Le cinéma vu par La Fondation Attijariwafa bank
1 février 2018
Fadwa Misk (365 articles)
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Le cinéma vu par La Fondation Attijariwafa bank

Jeudi 18 janvier, la Fondation Attijariwafa bank a commencé la saison 2018 du cycle «Échanger pour mieux comprendre», avec une conférence sur le «Cinéma marocain : regards multiples sur une société en mutation».

Une nouvelle année commence pour ce cycle vertueux de La Fondation Attijariwafa bank qui s’attarde sur les phénomènes et faits de société pour les décortiquer avec des spécialistes et intellectuels marocains. «Echanger pour mieux comprendre» s’est intéressé, pour cette première conférence, au monde du cinéma et des cinéphiles.

A l’origine de cette initiative, un sentiment commun de l’émancipation du cinéma, qui, au fil des années, devient plus proche de la réalité sociale du pays. Mouna Kably, responsable du pôle Edition & Débats au sein de La Fondation Attijariwafa bank, note à cet effet : «Aujourd’hui, nous sommes heureux de constater que le cinéma marocain traite de tous les sujets de société et traduit le dynamisme d’un pays émergent dans toute sa complexité».

Modéré par l’auteur et journaliste Abdelhak Najib, cette rencontre a réuni les réalisateurs Abdelhaï Laraki et Ahmed Boulane, en présence du sociologue et politologue Mohamed Tozy, qui a donné une dimension réflective à l’évolution du cinéma marocain et son effet miroir sur la société contemporaine.

Une dynamique réelle

Si le cinéma stylistique d’hier porte les empreintes des séniors, Abdelkader Lagtâa ou Mostapha Derkaoui, Souhail Benbarka ou Ahmed Bouânani, l’actuelle scène est marquée par l’émergence de nouveaux noms, à l’engagement franc et au cinéma réaliste, comme Noureddine Lakhmari, Faouzi Bensaidi, Nabil Ayouch et bien d’autres.

Cette génération d’artistes a trouvé un soutien considérable dans les subventions de l’Etat. Les intervenants ont tous confirmé que le Maroc a connu de réelles avancées dans le secteur du cinéma durant les vingt dernières années. Le nombre de films produits a augmenté pour atteindre aujourd’hui 25 longs-métrages par an et plus d’une cinquantaine de courts. Grâce à quoi le public marocain ne s’est pas fait prier pour regagner les rares salles ou multiplexes de cinéma encore ouverts.
Grâce à cette nouvelle vague de réalisateurs et d’acteurs formés à l’international, les films marocains se font de plus en plus francs, examinant la société au microscope et portant un regard sans concession sur les

phénomènes qui lui pèsent. Balayer les clichés et la perception folklorique de la société marocaine est clairement énoncé dans leur démarche artistique.

Miroir, mon beau miroir

Ce cinéma, plus proche de la réalité, est parfois cru, choquant. Mais pas plus qu’ailleurs. Les cinéastes cherchent-ils forcément la polémique ? Parfois oui. Certains d’entre eux assument vouloir lancer le débat sur des questions d’ordre social. Et ça ne rate presque jamais. En témoigne le débat passionné dans la salle, après la conférence. Ce qui est certain, c’est que pour un pays, comme le Maroc, qui est en profonde mutation, le cinéma devient un miroir de l’actualité ou de futurs probables, ainsi qu’une force de proposition pour corriger les injustices.

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