Ces Journées du patrimoine qui nous font aimer Casablanca
18 mai 2018
Fadwa Misk (369 articles)
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Ces Journées du patrimoine qui nous font aimer Casablanca

Du 9 au 13 mai, Casablanca a été en fête pour la dixième édition des Journées du patrimoine. Des visites guidées dans cinq sites de la ville et une programmation artistique adaptée ont animé la métropole.

Connaissons-nous vraiment nos villes ? Savons-nous de quelle terre sont-elles bâties, de quelle énergie sont-elles nourries et l’infinité des histoires qui les hantent ? Probablement très peu. Pour beaucoup de Casablancais, par exemple, la ville est ce monstre en béton, tentaculaire et anxiogène, qui n’invite pas à l’apprivoisement. C’est là que «Les Journées du patrimoine» s’imposent comme médiatrices de la réconciliation. Durant un week-end prolongé, des lieux s’ouvrent grand au visiteur curieux, des espaces se créent et s’animent d’une multitude d’activités et Casablanca reprend soudain vie. Elle nous sourit.

C’était le cas de la dixième édition des Journées du patrimoine qui a décadenassé des lieux clos et intimidants du Grand Casablanca pour trois jours de visites. Une programmation artistique intimement liée au patrimoine a été conçue avec intelligence et finesse, pour l’occasion.

Dites-moi Casablanca

Ils étaient des centaines de guides bénévoles à faire les visites cette année. Ces passeurs de mémoire et de passion se sont répartis sur les cinq sites élus, pour raconter l’histoire de la ville à travers des circuits élargis. Les visiteurs ont pu palper «les particularités et les intérêts du centre-ville art déco, de l’ancienne médina, de la place administrative, des Habous, de Hay Mohammadi avec ces très beaux spécimens de l’architecture industrielle et d’habitat pour le grand nombre qui ont servi d’exemple de par le monde. Cette année, le quartier d’Aïn-Chock s’est également ajouté aux sites visités», explique Amine Boushaba, le commissaire des Journées du patrimoine.

Le précieux des journées, c’est le programme «Les enfants du patrimoine» qui est la journée dédiée et totalement adaptée aux enfants, avec des circuits particuliers, des chasses aux trésors, des jeux et des ateliers artistiques divers. Pour en faire profiter le plus grand nombre, «nous essayons de faire venir les enfants des quartiers les plus excentrés et l’on se rend compte parfois que des enfants de Lissasfa n’ont jamais mis les pieds au centre-ville. Et il faut les voir, soit dans le circuit des Habous, soit à la wilaya dans le bureau du maire, avec des étoiles dans les yeux», s’émeut le commissaire de l’événement.

D’année en année, les Journées du patrimoine se sont transformées en un festival à l’honneur de Casablanca, et ce, grâce à une programmation artistique qui ne cesse de s’étoffer. «Le principe même de cette programmation est de mettre en relation le patrimoine matériel et immatériel. Nous sommes certes une association de préservation du patrimoine architectural de Casablanca, mais ces bâtiments qu’on défend ont une âme, une histoire et un vécu. Ces bâtiments doivent vivre et c’est en ce sens que les Journées du patrimoine ont ficelé une programmation culturelle adaptée pour chaque lieu animé», explique Amine Boushaba.

Matériel et immatériel

L’ouverture a été lancée au jardin des Beaux-Arts qui a accueilli la chanteuse Oum dont l’album Zarabi est une ode au patrimoine lexical marocain. La Mahkama des Habous a accueilli un concert de musique qui a revisité le répertoire authentique judéo-marocain. Alors que les murs de Dar Touzani ont été secoués par les clameurs de l’aïta. Sur la Place des Nations Unies, un hommage a été rendu à la chanson marocaine des années 60/70. Cœur battant de modernité, Hay Mohammadi a offert des spectacles urbains avec les jeunes de l’école casablancaise de gnaoua. Très belle prestation, également, que celle donnée sur le parvis de la wilaya, alliant danse contemporaine et qaâda marocaine. Côté théâtre, une pièce sur la place de la femme dans l’espace public a été jouée en pleine Place des Nations Unies. Et dans plusieurs espaces culturels, des conférences et des expositions ont rappelé à qui veut bien l’entendre ou le voir, toute la beauté piégée dans les coins insoupçonnés du Grand Casablanca.

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