Chroniques

Monde d’hier ou monde d’aujourd’hui, sommes-nous condamnés à inventer tous les jours des légendes pour réchauffer nos âmes faussement mystiques ?

Des avocats que l’on change, les nouveaux ne sont pas toujours au courant de l’ensemble des faits d’un dossier, des procureurs suivant leurs carrières, et les transferts qui vont avec, idem pour les magistrats et les directeurs de prisons…

Une question de temps

depuis le temps que cette heure d’été a été instaurée, on pensait que ce changement saisonnier allait être admis et intégré par l’horloge interne et collective d’une large partie de la population. c’est compter sans la résistance au changement, quel qu’il soit, et le refus de toute nouvelle «tradition» autre que celles, déjà bien nombreuses, qui ont forgé l’imaginaire des gens et leur rapport au temps.

Durant un procès, fut appelée à la barre une vieille dame, dont le témoignage était important. Passées les formalités d’usage, le président entreprit de l’interroger sur ce qu’elle savait de l’affaire objet du procès. Elle s’exécuta, parlant lentement, ponctuant ses déclarations par l’expression, «mon fils», couramment utilisée en dialecte marocain, lorsqu’on s’adresse à plus jeune que soi.

Telle une fatalité anthropologique ou le fatum d’une tragédie grecque, il y aura toujours dans la mémoire de chaque Marocain, né ou à naître, l’odeur persistante de la semoule cuite et le fumet caractéristique de ce grand plat en terre rempli d’un couscous aux sept légumes.

le discours de l’accusé était bien rodé : un père décédé, une mère malade et au foyer, et lui, seul soutien de famille, devant en même temps subvenir aux besoins de sa mère, tout en poursuivant ses études supérieures. Et ça marchait, car, de-ci, de-là, il récoltait toujours quelques subsides. Tout en jetant un œil averti aux maisons, repérant certains détails qui pouvaient s’avérer précieux.

Si, dans notre société, nombre de nos grands mythes anciens perdent peu à peu de leur signification et de leur charge anthropologique, d’autres petits mythes plus modernes sont venus s’installer, sans crier gare, en tant que messages, mode de communication sociale ou marqueurs d’identité.

le document sur lequel s’appuie l’accusation est le PV rédigé par les policiers. Et il est réputé intouchable…sauf à convaincre la Cour que c’est un faux. Donc, si sur le PV il est mentionné par les enquêteurs que, par exemple, tel vol a probablement été commis par le sieurX., la cause est entendue, l’individu sera condamné.

Sens et contre-sens

d’autres tauliers, plus moralistes et philosophes tentaient ceci : «le crédit est mort, il a été tué par les mauvais payeurs». un slogan qui ne déplairait pas aujourd’hui aux experts sans état d’âme du fmi et autres bailleurs de fonds.

Le printemps est à nos portes et l’on espère qu’il sera radieux et moins froid que les mois qui l’ont précédé. Où l’on a enregistré un peu partout dans le Royaume des vagues de froid inhabituelles, des gelées plus prononcées et des marées parfois dévastatrices. C’est le climat, dira-t-on, et l’on n’y peut rien.

les mythes ne sont pas que des récits, ils contiennent une richesse de la pensée et une morale humaine qui ont accompagné les hommes depuis des temps immémoriaux.

chaque prévenu bénéficie de la présomption d’innocence, et donc, n’est pas encore vraiment coupable au moment de son procès. Certes, si l’on en arrive au tribunal, c’est que les faits, crimes ou délits qui lui sont reprochés, sont étayés par un certain nombre d’éléments, de preuves, et basés sur des enquêtes souvent assez méticuleuses… Mais cette présomption d’innocence n’est pas très respectée dans les faits.