L’Amo améliore la base de remboursement des médicaments
4 avril 2008
Aziza belouas (1447 articles)
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L’Amo améliore la base de remboursement des médicaments

Tout médicament sans générique sera remboursé sur la base de son prix public.
Le générique le plus cher pris comme base en cas de choix multiple.

Pour développer le taux de pénétration des génériques, aujourd’hui situé autour de 25%, sur le marché du médicament, mais également pour atténuer le déséquilibre entre ses prestations et la réalité du marché, l’Agence nationale de l’assurance maladie (Anam) a modifié la base de remboursement. Ce dernier se fera selon trois schémas distincts : primo, tout médicament générique prescrit sera remboursé sur la base de son prix public marocain (PPM). Deuzio, c’est le prix public marocain qui sera également retenu comme base de remboursement pour tout médicament princeps non génériqué. Enfin, dans le cas d’un médicament princeps ayant un ou plusieurs génériques, le princeps sera remboursé sur la base du PPM du générique le plus proche de la molécule mère.

Il s’agit là  d’un véritable revirement par rapport à  la logique initiale qui a prévalu au moment de la mise en place de l’Assurance maladie obligatoire. S’inscrivant dans une logique de maà®trise et de régulation des dépenses liées aux médicaments dans le cadre de la nouvelle couverture médicale, la loi 65-00 réglementant l’Amo dispose que tout remboursement de médicaments, y compris les princeps, se fait sur la base du prix du générique coûtant le moins cher. Si cette disposition permet de maà®triser les dépenses de l’Amo, elle alourdit en revanche la quote-part à  payer par l’assuré. En effet, en raison de l’importance du différentiel entre le PPM du princeps et le prix du générique le moins cher, on assiste à  une aggravation du ticket modérateur pris en charge par les patients. Ce qui faisait dire à  certains observateurs que «l’Amo, ainsi conçu, n’aura pas atteint les objectifs initialement fixés, notamment celui de faciliter l’accès aux soins et aux médicaments». Selon les statistiques communiquées par l’Agence nationale de l’assurance maladie, les dépenses en médicaments dans le régime de l’Amo représentent globalement 46% des dépenses de soins. Ce qui a, ajoute-t-on à  l’Anam, une forte répercussion sur l’équilibre budgétaire des organismes gestionnaires, notamment la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS, pour les salariés du secteur privé) et la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (Cnops, pour les fonctionnaires du secteur public).

Les industriels favorables au nouveau mode de calcul
D’ailleurs, c’est sur la base de données fournies par ces deux organismes, attestant de l’importance du ticket modérateur, que la modification de la base de calcul a été initiée.

Du côté des industriels, on se dit favorable au nouveau mode de remboursement car cela permettra d’améliorer les ventes de génériques si, bien sûr, font-ils remarquer, les prescripteurs jouent le jeu. Pour les pharmaciens, «les remboursements sur la base du PPM du générique le plus proche du princeps permettront de relancer la vente de certains produits génériques et donc se traduiront positivement sur les ventes des officines».

Par ailleurs, l’extension de la liste des médicaments remboursables dans le cadre de l’Assurance maladie obligatoire est également perçue comme une opportunité d’amélioration du chiffre d’affaires des pharmacies. En effet, l’Anam vient de rendre publique la troisième liste additive des médicaments admis au remboursement dans le cadre du nouveau régime de couverture médicale. L’extension de la liste porte ainsi le nombre des médicaments remboursables de 1 917 à  2 497 produits. Les classes thérapeutiques nouvellement introduites concernent le traitement des affections de longue durée ( ALD), en particulier la cardiologie-angéà¯ologie, la neuropsychiatrie, l’oncologie, la diabétologie et la pneumologie. Des anti-inflammatoires stéroà¯diens et non stéroà¯diens ainsi que des antiobiotiques font également partie de cette troisième liste. Rappelons que la deuxième liste de médicaments avait permis l’introduction de produits anti-cancéreux. La modification de la liste se fait, comme l’avait annoncé l’Anam au moment de l’entrée en vigueur de l’Amo, en fonction des négociations qui se poursuivent régulièrement avec les prestataires de soins. Et ceci afin de garantir un large accès aux soins et aux médicaments aux Marocains et en particulier aux assurés de l’Amo.

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