Ahmed Ghazali, le nouveau sage du microcrédit
12 juillet 2018
Imane Azmi (11 articles)
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Ahmed Ghazali, le nouveau sage du microcrédit

L’ancien patron de la HACA revient sur le devant de la scène en toute discrétion. Ahmed Ghazali est depuis novembre dernier à la tête de la Fédération nationale des associations de microcrédit. L’une de ses missions est de contribuer à parfaire le cadre légal du secteur.

On le retrouve là où l’on ne l’attendait pas vraiment ! Ahmed Ghazali, sage au sein du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), ancien patron de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) durant près d’une dizaine d’années, est depuis le mois de novembre dernier à la tête de la Fédération nationale des associations de microcrédit (FNAM).

Toutefois, s’en étonner, c’est méconnaître une étape importante du parcours de ce grand juriste. Aujourd’hui président de ce groupement professionnel affilié à la CGEM, il œuvre pour le développement de ce secteur socioéconomique. «Effectivement, les instances de microfinance ont décidé, il y a quelques mois, de me confier la présidence de cette fédération en remplacement de Tarik Sijilmassi, dans le but de continuer le travail d’organisation, d’opérationnalisation et de consolidation déjà accompli à la tête de cette organisation», confirme-t-il.

Cette décision n’est en rien anodine, puisque notre expert en droit affiche un attachement tout particulier à cette activité génératrice de revenus. Elle permet de dévoiler une facette de l’homme qui, depuis sa nomination au CSPJ, se confine dans un devoir de réserve. «Je n’ai jamais vécu pour être sous les feux de la rampe, pour ressentir une quelconque frustration de cette absence d’exposition médiatique. Ce sont mes feux intérieurs qui me donnent de la substance», confie-t-il.

Il fait partie du groupe d’experts qui ont préparé la loi sur le microcrédit

Puis, à travers ses expériences professionnelles, ce natif de Tafraout arrive à une conclusion très personnelle. «Paradoxalement dans ce genre d’exercice, moins on fait de bruit, plus on a de chance d’être entendu et peut-être compris. Mes sorties médiatiques étaient limitées, bien ordonnées et calibrées en fonction des objectifs fixés à telle ou telle communication institutionnelle, à telle ou telle présence dans les médias», explique-t-il.
Encore aujourd’hui, quand on le sonde sur son ressenti, après son départ brutal de la tête du régulateur en 2012, on se heurte à sa discrétion légendaire. «Le temps n’est pas encore venu, s’il arrive un jour, de livrer mes sentiments et appréciations à propos de cette expérience. Tout ce que je peux dire c’est que ce fut un honneur et un privilège d’avoir été un acteur motivé et déterminé dans la concrétisation de la libéralisation du champ audiovisuel, voulue par le Roi». De l’épisode HACA, on n’en saura pas plus !

En revanche, avec cette dernière nomination au sein du groupement professionnel des institutions de microcrédit, une facette de la carrière d’Ahmed Ghazali nous est révélée. «Dès 1995, j’ai eu l’opportunité de contribuer, en tant qu’expert juriste free-lance, à l’élaboration du projet de loi sur le microcrédit, qui fut officiellement et légalement introduit au Maroc en 1997», confie-t-il.

Un acteur engagé pour le développement

Cette contribution, cumulée à son expérience au sein du ministère de la justice et celui des droits de l’homme, fait qu’une année plus tard, en 1996, Ahmed Ghazali fera partie des trois spécialistes en droit sollicités pour siéger au sein du G14, un think-tank composé de quatorze personnes, triées sur le volet, mandatées par feu Hassan II pour réfléchir à des solutions économiques pour le Maroc.

L’homme continue sur sa lancée et à travers ses confidences, ses liens avec la microfinance s’établissent. A l’origine du montage institutionnel de la première association de microcrédit, Al Amana microcrédit, «j’en suis devenu membre fondateur, secrétaire général aux côtés de son premier président et actuel président d’honneur, Driss Jettou, avant d’en assurer la présidence du conseil d’administration», précise-t-il.
Alors pour ses nouvelles fonctions au sein de la FNAM, comme tout juriste qui se respecte, il conçoit son objectif comme étant prioritairement législatif. Pour Ahmed Ghazali, il s’agit d’œuvrer pour «parfaire le cadre légal de la microfinance afin que le projet de loi en cours d’élaboration puisse prendre en compte les conditions juridiques et financières permettant aux différentes sortes d’IMF (institutions de mircofinance) de se développer dans de meilleures conditions».

Autres points : faciliter l’accès au financement de leurs activités aux IMF, promouvoir la bonne gouvernance et la déontologie au sein des IMF et l’échange d’expériences à l’international.

Depuis sa prise de fonction au sein de la FNAM, Ahmed Ghazali raconte avoir déclenché «un processus d’élaboration concertée de la feuille de route de la présidence de la FNAM», dont les axes portent sur l’évolution institutionnelle du secteur, son plan de développement, le lobbying et la recherche développement. Tout un programme pour ce bénévole qui dit tirer «une immense satisfaction en tant qu’acteur engagé pour le changement et le développement de [mon] pays».

Ahmed Ghazali est né en 1948, à Tafraout. Depuis 2017, il est membre du CSPJ et président de la Fédération nationale des associations de microcrédit (FNAM). Ce professeur émérite de l’enseignement supérieur, à l’université Mohammed V, est fondateur depuis 2014 d’Assafou Consult, cabinet de conseil juridique. De 2003 à 2012, il a présidé la Haute autorité de la communication audiovisuelle. Ahmed Ghazali a été aussi secrétaire général du ministère de la justice (1999) chargé de l’administration de la justice, de la coopération internationale et de la modernisation de la justice (1998). Auparavant, il occupait le poste de directeur du cabinet du ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des droits de l’Homme (1993) et chargé de la mise en place des structures du ministère, de la coordination, de la coopération internationale. Il a réalisé plusieurs travaux sur le droit dans ses relations avec le développement.

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