Chroniques

Le Royaume est ainsi en train de démontrer que l’on peut être un pays arabe, musulman, africain et n’en rester pas moins attaché aux valeurs universelles des droits de l’Homme, parmi lesquelles figure, pour tout prévenu, le droit d’avoir un procès équitable et une défense libre de ses moyens et des paroles.

tous les textes ou règlements, de quelque nature qu’ils soient, laissent une part d’appréciation à l’agent qui est sur le terrain, chargé de faire respecter les lois. Mais pour peu que le fonctionnaire soit de mauvaise humeur, mal luné, ou que votre tête ne lui revienne pas, alors cette part d’appréciation compliquera considérablement la vie du simple citoyen.

De paroles et de mots

Dans l’attente d’on ne sait quel délivrance, perdant patience ou ne sachant que penser, d’aucuns se mettent à combler le vide ou passer le temps à l’aide de débats d’idées sur les choses de la société, débats de nature selon eux à occuper et nourrir l’esprit en prévision de demain, car demain est un autre jour.

Aujourd’hui la machine est bien huilée, fonctionne sans à-coups, et a même réussi à s’attirer les bonnes grâces du public. Les citoyens sont rassurés de savoir qu’ils ne sont pas isolés et sans défense, devant une administration, impersonnelle et souvent hautaine.

ceux qui ont traversé, exaltés ou taiseux, ce temps marocain en noir et blanc ont encore dans les yeux des restes de larmes, ces larmes que provoquent, prétendent-ils, la poussière des rues, des ruelles et des dédales de la ville.

pourquoi refuse-t-on la liberté provisoire ? Tout simplement pour des raisons juridiques, mais pas seulement. Cette mesure dépend du magistrat instructeur. Il peut décider de l’octroyer (ou pas) pour des raisons qui relèvent de son intime conviction.

Les selfies textuels

on en est de la poésie comme du tact chez ces gens-là qui écrivent sur eux en se vouvoyant tant ils se sentent grands et géniaux. et si un être génial doit être le dernier à s’en apercevoir, eux le crient sur le toit. voici donc venu le temps de la réinvention du moi comme obsession textuelle, et tout le monde se met à ce type de selfie même les… salafi !

bientôt le Grand Théâtre ouvrira ses portes, flambant neuf, pendant, qu’en face, le tribunal n’en finit pas de panser ses plaies. Sans oublier de préciser, histoire de brouiller définitivement les pistes, que le Tribunal de première instance (oui celui qui jouxte la Wilaya), fait accessoirement aussi office de …Cour d’appel sociale : tout dépend par quelle porte on entre !

«On accorde trop de poids à l’influence des religions sur les peuples, et pas assez à l’influence des peuples sur les religions».

C’est donc bientôt la fin de l’année, et nous espérons tous que la prochaine soit bénéfique et heureuse pour notre pays, ses dirigeants et sa population. L’on peut aussi penser, imaginer, rêver à quelques changements, qui seraient le signe d’une évolution mentale et intellectuelle.

Noudelmann constate que si le désir de vérité sera toujours, vivace, la fin du mensonge semble impossible, il craint même qu’elle n’ait un effet pervers: «Ce monde où chacun serait transparent à tous imposerait une tyrannie de la vérité qui ne laisserait aux individus aucune zone d’ombre, aucune intimité à l’écart des yeux inquisiteurs».

Il conviendrait donc de former les magistrats afin de leur inculquer les bases d’une Justice rationnelle, juste, mais sévère aussi quand il le faut : simple question de discernement!