Timitar, locomotive de la culture amazighe
14 juillet 2017
Fadwa Misk (286 articles)
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Timitar, locomotive de la culture amazighe

Du 5 au 8 juillet, Agadir a accueilli la 14e édition du Festival Timitar Signes et Culture. En plus du programme musical, le Timitar off a proposé plusieurs activités culturelles, sportives et récréatives.

Festival phare de la région du Souss, Timitar Signes et Culture est, faut-il le préciser, le rendez-vous culturel par excellence. Sa 14e édition ne fut que poursuite de l’engagement pris dès le début dans la promotion de la musique et de la culture amazighes, via la programmation d’artistes locaux aux côtés de stars du monde invitées, mais également à travers des actions concrètes de production, de formation et de débat public.

Le langage universel

On peut toujours compter sur Brahim El Mazned, directeur artistique du Festival Timitar, pour offrir un tour du monde en quatre jours aux festivaliers mélomanes. Cette année, les trois scènes du festival ont vu défiler des artistes du Ghana, de l’Angola, du Gabon, du Sénégal, du Cap Vert, d’Algérie, de la Côte d’Ivoire, d’Afrique du Sud, du Liban, de Cuba, d’Estonie et du Japon.

Le public a fortement interagi avec les stars marocaines, comme l’éclatante Asma Lemnouar, le flamboyant Abdelaziz Stati, l’éternel Hamid Bouchnaq, les vedettes locales tels les trublions de Ribab Fusion Ray, Hicham Massin, Rayssa Fatima Tabaamrant, ou Rayss Hassan Arsmouk qui n’ont pas manqué d’enflammer les scènes.

Côté artistes étrangers, les Libanais Mashrou’ Leila, le Cubain Ibrahim Ferrer ou les Algériens de Labess ne pouvaient pas se plaindre de l’inertie du public. Ce même public s’est laissé entraîner vers l’Estonie des Trad Attack et l’Afrique du Sud de la magique Nomfusi.

Très belle présence aussi que celle d’Ahmed Sultane qui a invité ses amis artistes africains sur scène pour interpréter leurs grands succès. On a vu défiler avec nostalgie les Aphrodiziac du Gabon, Wiyaala du Ghana et Bruna Tatiana d’Angola, qui ont chanté en chœur avec le grand fan club du brillant Gadiri.

Un engagement réel

Depuis ses débuts, Timitar s’est défendu d’être un rendez-vous de divertissement. Il s’est agi dès les premières éditions de dresser l’état des lieux culturel de la région afin d’entreprendre des actions concrètes. Depuis, les débats publics n’ont jamais cessé, avec parfois quelques tensions, mais toujours beaucoup de bonnes volontés.

Cette année, Timitar s’est dévoué pour satisfaire les besoins de service public relatif à l’activité du secteur audiovisuel. En effet, une formation a eu lieu le 6 juillet au Sofitel d’Agadir Bay autour des critères d’éligibilité aux cahiers des charges de la production audiovisuelle de la SNRT et les modalités d’accès au Fonds d’aide à la production cinématographique et audiovisuelle nationale du CCM. Le but en était de doter les producteurs de la région Souss-Massa des outils nécessaires pour accompagner leurs projets.

Un excellent panel a débattu, le 7 juillet au Sofitel Agadir Royal Bay, de la création artistique amazighe comme levier de développement social et économique dans la région de Souss-Massa et de la nécessité impérieuse de développer les structures d’accompagnement. Un besoin d’autant plus visible si l’on se permet une petite comparaison, à titre d’exemple, avec le développement de la ville d’Essaouira, pour s’aligner sur la dynamique engendrée par le Festival Gnaoua.

L’autre point fort de l’édition était la production du nouvel album de l’artiste poète Ali Chouhad, réputé pour ses textes satiriques. En marge du Timitar, le film Addour du réalisateur Ahmed Baidou a été projeté à la salle Brahim Radi. Son histoire retrace la lutte valeureuse de Zaid Ouhmad contre les colons français qui venaient d’envahir les territoires des tribus d’Aït Atta.

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