260 MDH pour rendre les bà¢timents moins gourmands en énergie
19 juillet 2010
Anne-sophie Martin (653 articles)
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260 MDH pour rendre les bà¢timents moins gourmands en énergie

Des textes réglementaires qui seront rassemblés sous la forme d’un code sont en cours de préparation.
Forte implication des bailleurs de fonds étrangers et des acteurs nationaux.

Dans un pays comme le Maroc où le boom immobilier ne s’essouffle pas, un programme national d’efficacité énergétique dans le bâtiment, mené par la nouvelle Agence de développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (ADEREE), ne peut être que bienvenu. Il s’agit pour le secteur de la construction de participer à l’objectif national d’économie d’énergie fossile à hauteur de 12% d’ici 2020, sachant que le bâtiment représente 15 à 20% de la consommation énergétique nationale. Echelonné sur une période de quatre ans, le programme prévoit ainsi de s’attaquer à trois aspects de la consommation énergétique à savoir l’optimisation de la conception du bâtiment (architecture, isolation, vitrage, matériaux de construction, etc.), l’équipement du bâtiment (chauffage, éclairage, etc.) et la gestion du service énergétique via des contrôles réguliers dans les établissements. Pour ce faire, un ensemble de textes réglementaires est en cours de préparation et sera par la suite rassemblé sous la forme d’un Code d’efficacité énergétique dans le bâtiment. «Nous menons actuellement un travail de normalisation et de certification avec une équipe constituée pour le programme», explique Mohamed Berdai, coordinateur national du projet. Il espère ainsi qu’une première mouture de ce code sera rendue dès l’année prochaine. Il s’agit, pour cette équipe, d’étudier les filières éco-responsables à privilégier et de mettre au point des normes de qualité pour les différents matériaux et équipements entrant dans la conception d’un bâtiment, du bois au climatiseur, en passant par les ampoules basse consommation ou encore l’isolation. Le texte devra en outre intégrer des obligations de performances énergétiques claires. «Toutefois, le futur code se doit d’être réaliste et relativement contraignant, dans la limite du contexte et de l’offre existants au Maroc», précise M. Berdai. Afin de permettre aux professionnels du secteur de préparer leur stratégie d’application, il est donc prévu de rendre les décrets obligatoires après une certaine période d’adaptation.

L’Etat participe à hauteur de 50% du budget global

Adopté en février 2010 par le Conseil de gouvernement, le projet de loi sur l’efficacité énergétique tient compte de cette problématique et prévoit d’intégrer le code d’efficacité énergétique dans le bâtiment comme réglementation urbanistique de base. En attendant de voir les textes d’application publiés, l’ADEREE mène un travail de préparation, de sensibilisation et de communication auprès de tous les acteurs et du grand public. Une agence de communication vient ainsi d’être retenue. De même, les premiers ateliers de formation à destination des techniciens du bâtiment se tiendront dès le dernier trimestre 2010 et une formation continue, assurée, entre autres, par les écoles d’architecture et d’ingénieurs, sera organisée à partir de 2011. Pour l’heure, les différents partenaires parmi lesquels on compte Al Omrane, la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), l’Ordre national des architectes et les Agences urbaines, semblent entièrement disposés à répondre à l’appel. Soutenu par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM), la Commission européenne et le gouvernement italien, le programme bénéficie d’une enveloppe globale de 30 millions de dollars, soit 263 MDH toutes contributions confondues. Quant au gouvernement marocain, à travers les différents départements ministériels concernés tels que l’Habitat, la Santé, l’Education nationale et l’Environnement, il intervient à hauteur de 50% du budget, soit 14,3 millions de dollars investis ou 125 MDH.

Un appel à proposition sera lancé en octobre

En guise de démonstration et pour mobiliser les troupes, environ 5 000 constructions «éco-responsables» subventionnés par la Commission européenne seront mis en chantier à partir de 2011. Les deux tiers sont réservés à des bâtiments résidentiels et l’autre tiers au tertiaire (hôtels, hôpital, surface commerciale, etc.). A cet effet, un appel à proposition destiné aux promoteurs immobiliers porteurs de projets est en cours de préparation en partenariat avec la Commission européenne. Il sera lancé en octobre prochain. L’idée est de poursuivre la concertation avec l’ensemble des partenaires concernés, et notamment les promoteurs immobiliers, plutôt frileux à l’idée d’intégrer la préoccupation environnementale dans un business juteux.

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