Chroniques

Tant de facteurs déterminent ce que nous sommes que la plus grande modestie
s’impose quant à la part que nous prenons dans l’écriture
de notre vie. Dans son roman, «La part de l’autre», E. Schmidt
en donne une belle démonstration en faisant évoluer en parallèle
deux histoires, l’une, réelle, et une autre, fictive, du dictateur
Adolf Hitler.

Le vrai problème

Comment développer l’aptitude à entendre une pensée
opposée à la sienne ? Comment renoncer à stigmatiser l’adversaire
idéologique au profit d’un vrai combat d’idées qui dynamise
et enrichit ?

La cristallisation d’Etats-nations au Maghreb serait un obstacle à
l’intégration, avec leurs calculs égoïstes et l’affrontement
des ambitions politiques. Mais l’échec des expériences qui
ont voulu faire abstraction de l’Etat-nation dans le monde arabe ou ailleurs,
en créant des unions hâtives et artificielles, est une leçon
à méditer.

Ecouter les conversations au portable de ses voisins immédiats, partager
subrepticement leurs lectures : voilà comment on sait tout sur tout le
monde dans le train navette qui relie Kénitra à Casablanca : une
mine d’or pour une nouvelle sociologie urbaine.

Les hypothèses sur la façon dont les activistes extrémistes
parviennent à réduire au silence la majorité, mais aussi
l’élite intellectuelle, puisent dans l’anthropologie, l’histoire,
le politique. Akeel Bilgrami, lui, invoque le clash intérieur qui se produit
dans la conscience des musulmans modérés.

Souvent, les téléspectateurs de la télévision oublient
le nom des auteurs, le titre des films. Mais c’est bien sur le petit écran
que se forme la mémoire collective.
Au-delà des vanités individuelles, cela constitue une responsabilité
qui se situe au niveau le plus élevé.

Anticiper des solutions aux problèmes des retraites est une responsabilité
partagée. Il s’agit aussi d’éviter que les mesures de
réforme ne se traduisent par des promesses intenables à l’égard
des futurs retraités. Il faudrait surtout isoler les régimes de
pensions des risques politiques.

La France s’empêtre dans le voile. La question a surgi une première fois en 1989. Réglée par un décret, elle s’est éteinte jusqu’à cette année 2003 au cours de laquelle elle devait rebondir avec une vigueur nouvelle au point de

Le débat sur le rapport entre politique et religieux peut avancer si on
lève les confusions qui se sont insidieusement installées. On doit
d’abord accepter que la pensée critique soit appliquée à
l’héritage culturel pour distinguer les principes éthiques
des mythes dans lesquels ils se sont exprimés dans le passé.

On n’est pas condamné à choisir entre la réalité
du despotisme politique et le spectre de l’extrémisme religieux.
Il ne faut pas oublier, en effet, que les extrémistes ont souvent rallié
à leur cause des gouvernements conservateurs et que les deux ont en commun
le désir de combattre la liberté de pensée, la recherche
scientifique et le savoir, considérés comme subversifs.

Comment préserver l’héritage des pères fondateurs des querelles
de succession plus soucieuses de partager le portefeuille que de consolider le
patrimoine ? Comment vaincre les attitudes frileuses de défense d’un terroir
pour s’inscrire dans des réseaux d’alliances à perspectives plus
ouvertes. Comment, en un mot, acquérir la dimension d’un groupe, à
ne pas confondre avec un conglomérat de PME.

Sans l’aiguillon du doute, nulle réelle avancée n’est possible. Le jour où l’esprit des musulmans s’accordera la liberté et le droit à  la remise en question totale, ce jour-là  alors, peut-être, parviendrons-nous à  sortir du peloton de queue.