Au cœur du système Coca-Cola
3 août 2017
Mehdi Jaouhari (87 articles)
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Au cœur du système Coca-Cola

Les boissons de Coca-Cola sont produites dans les unités industrielles de trois embouteilleurs qui forment le système Coca-Cola au Maroc. L’unité de SBGS qui fournit 20 000 points de vente couvre 56% du territoire national et 13% de la population nationale. Des normes de qualité strictes sont fixées, même pour les fournisseurs.

A l’usine de la Société des boissons gazeuses du Souss (SBGS) érigée sur 50 000 m2 dans la zone industrielle de Tassila à Agadir, des centaines d’employés font fonctionner, selon les standards de la firme d’Atlanta, une chaîne d’embouteillage à la pointe de la technologie. Avec la force de vente, l’ambassadeur de Coca-Cola Company dans le sud, un des premiers employeurs privés du Souss-Massa, compte 700 collaborateurs.

Fondée en 1971 par le groupe familial Belhassan (GBH), également présent dans l’immobilier et l’agro-alimentaire avec les marques d’huiles végétales Lousra et Oued Souss ou dans la conserve de poisson via la société Cibel, la SBGS est passée d’une seule ligne de production pour le verre à sa création à cinq d’une capacité globale de 60 000 l/h. Trois lignes sont réservées aux sodas et deux à l’eau de table «Ciel». «Notre relation avec Coca-Coca dure depuis un peu plus de 45 ans. Notre contrat de production sous licence est d’une durée de 5 ans renouvelable. C’est pour nous une fierté et un challenge permanent de faire partie de la famille Coca-Cola», déclare Said Chaaib, DGA de la société.

De l’Irlande à l’épicier du coin

Avant d’accéder à l’enceinte de l’usine, nous enfilons un blouson, un filet de cheveux et des chaussures de sécurité. Au premier pôle de la chaîne équipé de plusieurs cuves de différentes tailles et formes, ce que les techniciens appellent le «sirop simple» est produit à partir de l’eau potable épurée et de sucre en poudre qui sont mélangés à chaud dans une cuve pour aider à la dissolution de ce dernier et à la pasteurisation du mélange. «Après filtration et refroidissement de ce premier sirop, nous y ajoutons le concentré de Coca-Cola pour avoir ce qu’on appelle le sirop de Coca-Cola», explique Lahcen El Ghachi, responsable technique à SBGS. Par concentré, l’ingénieur de la SBGS entend la célèbre recette dite «secrète». Et contrairement à ce que l’on pensait, cet intrant mystérieux n’est pas fabriqué à Atlanta où se trouve le siège de la firme. «Il est importé d’une usine d’Irlande. Le concentré est fabriqué dans plusieurs unités éparpillées dans le monde», confie notre guide.

Le sirop de Coca-Cola est ensuite injecté dans un bloc de machines regroupant un désaérateur, un groupe froid, un saturateur, une pompe doseuse, ainsi qu’une cuve relais. Ces procédés permettent de mélanger ce sirop avec de l’eau gazéifiée afin de produire la boisson finale qui sera acheminée vers la soutireuse pour le remplissage de différents formats de bouteilles de verre ou de plastique.

«A la fin de chaque étape, le sirop est analysé dans nos laboratoires. Nous en avons neuf au total», précise M. Chaaib. C’est dire que Coca-Coca Company et son partenaire ne badinent pas avec la qualité et la sécurité tout au long de la chaîne. A l’évidence, c’est le cas également de ses fournisseurs. «Pour fournir une des usines d’embouteillage du système Coca-Cola, il faut répondre à plusieurs standards sociaux et environnementaux exigés par la maison mère», précise le DGA. Et de poursuivre qu’«à travers ce système, nous avons convaincu beaucoup de TPE et PME de notre région à formaliser leurs activités pour pouvoir travailler avec nous».

«Près des trois quarts de nos matières premières sont produites au Maroc par des opérateurs marocains. Mis à part le concentré, les préformes des bouteilles de plastique sont importés auprès de deux partenaires, à savoir un sud-africain et un égyptien. Quelques modèles de bouchons sont importés d’Espagne», explique le responsable technique.

A la question de savoir comment la société mère contrôle ses embouteilleurs, le DGA précise qu’il existe un audit global et régulier dont la date est fixée à l’avance et un autre qui est inopiné. En outre, il y a des contrôles des contenants des produits au niveau des points de vente. «Pour certains types de manquements et de problématiques observés, la société mère peut aller jusqu’à rompre son contrat», fait savoir Said Chaaib.

