Miloudi Nouiga, à la poursuite d’un cheval de légende
23 janvier 2018
Fadwa Misk (365 articles)
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Miloudi Nouiga, à la poursuite d’un cheval de légende

La dernière exposition de l’artiste peintre Miloudi Nouiga prend place au Sofitel Tour Blanche à Casablanca. Dans ce nouveau travail, le cheval, en muse et modèle, occupe l’espace avec grâce.

L’espace d’exposition du Sofitel Tour Blanche de Casablanca ne pouvait espérer meilleur invité en ce début d’année 2018. L’artiste peintre Miloudi Nouiga lui consacre sa plus récente exposition, dont le motif principal est le cheval. Intitulée «Le barbe, cheval de légende», ladite exposition concentre les talents de dessinateur, de graphiste et de peintre-photographe de Miloudi Nouiga. Il y reconceptualise le sujet, en puisant dans son bagage artistique et sa grande connaissance des matériaux, afin de recréer une harmonie parfaite, dans laquelle s’illustrent le cheval et son cavalier. Les toiles oscillent entre l’abstrait et le figuratif, brouillant les pistes d’une possible orientation temporo-spatiale.

Le mouvement en teintes

Le brou de noix est un pigment naturel extrait de l’écorce de la noix. Son encre est brune et délébile. Quand Miloudi Nouiga l’associe à la peinture acrylique blanche, c’est pour donner une profondeur de perspective et une densité de teintes brunes dans un jeu de clair-obscur subtil. Et c’est dans un jeu de lumière, accentuant le mouvement, que l’artiste insère des faisceaux de couleur rouge, des traits de henné ou des éclaboussures de bleu. De cette matière vivante, Miloudi Nouiga crée l’illusion d’un mouvement vif et alerte d’une monture puissante. Pour privilégier l’élan du cheval indomptable, le trait est brouillé en spirales ou fondu dans l’épaisseur de la matière, donnant l’impression que la chevauchée se poursuit, bien loin, hors du cadre. En outre, la technique innovante et belle de la mosaïque donne à voir un tracé subtil de carreaux, mettant en relief une vaste fresque de cavaliers.

Du figuratif à l’abstrait

L’on a presque l’illusion qu’elle remonte aux temps révolus. Les cavaliers, bien que de posture noble, ont le visage dissimulé, pour concentrer le regard sur le cheval, son mouvement, sa grâce et son ornement.

Réalisme et onirisme se côtoient paisiblement dans cette exposition. Il est, peut-être, dans l’ordre des choses, de migrer vers l’abstraction lorsqu’on a fait ses débuts de peintre dans l’école figurative. Beaucoup d’artistes, comme Miloudi Nouiga, ont traversé le réalisme pour atteindre un conceptuel solide et cohérent. Mais très peu savent mélanger les deux sur une même œuvre.

Cela fait quarante ans que l’artiste peint, photographie, illustre des albums pour enfants. Et c’est fort de cette expérience et cette sensibilité à la diversité de son public qu’il fait cohabiter les genres.

Sa maîtrise de différents supports confère à Miloudi Nouiga l’aptitude de croiser les techniques.

Aquarelliste de talent, il décrypte les signes de la culture arabo-andalouse du Maroc, entre réel et fantastique. Dans des séries de photographies sur les portes de la médina, on retrouve, étonnamment, le même effet estompé d’une peinture : résultat qu’il obtient en travaillant sur le tirage, en utilisant un papier aquarelle. On retrouve son acuité photographique dans le détail de ses bandes dessinées pour enfants.

Sa dernière exposition dans sa propre galerie à Rabat relève davantage de l’abstrait. Dans «Note bleue», la couleur est au centre de la création. En travaillant sur le blanc, le noir et le bleu, l’artiste explore l’infinité de teintes produites pour donner du sens aux messages insondables de l’inconscient onirique.

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