Au Royaume
Société : Amazigh, canicule, crues et acte de mariage
Rétrospective des moments clés illustrant les avancées marocaines sur le plan social en 2024 : Au début de l’année, le Royaume fêtait, pour la première fois Yennayer instauré « Fête nationale ». Le 30 Mars, une ère nouvelle pour les droits des femmes, le 21 Mai, l’acte de mariage n’est plus exigé par les hôtels et le 31 Mai les premières maisons ont été livrées à Al Haouz.
14 JANVIER
Yennayer, fête nationale
Le 1er Yennayer 2974 a une symbolique particulière : c’est la première fois qu’il est jour férié dans le Royaume après la décision du Souverain d’en faire une fête nationale chômée et payée.
Une nouvelle avancée dans la consécration de la culture amazighe, comme composante à part entière de la diversité d’un pays uni autour de ses fondamentaux. Une date qui a été célébrée comme il se doit: le chef de gouvernement, Aziz Akhannouch, avait tenu d’ailleurs à assister aux célébrations dans son fief à Agadir.
La langue amazighe a fait également son entrée, courant 2024, dans le monde des affaires. Fin mai, la société MyOpla a lancé une initiative pionnière dans l’industrie de l’outsourcing au Maroc : le premier service clientèle en amazigh à Al-Hoceima. Une initiative qui confirme la diversité culturelle du Royaume et la présence de ressources humaines polyglottes et hautement qualifiées dans la région.
30 MARS
Une ère nouvelle pour les droits de la femme
L’instance chargée de la réforme de la Moudawana a remis sa copie au chef de gouvernement Aziz Akhannouch qui l’a transmise, à son tour, au Roi Mohammed VI dans les délais fixés par la lettre d’orientation royale de septembre 2023.
Par la suite, le Conseil des oulémas, saisi par le Souverain en juin, a planché sur certaines propositions relatives à des sujets «sensibles» qui devraient faire objet d’un avis. Celui-ci a été remis et validé lors d’une réunion de travail, présidée par le Souverain le 23 décembre.
L’arbitrage donne la priorité aux référentiels et principes fondamentaux de l’Islam. Notamment «ne pas interdire ce qui est autorisé, ni autoriser ce qui est prohibé». Par ailleurs, comme cela a été souligné par Ahmed Toufiq, ministre des Habous et des Affaires islamiques, les propositions des oulémas sont des solutions alternatives conformes à la Charia et prennent en compte le principe de la «Maslaha» ou intérêt.
Ainsi, les propositions de la réforme concernent une avancée en matière de mariage, de divorce, d’héritage, de garde des enfants et de partage des biens acquis au cours du mariage. En revanche, n’ont pas été abordés le recours à l’expertise génétique pour établir la filiation, l’abrogation du Taâssib et la successibilité entre musulmans et non-musulmans.
Sur instruction royale, le gouvernement doit désormais plancher sur l’élaboration du projet de loi ou l’amendement du nouveau Code de la famille. Justice, égalité, solidarité et cohérence devront ainsi guider les discussions et le vote du projet par le Parlement.
21 MAI
L’acte de mariage n’est plus exigé par les hôtels
Le ministre de la Justice est vent debout devant les membres de la deuxième Chambre du Parlement. Abdellatif Ouahbi égrène son plaidoyer contre cette pratique, n’ayant aucun fondement légal, qui consiste à demander un acte de mariage à un couple pour leur attribuer une chambre d’hôtel.
Pour lui, il s’agit d’une pratique illégale et injustifiable qui constitue une atteinte à la vie privée. Le responsable gouvernemental estime également «discriminatoire» et «injustifiable» le fait que les établissements hôteliers exigent des femmes un document prouvant qu’elles ne résident pas dans la ville où elles souhaitent réserver une chambre d’hôtel.
Dans son «plaidoyer», le ministre soulignera que quiconque exige des documents non autorisés des citoyens enfreint la loi et risque de se retrouver exposé à des poursuites judiciaires.
Message reçu? Quelques jours après, cette pratique n’est plus de mise. Dans plusieurs villes du Royaume, on ne demande plus l’acte de mariage, de même que les femmes ne sont plus interdites de louer une chambre d’hôtel dans leur ville de résidence. Bien que les autorités compétentes aient appelé officieusement les hôteliers de ne plus demander les documents en question, certaines unités continuent de les exiger.