20 000 points de vente dans la région de Souss-Massa et le Sahara

Une fois sorties de l’usine, les caisses et les palettes des sodas et des eaux (Ciel et Aquarius) sont distribuées par une flotte de 159 camions auprès des 20 000 points de vente de la région de Souss-Massa et le Sahara. A propos du modèle de distribution, c’est la vente directe qui domine : les GMS commercialisent 1% de la production et les épiceries 99%. «91% de nos commandes remontent via la prévente. Nos commerciaux partent chaque jour collecter les commandes à l’avance. Ça permet entre autres de fidéliser nos clients et de maintenir la relation humaine avec eux», détaille le DGA de SBGS. Les 9% qui restent correspondent aux épiceries des douars enclavés qui sont, eux, approvisionnés sans le système de prévente.

Et si c’est la maison mère qui se charge de la communication et du marketing (spots télé, campagnes web ou sponsoring), l’embouteilleur doit, quant à lui, se charger de la promotion du produit au niveau des points de vente. Il doit également former et coacher ses clients. Pour ce faire, l’usine est dotée d’un espace de mise en situation où l’on trouve plusieurs catégories d’épiceries.

Quid du mode de consommation des sodas dans le Sud? D’après Said Chaaib qui co-dirige la SBGS depuis 20 ans, «c’est surtout les grands formats (2l et 1l) qui sont les plus prisés du fait que, dans notre région, on consomme plus les sodas à la maison que dans les snacks comme à Casablanca», explique-t-il. Dans le Sud, la part de marché de la SBGS dans les sodas avoisine les 95% et 14% sur le marché de l’eau de table.

400 MDH d’investissements sur 10 ans

Modernisation continue de l’outil de production, investissement dans les certifications de qualité ou dans la logistique… Pour se mettre au diapason des standards de la multinationale américaine et parfois se démarquer des autres embouteilleurs, la SGBS a investi pas moins de 400 MDH sur les 10 dernières années. Elle a ainsi mis le paquet en 2015 pour l’acquisition d’une nouvelle ligne PET (plastique) de 5 litres d’une capacité de 4 000 b/h ainsi qu’une nouvelle siroperie de 15 000 l/h. «Nous avons également implémenté la technologie de l’osmose inverse pour économiser l’eau à hauteur de 16% sur les trois dernières années», souligne Lahcen El Ghachi.
Autre exemple d’investissements, la SGBS est certifiée ISO 22000 (sécurité des denrées alimentaires), ISO 9001 v 2000, ISO 14001 (environnement) et OHSAS 18001 (management de la santé et de la sécurité au travail). «En somme, le partenariat Coca-GBH est gagnant-gagnant au vrai sens du mot, puisque nous profitons de la notoriété mondiale de Coca et nous mettons à son profit la notoriété et la crédibilité de notre groupe», conclut le DGA.

The Coca-Cola Company est la plus grande entreprise mondiale de boissons, avec un portefeuille dépassant 500 marques de boissons gazeuses et plates et près de 3 900 choix de boissons. Avec Coca-Cola comme fer de lance, le portefeuille de ce mastodonte comprend 21 marques qui dégagent un chiffre d’affaires atteignant le milliard de dollars, dont 19 sont disponibles à teneur réduite en sucre ou sans sucre. En plus des boissons gazeuses, de l’eau, des jus et des boissons lactées, la multinationale est également présente dans les segments des thés et des cafés prêts à consommer. Avec ses embouteilleurs partenaires, elle est parmi les 10 premiers employeurs privés dans le monde, avec plus de 700 000 collaborateurs dans son système. Au Maroc, la firme et ses trois embouteilleurs SBGS (Sud), NABC (Centre) et ABC (Nord) emploient plus de 5 000 personnes, génèrent 15 000 emplois indirects et comptent plus de 140 000 clients à travers le Royaume. A travers ses marques emblématiques internationales, mais aussi ses marques locales telles que Hawaii, Tops et Pom’s, The Coca-Cola Company au Maroc est le leader national incontesté des boissons gazeuses. La société est également présente sur le segment de l’eau avec Ciel et Bonaqua, des jus avec Rani ou encore de l’eau améliorée avec Aquarius.

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