FICM : pour une «film commission» méditerranéenne
12 avril 2017
Fadwa Misk (285 articles)
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FICM : pour une «film commission» méditerranéenne

Dans le cadre du forum de la 23e édition du Medciné, festival du cinéma méditerranéen à Tétouan, une rencontre des professionnels du cinéma a porté sur «La Méditerranée comme espace commun de tournage de films», en présence de représentants de films commissions européennes.

Dans le cadre du forum de la 23e édition du Medciné, festival du cinéma méditerranéen à Tétouan, une rencontre des professionnels du cinéma a porté sur «La Méditerranée comme espace commun de tournage de films», en présence de représentants de films commissions européennes.

En marge d’une riche programmation cinématographique et une compétition qui a sacré le film italien Indivisibili et le documentaire belge La terre abandonnée, le forum du Festival International du cinéma méditerranéen (FICM) a abordé, tout au long du festival, des questions liées à la production cinématographique au Maroc et dans la région. La table ronde du mardi 28 mars, co-organisée avec la Commission Films de la Région Tanger-Tétouan- Al Hoceima, portait sur «la Méditerranée studio en plein air». A entendre l’évaluation des potentialités de collaboration et de coproduction dans les pays de la région, afin d’en faire un pôle attractif pour les tournages, aussi bien des pays membres qu’internationaux. «Cette première session est une occasion de nous connaître et nous écouter, dans une philosophie de partenariat et de collaboration. L’idée est de créer un réseau de film commissions, en partenariat avec les régions, avec l’ambition de créer un fonds de coproduction dans la Méditerranée», explique Jamal Snoussi, producteur et directeur de la Commission Films de la Région Tanger-Tétouan- Al Hoceima.

Film commission : kesako ?

The film commission ou la commission de cinéma est un organisme non lucratif quasi gouvernemental, puisqu’il dépend de l’Etat ou des régions, qui a pour but d’attirer des tournages aussi bien locaux qu’internationaux dans la région dont elle dépend. Son rôle consiste à faciliter les conditions de la production, voire y investir. Plus d’un millier d’organisations existent dans une centaine de pays à travers le monde, principalement aux États-Unis, en Europe et en Asie.

Au Maroc, Ouarzazate et Rabat-Salé ont leur film commission. Mais leur rendement est loin de satisfaire les cinéastes marocains. En tout cas c’est ce qui ressort des réactions de certains d’entre eux. Le réalisateur Ahmed Boulane s’en est d’ailleurs plaint. «Dans mon dernier film, tourné en Espagne, la film commission espagnole m’a facilité l’accès aux institutions  étatiques, alors que le film dénonçait l’ingérence du gouvernement espagnol en ce qui concerne l’île de Perejil. Ici on doit craindre les moqadems même avec une autorisation de tournage». Pour le réalisateur Saad Chraibi, «la Ouarzazate film commission agit plus comme une agence pour les tournages internationaux qu’en film commission. Elle devrait d’abord s’occuper des tournages marocains».

Ces reproches confortent le producteur Jamal Souissi dans sa conviction de «la nécessité du recours aux professionnels, pour travailler dans les films commissions. Des universitaires ou des politiques ne peuvent pas connaître les réalités et les besoins détaillés de l’industrie cinématographique au Maroc».

La coproduction c’est l’avenir

Autre point intéressant : les films commissions sont soutenues par les gouvernements et les régions. D’ailleurs, on compte un fonds de 45 millions pour la Spain film commission et 16 millions pour la seule région de Paris. Alors qu’au Maroc il s’agit de fondations privées, avec un bureau bénévole, ce qui pour Mohamed Laroussi, ancien membre de la commission d’avance sur recettes, est un contre-sens. «La région doit comprendre que c’est elle qui a besoin de la film commission et la financer et non se positionner en entité bienfaitrice pour le cinéma».

Pour Johanna Gaillardo, de la film commission de l’Ile de Paris, la capitale de l’Hexagone est une destination facile à vendre. Riche de quelque 2500 beaux décors publics, du palais à la prison, du lac à la montagne, l’Ile de Paris est une attraction naturelle pour les tournages français et internationaux. Mais pour développer une industrie, il faut beaucoup plus que de beaux décors. «Notre travail d’accompagnement va au-delà de la prise en charge administrative. La film commission de l’Ile de Paris investit dans l’aide au scénario jusqu’à la post-production et la promotion du film», explique la Française.

De son côté, Piluca Querol, de la Andalucia film commission, a assuré qu’en Andalousie,  l’on peut aujourd’hui reproduire des décors divers, y compris l’Afganistan et le Maroc. Preuve s’il en faut de la compétitivité existant entre les différents pays. «Mais l’on peut être en compétition, tout en collaborant sur des projets», assure Piluca Querol qui voit dans la coproduction méditerranéenne une aubaine et une richesse à faire valoir devant les productions internationales.

Carlos Rosado, président de la Spain film commission, a également souligné cette complémentarité évidente et fort appréciable entre les différents pays de la Méditerranée. «Que ce soit en termes de paysages ou de moyens, il y a une complémentarité indéniable qu’il faut exploiter à travers un réseau de film commissions, avec une stratégie commune de développement et des lois semblables sur le crédit d’impôts», assure-t-il. Et d’ajouter qu’«il faut que les régions comprennent que le cinéma est une pub extraordinaire et particulière. Beaucoup de touristes planifient leurs vacances sur la base de films vus dans l’année».

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