31 MAI
Reconstruction d’Al-Haouz : Les premières maisons livrées
Au bout de plusieurs mois d’un travail acharné, la bonne nouvelle tombe : les premières maisons, devant bénéficier aux victimes du tremblement de terre du 8 septembre 2023, qui a frappé la région d’Al-Haouz, sont fin prêtes à Chichaoua.
Des maisons qui ont été réalisées dans le respect total de l’aspect architectural et paysager de la zone, mais aussi en tenant compte des normes antisismiques et de sécurité requises.
Depuis, la cadence des réalisations a connu un coup d’accélérateur conséquent. Présidant, lundi 2 décembre, la 13e réunion de la Commission interministérielle chargée de la reconstruction et de la réhabilitation générale des zones sinistrées, le chef de l’Exécutif, Aziz Akhannouch, déclinera l’état d’avancement de l’opération.
On apprend, ainsi, que le versement des aides d’urgence fixées à 2.500 dirhams se poursuit, sachant que le montant global de ces transferts a atteint 2 milliards de dirhams depuis le lancement de l’opération. Le constat a également été fait que, à fin novembre, les autorités locales ont émis 57.072 autorisations de reconstruction.
Dans la même veine, les travaux de reconstruction et de réhabilitation, en cours ou achevés, concernent 35.214 logements. Par ailleurs, pas moins de 57.786 bénéficiaires ont touché un premier versement de 20.000 DH, 35.983 le deuxième versement et 25.754 le troisième tandis que 12.664 en sont au quatrième et dernier versement. Le tout pour un montant global de 2,7 milliards de dirhams.
24 JUILLET
La canicule fauche des vies à Béni Mellal
Fait inhabituel et rare au Maroc, le ministère de la Santé annonce 21 décès, en majorité des personnes âgées ou souffrant de maladies chroniques. Cause de la mort : la vague très forte de chaleur que traverse le Maroc durant l’été dernier. La direction régionale du ministère de la Santé précise que 17 décès ont été enregistrés au Centre hospitalier régional de Béni Mellal.
Les quatre autres morts sont survenues en dehors de l’hôpital. Cette hausse des températures, qui a été malheureusement fatale à ces personnes, a touché plusieurs autres régions du Maroc. Ainsi, le mercure a atteint 48,3°C à Kasba Tadla, 47,7°C à Béni Mellal et 47,6°C à Marrakech.
L’été 2024, rappelons-le, a été torride et des vagues de chaleur prolongées ont ponctué le mois de juillet et une partie d’août. Si elles sont en partie dues au «chergui», un phénomène naturel qui amène de l’air chaud depuis le Sahara, il n’en reste pas moins vrai qu’elles s’inscrivent aussi dans une tendance de réchauffement climatique observée ces dernières années.
Outre les décès qu’ont causés ces vagues de chaleur, elles ont affecté également l’agriculture en augmentant le stress hydrique pour les cultures, réduisant la fertilité des sols et favorisant la propagation de ravageurs et de maladies des plantes, exacerbant les pertes agricoles.
20 SEPTEMBRE
Tata sous les flots, le Maroc coule
Des pluies diluviennes se sont abattues, provoquant des crues d’une ampleur exceptionnelle, notamment dans l’Oued Tata, dont le débit a atteint un record de plus de 2.300 mètres cubes par seconde. Le volume des précipitations enregistrées en deux jours est équivalent à celui que connaissent ces régions en temps normal durant toute une année.
Le bilan humain est tragique, avec plusieurs victimes et disparus, principalement des passagers d’un autocar emporté par les flots. Les habitants, dévastés, ont décrit des scènes de panique, certains ayant perdu l’intégralité de leurs biens dans les crues.
Les infrastructures locales n’ont pas été épargnées non plus : 93 routes endommagées, des réseaux d’alimentation en eau, électricité et des télécommunications coupées ainsi que des ponts comme celui d’Annahda se sont partiellement effondrés, isolant ainsi des zones entières.
Cet épisode dramatique soulève une nouvelle fois la question de l’adaptation urgente des infrastructures face à l’accélération des phénomènes extrêmes, exacerbée par le changement climatique. Les solutions pour renforcer la résilience des territoires ruraux devront être au cœur des priorités nationales.
