centre commercial, un syndic de copropriété se charge du bon fonctionnement des parties indivises. Cependant, des commerçants se plaignent depuis quelques années des prestations. Il y en a qui avouent même ne plus payer leur cotisation mensuelle estimée entre 2 000 et 3 000 DH/magasin depuis plusieurs mois, voire des années. Le syndic est géré par la société Prestalys, récemment rachetée par un groupe français pour mieux gérer et développer les ensembles immobiliers. «Nous avons été mandatés depuis 2016 par les représentants des copropriétaires pour gérer la sécurité, le nettoyage et la maintenance multi-technique. On essaie de redynamiser le centre commercial à travers notamment des réunions avec les copropriétaires. Mais le syndic n’a aucune prérogative dans la stratégie du centre commercial», déclare Youssef El Kadiri, gérant associé du centre commercial du Twin Center. L’absence de société gestionnaire et le modèle de commercialisation basé sur la vente de locaux sont un réel handicap à l’existence d’une offre cohérente et la relance de l’activité. «La stratégie appartient à tous les copropriétaires estimés à une centaine, qui doivent se mettre d’accord sur le type d’enseignes à accueillir ou non…», ajoute Youssef El Kadiri. Un des copropriétaires affirme qu’il a tenté de constituer une association des copropriétaires, mais n’a pas réussi à faire adhérer tout le monde. «Cela a buté sur les papiers administratifs nécessaires pour la création de l’association. J’ai finalement délaissé l’idée», déclare Hassan Guissi, propriétaire d’un magasin de prêt-à-porter traditionnel.

Le centre commercial a besoin d’une réorganisation

Les clés du succès d’un centre commercial font donc défaut. «Pour qu’un centre commercial connaisse la réussite, il faut que l’ensemble soit homogène et la proposition soit pertinente par rapport à la zone de chalandise. En outre, il faut s’adresser à un type de clientèle dans le cadre d’un parcours client cohérent», déclare Mme Belkhayat. En d’autres termes, le visiteur doit passer lors de sa tournée par le maximum de marques qui l’interpellent. Selon les spécialistes du secteur, même l’architecture du centre commercial doit être revue. Et pour cause, la visibilité des magasins est primordiale. «On doit voir les magasins à travers les atriums. Ce qui n’est pas le cas du Twin Center. Les franchises, elles-mêmes, ont aujourd’hui des normes et des standards en termes de hauteur de plafond, d’éclairage, de largeur de la vitrine et de superficie de magasin qu’elles doivent trouver dans un mall. La présence de marques demeure capitale pour le succès d’un centre commercial», déclare Mme Belkhayat.

Pour que ces changements soient réalisables, la professionnelle préconise l’arrivée d’une société gestionnaire. Pour ce faire, un acquéreur, de type fonds d’investissement, doit racheter l’ensemble des unités et entreprendre une réelle refonte du centre commercial. «Il devra d’abord procéder par un changement architectural au niveau des magasins pour accueillir de nouvelles enseignes et remplacer certaines activités non adaptées. Ensuite, le centre commercial doit être facile d’accès par le parking qui pour le moment est accaparé par les salariés des entreprises. En résumé, un bon gestionnaire doit maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur et avoir une compréhension des besoins du client visiteur et du client enseigne en termes d’offre et de prix», développe Mme Belkhayat. A l’ouverture du centre commercial des tours jumelles, le secteur du retail n’était pas encore développé. Aujourd’hui, le centre commercial se doit d’entreprendre une réelle métamorphose pour jouir de ses avantages éclatants et ne pas se laisser mourir à cause d’une gestion défectueuse et de l’absence de consensus. La concurrence se fait dure.

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