La Banque africaine de développement à fond dans le financement de projets structurants
17 juillet 2017
Alie Dior NDOUR (5 articles)
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La Banque africaine de développement à fond dans le financement de projets structurants

Aéroport de Marrakech et doublement de la voie ferrée Settat-Marrakech, deux exemples d’un partenariat réussi. La banque a été le seul bailleur pour ces deux projets. Coordination avec le client, suivi sur le terrain, mise à disposition des ressources à temps opportun : les recettes du succès.

Fini le temps où les bailleurs de fonds se contentaient d’avancer les ressources et d’attendre, sans se soucier de l’état d’avancement du projet, que le client respecte ses échéances. Surtout quand il s’agit d’une institution financière internationale. Et quand les deux parties s’entendent réellement sur la manière de travailler, les résultats sont édifiants. C’est justement pour illustrer la réussite d’un tel partenariat que la Banque africaine de développement a initié, le 7 juillet 2017, une visite de quelques projets structurants, achevés ou en cours de  concrétisation, à Marrakech et ses environs. Plus précisément, l’aéroport de la ville ocre et quelques tronçons du doublement de la voie ferrée jusqu’à Settat. A la BAD, on n’est pas peu fier des résultats. «Quand un pays a une vision et est décidé à atteindre des objectifs précis, le reste se fait facilement. Pour les projets que j’ai supervisés, je n’ai pas eu beaucoup de crainte parce que le partenaire sait ce qu’il veut», raconte Pierre Ndong, ingénieur principal des transports à la BAD.

Des retombées socio-économiques probantes

En effectuant une visite guidée de l’aéroport de Marrakech pendant plus de trois tours d’horloge, on ne peut que reconnaître que les fonds ont été utilisés à bon escient. «Quand je suis venu pour la première fois sur le site du nouveau terminal, j’ai vraiment mesuré la tâche qui nous attendait. Six mois plus tard, j’étais rassuré parce que je commençais à m’apercevoir que tout est bien lancé», poursuit M. Ndong qui précise que les réunions d’évaluation étaient menées régulièrement, les problèmes résolus prestement et les déblocages effectués à temps pour que le chantier soit livré dans les délais. Aujourd’hui, cet aéroport aux standards internationaux, tant en termes de sécurité que de confort, est un vrai bijou, sans doute le plus beau et le plus respectueux de l’environnement du pays. De 3 millions de passagers par an, sa capacité a été portée à  9 millions. A fin 2016, il avait accueilli 3,9 millions de passagers. Avec une croissance espérée de 5% par an, l’Office national des aéroports peut voir venir en toute tranquillité.

L’intérêt d’un tel projet réside surtout dans ses retombées socioéconomiques. Pour une ville comme Marrakech, première destination touristique du pays, «cet aéroport desservi par 23 compagnies, régulières et irrégulières, en plus des avions d’affaires», selon sa directrice déléguée Nawal Mounir, joue un rôle prépondérant. C’est aussi une ruche où s’activent environ 3 300 personnes (personnel de l’aéroport, services de sécurité et douane, prestataires externes…) sur lesquelles veille la directrice, qui se considère comme un «chef d’orchestre» devant s’atteler à ce que le service soit irréprochable. Normal, parce que le touriste y commence et y finit son séjour, et tout anicroche peut influer sur le taux de retour. Une dizaine de minutes pour franchir les postes de contrôle, une vingtaine tout au plus quand les flux sont plus importants : ce sont des indicateurs qui illustrent la fluidité du parcours des passagers. Un argument de taille surtout dans cette période où les services de sécurité, même aidé par des équipements de surveillance dernier cri (détecteur d’explosif, contrôle d’accès biométrique, vidéosurveillance, rayon X…) doivent avoir un œil un peu partout.

La banque mobilisera 1,3 milliard d’euros pour divers projets sur la période 2017-2019

La visite s’est poursuivie à la gare, un joyau architectural dimensionné pour accueillir 3 millions de passagers, et sur différents sites qui longent la voie jusqu’à Benguerir. Là aussi, le directeur infrastructure et circulation à la direction Sud de l’Office national des chemins de fer (ONCF), Rachid Fakihani, et ses collaborateurs n’ont pas ménagé leurs efforts pour mettre en évidence les réalisations. Le chantier le plus lourd dans cette région, le doublement de la voie entre Settat et Marrakech, n’est pas encore achevé. L’objectif est de ramener à 2h15, d’ici la fin de l’année, la durée du parcours Casablanca-Marrakech, soit 1h 30 de moins qu’actuellement. En plus du doublement, le projet comprend ainsi la construction de plusieurs ponts pour supprimer tous les passages à niveau et l’aménagement de plusieurs gares techniques et de nouvelle génération. Pour ne pas perturber le trafic, les tronçons sont mis en service au fur et à mesure et le basculement se fait généralement la nuit. Si tout va bien, l’intégralité de ce chantier sera achevée en décembre 2019.

Comme pour l’aéroport, les mêmes recettes sont appliquées : bonne coordination entre bailleur et client, suivi sur le terrain, reporting détaillé, mise à disposition des ressources à temps opportun. Dans une interview accordée à La Vie éco (voir lavieeco.com), Yacine Fal, DGA de la BAD pour l’Afrique du Nord, explique ainsi la démarche de l’institution : «Nous modernisons actuellement plusieurs processus pour accélérer l’approbation des prêts et les décaissements. Avec ces changements, nous ambitionnons de meilleures performances opérationnelles avec un plus grand impact pour les populations que nous servons. Dans cette perspective, nous rationalisons encore plus nos processus de gestion en poursuivant un double objectif : un cycle de projet plus court et des procédures de passation de marchés plus optimisées. Cela permettra de renforcer notre réactivité et notre orientation-client ainsi que la réduction des délais de déploiement de nos opérations».

Pour l’aéroport, la BAD, seul bailleur de fonds, a apporté 663 MDH HT sur les 1,22 milliard de DH qui devait être investis. Le reste est couvert par les fonds propres de l’office. Sur les 403,11 millions de dollars (3,87 milliards de DH) consacrés au renforcement de l’infrastructure ferroviaire, l’institution, également partenaire financier unique, a contribué à concurrence de 112,3 millions de dollars (1,08 milliard de DH). Depuis 1967, elle a mobilisé 1,7 milliard d’euros pour la modernisation des infrastructures de transport dans le pays. Et ce n’est pas fini. Dans le cadre de sa nouvelle stratégie d’intervention au Maroc 2017-2021, elle compte mobiliser 1,3 milliard d’euros sur la période 2017-2019 pour financer des projets de développement durable, la création d’emplois, en particulier pour les jeunes et les femmes, et l’amélioration de la qualité de la vie dans le monde rural. Encore de gros chantiers en perspective.

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