«Nous ambitionnons d’être pionniers de la transition énergétique»
25 novembre 2016
Ibtissam Benchanna (649 articles)
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«Nous ambitionnons d’être pionniers de la transition énergétique»

Une association a été créée dans l’objectif de standardiser les modèles contractuels dans l’efficacité énergétique. En plus du solaire, de l’éolien et du gaz, Engie assure la maintenance de sites industriels au Maroc. Le groupe vient de remporter un appel d’offres 64 mosquées vertes.

Déclinez-nous d’abord les axes stratégiques du groupe Engie…

Engie, de son ex-appellation GDF Suez, est née de la fusion entre Gaz France et la compagnie de Suez. Nous avons choisi de nous positionner résolument sur la transition énergétique parce que nous nous sommes depuis toujours inscrits dans des thématiques proches des besoins fondamentaux. Nous ambitionnons même d’être le pionnier en la matière, puisque nous sommes en train de gérer un plan de cession de 15 milliards d’euros pour les réinvestir dans d’autres actions sur une période de 3 ans.

Pour être pionniers, nous investissons beaucoup dans la technologie et le digital, qui évoluent très rapidement dans le monde. L’important est de mettre en place des solutions décentralisées de l’énergie qui devraient jouer un rôle important notamment en matière de stockage.

Dans notre vision stratégique, nous avons décidé de nous structurer sur 3 savoir-faire, à commencer par la production d’électricité. Il s’agit aussi de gérer les infrastructures nécessaires en vue d’injecter les ressources renouvelables. En ce sens, il faut disposer de réseaux encore plus connectés qu’avant, intelligents avec des systèmes d’optimisation et des algorithmes qui permettent de tirer le meilleur parti des infrastructures. Enfin l’économie d’énergie est l’un de nos piliers principaux. Pour cela, nous avons développé une activité d’efficacité énergétique. Ce sont ces 3 thèmes qui sont prioritaires dans nos discussions avec les représentants des gouvernements lors de cet évènement.

Quelles sont vos dernières réalisations en termes d’efficacité énergétique et de production d’électricité ?

Nous avons créé une association, appelée l’Initiative Terrawatt, dont l’objectif est de standardiser les modèles contractuels et par conséquent déterminer le profil risque de chacun de ces projets. Nous allons sortir vers la moitié de 2017 un contrat solaire standard. Un des autres volets de cette association est de créer des systèmes de garantie. En fait, dans le partage des rôles, les acteurs industriels et financiers doivent prendre en charge le risque qui est dans leur métier et les systèmes étatiques, de leurs côtés, doivent se mutualiser pour gérer les risques politiques et garantir les investisseurs.

Que pensez-vous de la stratégie énergétique du Maroc?

La stratégie énergétique du Maroc s’appuie aussi bien sur les énergies renouvelables que sur l’efficacité énergétique. La mise en œuvre des énergies renouvelables va permettre une certaine indépendance du pays, mais aussi de réduire les émissions, même si le Maroc est un faible émetteur comparé à d’autres. L’efficacité énergétique a aussi des objectifs de diminution de la consommation énergétique qui va réduire les GES, la dépendance énergétique et surtout la facture énergétique sur le budget de l’Etat. Elle va  également permettre de promouvoir un certain nombre d’effets positifs comme la formation, le transfert de technologies, l’emploi.

Les efforts déployés par votre pays en termes de transition énergétique, et d’électrification ont été réalisés dans des conditions extraordinaires, que ce soit en matière de rapidité, d’orchestration ou d’alignement de tous les outils de régulation. Ce qui offre au Maroc une solide crédibilité.

Pouvez-vous nous énumérer l’ensemble des apports d’Engie au Maroc ?

D’abord l’expertise, ensuite la stratégie du groupe qui est compatible avec la stratégie énergétique du Maroc et celle des acteurs locaux. Ce qui permet de déployer les activités du groupe et une volonté de s’associer pour accompagner les ambitions du Maroc au-delà de ses frontières vers les pays subsahariens. En d’autres termes, nous apportons un savoir-faire technique dans le domaine de l’électricité, du gaz naturel, des services, un esprit de partenariat et une certaine capacité de financement. Au Maroc, nous avons manifesté notre intérêt à la fois pour le gaz et pour le solaire, en partenariat avec Nareva. Nous souhaitons pouvoir continuer à accompagner  cette transition énergétique marocaine engagée depuis une vingtaine d’années.

Au-delà du solaire, de l’éolien et du gaz, nous sommes présents au Maroc également par l’activité services. En effet, nous assurons la maintenance industrielle d’un certain nombre de grands sites industriels, notamment l’usine Renault de Tanger, en intégrant un  volet lié à l’efficacité énergétique. Nous intervenons aussi auprès d’autres industriels comme Lafarge, Safran, Sanofi et auprès d’ensembles tertiaires à l’instar des établissements bancaires, des réseaux d’agences bancaires, des hôtels…

Sur quel type de projets travaillez vous actuellement au Maroc ?

Nous avons remporté un marché dit de mosquées vertes qui a  vocation à assurer une performance énergétique. Il s’agit de travaux de remplacement d’éclairage, des installations climatisation ou de gestion des équipements de 36 mosquées dans les villes d’Agadir, Casablanca et Marrakech. Nous venons tout juste de remporter le second lot constitué de 64 mosquées supplémentaires sur des régions du Nord notamment. On table de ce fait sur une réduction de la consommation d’énergie de 40%.

Mots-clés COP 22

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