Halal : Un gros potentiel à exploiter
24 avril 2018
Wiam Markhouss (312 articles)
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Halal : Un gros potentiel à exploiter

Le label Halal certifié par l’Imanor a été instauré en 2014. Depuis, 110 entreprises marocaines sont certifiées dont une centaine dans l’agroalimentaire, 10 dans les cosmétiques et une coopérative. Le Maroc peut prendre sa part du marché mondial estimé à 1200 milliards de dollars.

Le Halal représente en 2017 un marché de 1,7 milliard de consommateurs et 2000 milliards de dollars de chiffre d’affaires par an. Son taux de croissance est estimé à 4%. Aujourd’hui, les plus grands acteurs de l’alimentaire et des boissons Halal (un marché de 1200 milliards de dollars) sont implantés en Europe, aux Etats-Unis, au Canada et au Brésil. 75% des besoins du Halal sont satisfaits par des pays non musulmans.
Le Maroc est encore un petit acteur de ce marché. Son label Halal marocain (norme marocaine relative aux règles islamiques sur les aliments et produits cosmétiques Halal) n’a été instauré qu’en 2014. Ce label est reconnu et homologué par l’autorité malaisienne chargée des affaires islamiques (Jakim) lui donnant accès aux marchés des pays de l’ASEAN.

Objectif: prendre 3% du marché Halal mondial

Il sera bientôt reconnue par l’Arabie Saoudite et les pays du Golfe (en cours de formalisation). «En somme, 110 entreprises marocaines sont certifiées Halal dont une centaine dans l’agro-alimentaire et 10 dans les cosmétiques sans compter une coopérative certifiée et 10 en cours. Nous avons simplifié le référentiel de la certification des coopératives car leurs produits sont utilisés comme intrants par des producteurs internationaux qui exportent le produit final Halal», déclare Abderrahim Taibi, directeur de l’Institut marocain de certification (Imanor).
Pour dynamiser l’export Halal, l’ASMEX (Association marocaine des exportateurs) qui regroupe 350 entreprises membres (dont 30% dans l’agroalimentaire), a créé le club Halal export en 2015. «Nous avons toutes les chances de nous imposer dans le marché du Halal. Si nous arrivons à capter seulement 3% de la demande mondiale du Halal, cela représenterait 60 milliards de dollars d’exportations pour le Maroc», déclare Hassan Sentissi El Idrissi, président de l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX). Pour le moment, seulement 110 entreprises exportatrices sont certifiées Halal. L’offre exportable est donc limitée. Pour sa part, M. Taibi déclare certifier Halal en moyenne 30 entreprises chaque année. Un résultat jugé encore faible.
L’autre problème réside dans la sensibilisation du consommateur qui n’exige pas le label Halal sur les produits marocains. «Au Maroc, les consommateurs n’ont pas le réflexe d’exiger la certification Halal. D’où la nécessité d’éduquer le consommateur», s’indigne M. Sentissi. Seules quelques entreprises communiquent sur la certification Halal à l’instar de Koutoubia et McDonald’s certifiées Halal par l’Imanor (Institut marocain de normalisation) qui se réfère, dans sa procédure, au Conseil supérieur des oulémas.
En réalité, tous les produits marocains ou étrangers commercialisés dans le pays comme Halal ne le sont pas à 100%. «80% des composants d’un produit sont généralement Halal. Le doute subsiste dans les additifs et les conservateurs. 10% ont une origine douteuse et nécessitent une analyse dans les laboratoires agréés par l’Imanor. Nous avons déjà trouvé des sauces ayant des traces de porc. Lors de la certification, nous nous basons sur un catalogue d’additifs dont les appellations sont parfois codées, que les industriels eux-mêmes ne peuvent pas reconnaître. Ce qui nous permet de détecter les ingrédients interdits», explique M. Taibi. La demande de certification n’émane pas des entreprises de manière autonome. Outre les besoins pour l’export, ce n’est qu’à l’apparition d’une polémique sur l’origine douteuse d’un de ses produits qu’elle opte pour la certification afin de rassurer le consommateur. «C’est le cas de Centrale Danone dont nous avons certifié Halal toutes les gammes de produits et de Mcdonald’s dont tous les ingrédients ont obtenu le label Halal Taib qui s’enquiert également des normes sanitaires, de la sécurité de la chaîne alimentaire et de la non-toxicité du produit», déclare le directeur de l’Imanor.

15 000 DH pour certifier une entreprise

Cette certification Halal a un coût: 15 000 DH sans compter le remplacement, dans la chaîne de production, des ingrédients interdits par la loi islamique par des produits autorisés. Toutes les entreprises ne sont pas prêtes à entreprendre une telle démarche. C’est la raison pour laquelle l’ASMEX réclame la gratuité pour cette opération. Cela encouragera les entreprises marocaines, qu’elles soient exportatrices ou pas, à jouir de ce label, mais aussi de diversifier l’offre exportable. Aujourd’hui, on peut labelliser Halal des conserves, du couscous, des olives, des huiles, des produits cosmétiques, des produits de la mer, des algues… D’ailleurs, l’ASMEX a conduit une délégation d’une vingtaine d’entreprises marocaines à l’Expo Halal Alimentaria, à Barcelone du 16 au 19 avril 2018. Plusieurs secteurs sont représentés dont notamment l’industrie agroalimentaire, la cosmétique et la finance participative. Pour promouvoir l’offre exportable marocaine Halal, un pavillon est dédié à la promotion des produits et services Halal.

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