Bilans 2016 des entreprises : l’activité en légère hausse, les marges toujours en baisse !
1 décembre 2017
Naoufel Darif (836 articles)
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Bilans 2016 des entreprises : l’activité en légère hausse, les marges toujours en baisse !

180 000 bilans ont été déposés auprès des tribunaux au titre de l’exercice 2016. La grande entreprise et la PME maintiennent leur chiffre d’affaires en hausse, alors que les TPE souffrent. Les besoins en fonds de roulement sont en hausse.

Au titre de l’année 2016, 180 000 bilans ont été déposés auprès des tribunaux de commerce, selon les chiffres consolidés auprès du registre central tenu par l’Ompic et recueillis en exclusivité par La Vie éco. Ce nombre est en hausse de 14% par rapport à 2015 où 157000 bilans avaient été déposés. En 2014, ce chiffre était de 146 000 contre 134000 en 2013. Toutefois, le différentiel des entreprises, personnes physiques et morales, qui déposent leurs liasses fiscales auprès de la DGI et celles faisant cette formalité auprès du greffe des tribunaux de commerce s’est maintenu en moyenne à 100000 bilans. Bon an mal an, 40% de la population fiscale manquent à l’appel. Pourtant, en vertu de la loi sur la SNC, la SCS, la SCA, la SARL et la société en participation du 13 février 1997, les dirigeants qui ne procèdent pas dans les délais légaux (au plus tard le 31 juillet) au dépôt des bilans au greffe ou aux formalités de publicité sont punis d’une amende de 10 000 à 50 000 DH. De plus, la loi sur la SA du 21 janvier 2016 dispose dans son article 420 (alinéa 1) que le non-dépôt des états financiers au tribunal de commerce avant le 30 août (le 31 juillet dans l’ancienne loi) est sanctionné par une amende de 10 000 à 50 000 DH.

Cette velléité à retenir l’information financière est expliquée selon les experts par la volonté des administrateurs et gérants à garder secret le détail de leur situation financière surtout quand elle fait apparaître des difficultés économiques de nature à montrer des soupçons de défaillance aux fournisseurs, clients, banquiers, investisseurs éventuels, administrations publiques… qui ne voudront plus travailler avec leurs entités ou exigeront des garanties et des conditions draconiennes. D’autres ne veulent pas s’exposer au regard des concurrents en affichant des indicateurs de politique commerciale tels que le chiffre d’affaires, les charges, les marges, l’étendue de la présence à l’export…

Des entreprises moins capitalisées

  Sur les bilans 2016 déposés, qu’est-ce qui se dégage à la première lecture ? D’après le travail de centralisation préliminaire réalisé par Inforsik à la demande de La Vie éco, le poste du chiffre d’affaires des 180 000 entreprises ayant déposé leurs états financiers affiche une hausse de 5,2% par rapport au courant brassé en 2015. En attendant une analyse plus fine du spécialiste du renseignement commercial, la grande entreprise et la grande PME structurée sont à l’origine de cette hausse, étant donné que les TPE ont vu leurs chiffres d’affaires régresser à deux chiffres sur les quatre dernières années.

Cependant, cette évolution de l’activité des opérateurs n’a pas eu un impact positif sur la rentabilité. Les bilans 2016 font apparaître un taux de marge nette de 3,3%, en baisse de 50 points de base par rapport à son niveau de 2015 (3,8%).

S’agissant des agrégats de structure financière, les données consolidées d’Inforisk relatent des capitaux propres en baisse de 7,1% par rapport à leur niveau de 2015. La baisse de la capitalisation est à lier, d’une part, au repli de la rentabilité, et, d’autre part, au cumul des reports déficitaires (sachant que 65% déclarent structurellement des résultats déficitaires).

Par ailleurs, les entreprises ont eu tendance à s’endetter de moins en moins en 2016. Les dettes financières consolidées se sont inscrites en baisse de 2%. Néanmoins, le ratio de l’endettement (Gearing ou dettes financières rapportées au capitaux propres) prend au passage 3,1 points, s’établissant à 57,8% contre 54,7 en 2015. Bien qu’il reste à des niveaux acceptables comme le veut les règles de l’orthodoxie financière (jusqu’à 2/3).

Enfin, la problématique du financement de l’exploitation, notamment dans un contexte d’allongement sans précédent des délais de paiement, est visible sur les états financiers 2016. Selon Inforisk, le besoin en fonds de roulement consolidé a augmenté à un rythme légèrement supérieur à celui de l’activité. Il se monte à 34% du chiffre d’affaires. Pour affiner l’analyse, il faudra regarder dans le détail les différentes composantes notamment les délais clients, fournisseurs et stocks. Cela dit, vu la conjoncture, les experts s’attendent à une hausse des délais clients.

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