Chroniques

Est-ce ainsi que doivent être traités les citoyens, suspectés d’accord, mais présumés innocents jusqu’à preuve du contraire ? Sans compter aussi que les médias, amateurs de sensationnalisme (symbole de ventes record), y ajoutent leur grain de sel… Pour finalement pas grand-chose, puisque le suspect aura été blanchi.

Publié en France en 1950, le roman prophétique de l’écrivain et journaliste anglais George Orwell, «1984», va subir une deuxième traduction en français.

Qui d’entre nous, au moment de voyager, entre les différentes formalités de police et de douane et le stress lié au voyage, prend le temps de lire toutes les indications mentionnées sur le titre de transport ? Pratiquement personne…et pourtant, il le faudrait.

Dans le Code de procédure pénale, il n’existe aucun article autorisant les prévenus, ou accusés à quitter la salle d’audience où se déroule leur procès. Sinon, pour des raisons impérieuses, comme un état de santé défaillant ; et encore, car dans ces cas, le tribunal suspend l’audience pour faire examiner le mis en cause par un médecin désigné par le tribunal, puis prend sa décision en fonction du rapport médical remis.

Dans les salles de cinéma de quartier encore nombreuses en ce temps-là, on s’absentait, le temps d’un film, hors de ce présent en clair-obscur qui n’est ni déjà hier, ni pas encore demain. c’est dans cet entre-deux que l’on cultivait notre regard face à l’écran géant et blanc d’où surgiront des images que nous ferons nôtres. echappant aux rues étroites, à la foule des marchés poussiéreux et aux lieux de prière où l’on s’ennuyait comme des rats morts, on allait au cinéma comme on part en voyage, sans bagages, le cœur léger, les poches trouées et l’estomac vide.

Il y a moins d’un mois nous avions évoqué, ici même, le passage à l’heure d’été en relevant son caractère à la fois furieusement temporaire et intempestivement temporel. Notre perception du temps, déjà, culturellement parlant, de par trop approximative, voilà que l’administration s’en mêle pour la rendre plus versatile. Ramadan oblige, l’heure d’été n’aura duré que le temps que ce mois sacré et sucré s’annonce.

Le spectateur lambda constate que pratiquement tous les dossiers sont renvoyés à une date ultérieure, plus ou moins proche ; et il s’en offusque, ne comprend pas, incrimine les juges, les avocats, la justice, sans connaître les raisons des renvois prononcés. Il faut savoir en effet que la notion de temps est différente selon que l’on soit magistrat ou plaideur.

Notre vie au quotidien est remplie de mythes et s’en nourrit. Mais si notre culture et nos coutumes sont fondées sur la notion de l’interdit, elles aussi se nourrissent de mythes et s’abreuvent à la source de croyances diverses.

La fréquentation d’un tribunal correctionnel est fortement conseillée aux futurs juristes, qui constateront de visu que l’application du droit n’est pas aussi théorique qu’elle paraît dans les manuels de la faculté !

Comme les mythes, les rites qui en constituent parfois la représentation ou l’expression sont transmis à travers les générations par la mémoire, l’oralité et la tradition.

Quiconque fréquente les prétoires de tribunaux constate que la gent féminine est fort présente. On trouve des femmes occupant la fonction de «présidente de chambre», de «conseillère près la Cour d’appel», ou, même si c’est encore assez rare, présidente de tribunal. Seulement voilà, on constate une quasi-absence des femmes dans les Cours d’assises ou dans les tribunaux traitant d’affaires pénales.

c’est dire l’extension extraordinaire et abusive de «l’image de soi» en moins de trente ans. une image devenue tellement banalisée et multipliée à l’infini jusqu’à une vertigineuse ivresse narcissique qui a remplacé le cogito cartésien, «je pense donc je suis», par celui du tout-venant: «je fais un selfie donc j’existe».