Chroniques

Cette semaine, la chambre correctionnelle du tribunal pénal d’Ain-Sebââ a dû se pencher sur un dossier pour le moins insolite. Certaines audiences sont réservées aux affaires liées aux infractions du code de la route.

La littérature, dit-on, sert à expliquer la complexité du monde ou du pays où l’on vit. Ce n’est pas ce que je pensais alors que je lisais compulsivement tout ce qui me passait entre les mains. Pour moi, la lecture me permettait de ne plus penser justement à ce qui se passait autour de moi.

Droits et devoirs

Que les citoyens automobilistes se rassurent: ils ont des droits… mais il faut aussi leur rappeler qu’ils ont des devoirs. Et l’un d’entre eux consiste notamment à payer sans tarder les amendes résultant d’infractions au code de la route.

la mémoire n’est pas une marmite. pour les uns c’est l’âme, pour d’autres c’est un muscle, une zone ou un «no man’s land», un terrain vague de toutes les divagations… l’expérience m’a appris que toute mémoire est rétive lorsqu’elle est souvent sollicitée.

le législateur a prévu de laisser l’avocat de la défense s’exprimer en dernier, soit après les réquisitions musclées du Parquet. Sans doute pour laisser une ultime chance aux prévenus, car leurs arguments de défense seront les derniers à être entendus par les juges avant la séance de délibération. Du coup, le rôle de l’avocat pénaliste devient vital pour des prévenus encourant de lourdes peines de prison.

j’ai appris auprès de cet homme de la génération qui avait fondé le journalisme marocain d’après-l’indépendance le sens de la rigueur dans l’écriture, l’importance et le poids des mots pour dire quelques vérités et préserver certaines valeurs.

durant les audiences, la situation devient parfois ubuesque : les juges entendent mal les prévenus (vitres sécurisées et blindées oblige), lesquels entendent mal les questions qui leur sont adressées, forçant les magistrats à se répéter plusieurs fois, ce qui les agace, les énerve, et les rend peu enclins à la clémence.

De ces années 80, dont l’aube a laissé naître le second sursaut ou le deuxième souffle du cinéma, je retiens cette ambiance à la fois festive et craintive qui avait marqué les soirées de projection au premier festival national qui s’est tenu à Rabat au mois d’octobre en 1982.

Expulsé par les autorités coloniales, jean-charles Legrand devait faire quelques années plus tard un retour triomphal à Casablanca, où des milliers de Marocains, toutes catégories sociales confondues, lui réservèrent un accueil émouvant et chaleureux.

Aussi loin que peut remonter le premier souvenir d’un film vu dans une salle obscure, il se confond souvent avec ces rêves vacillants que le matin s’évertue à effacer au réveil, mais qui malgré cela persistent comme une rémanence entêtée.

Dans la salle d’audience, la tension est plus que palpable, puisque aux premiers rangs des assistants figurent presque tous les membres de la famille. Qui sont du reste, assez partagés : certains veulent absoudre le frère coupable, victime selon eux de mauvaises pulsions démoniaques ; d’autres préfèrent croire que c’est l’épouse qui a succombé à des tentations non moins sataniques.

L’hésitation et les amalgames qui ont accompagné l’entrée en vigueur du nouveau régime de change sont un échantillon réduit mais très révélateur de tout le tort qui peut découler d’un manque de communication et surtout d’un défaut de pédagogie.