Bahaa Trabelsi et Yasmine Chami au café littéraire du Sofitel Baltimore
29 décembre 2017
Fadwa Misk (328 articles)
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Bahaa Trabelsi et Yasmine Chami au café littéraire du Sofitel Baltimore

Lauréates du prix littéraire féminin Sofitel Tour blanche, les auteures Bahaa Trabelsi et Yasmine Chami ont été les invitées d’un café littéraire au Sofitel Baltimore à Paris.

Le 4 avril dernier, on annonçait Bahaa Trabelsi et Yasmine Chami comme heureuses lauréates de la cinquième édition du prix littéraire Sofitel Tour Blanche. Choisies par un jury composé de Catherine Enjolet, Olivier Weber, Mazarine Pingeot, Tahar Ben Jelloun, président d’honneur, et d’autres, les deux lauréates ont été invitées à présenter leurs livres lors d’un café littéraire parisien, organisé en leur honneur. Bahaa Trabelsi y a présenté «La chaise du concierge», aux éditions Lefennec : un thriller psychologique polyphonique, mettant en scène les rapports entre une journaliste, un commissaire de police et un tueur en série fou de dieu. Yasmine Chami a, quant à elle, parlé de son deuxième roman «Mourir est un enchantement», paru à Actes Sud, pour lequel elle a reçu la mention spéciale du jury du Prix du roman arabe de la Fondation Lagardère. Le livre est une plongée dans les souvenirs intimes du passé de Sara qui se débat contre la maladie. Elle y puise l’énergie pour continuer à vivre. Il s’agit d’un travail sur la mémoire personnelle comme composante de la mémoire collective.

Le militantisme en  commun

«La chaise du concierge» et «Mourir est un enchantement» sont des livres que tout sépare. L’un est gore, violent et angoissant, l’autre est doux, mélancolique et nostalgique. Et pourtant, se dégage des deux livres une sorte de refus évident de l’actualité du monde. En effet, les deux romans revendiquent une liberté d’être et de ton qui s’étiole dans la tyrannie sociale ambiante. L’une comme l’autre regrettent un temps que les moins de vingt ans ne soupçonnent même pas et qui tombe dans l’oubli induit par une manipulation de l’histoire. Pour Yasmine Chami, il faut revenir sur l’histoire des mentalités pour faire comprendre à la jeunesse d’aujourd’hui que le Maroc a sa culture propre, loin des injonctions idéologiques émanant d’un certain Moyen-Orient. Bahaa Trabelsi est, quant à elle, loin d’être optimiste. Pour elle, il en faut plus qu’une éducation nouvelle pour sauver le pays de son glissement inéluctable vers l’extrémisme.

Pour le membre du jury du prix du Sofitel Tour Blanche, Denis Labayle, la force de l’écriture au Maroc, comme dans beaucoup de pays francophones, c’est la colère qui en émane, contrairement au roman français qui manque de puissance et de rage.

Ecrire au féminin

L’écrivain a également souligné l’éclat de l’engagement des femmes pour les causes de la liberté. La même réflexion a été soulevée par Maï-Do Hamisultane Lahlou pour qui le livre maghrébin a une saveur plus forte et une portée militante conséquente. Pour rappel, l’auteure a reçu le deuxième prix Sofitel Tour Blanche, l’année dernière, pour son roman «Sato Sospir», avec l’auteure et militante Fatna Bouih pour son roman «Une femme nommée Rachid».

Voilà donc renouvelé le rendez-vous pour la sixième édition du prix littéraire qui met en valeur l’écriture féminine au Maroc. Pour Jérôme Lobier, D.G. du Sofitel Tour Blanche, le prix s’inscrit dans la continuité des engagements du groupe pour la promotion de la culture et des arts au Maroc et à Casablanca en particulier.

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