Politique

Si, au niveau de la présentation formelle, projets et propositions se ressemblent, ils se distinguent en termes de procédure d’élaboration et de mise en Å“uvre.

Parti politique de taille moyenne, le PJD aspire à jouer les premiers rôles mais n’est pas prêt à le faire à court et moyen termes.
Il est porteur d’une dynamique qui réconcilie l’opinion publique avec la politique
et les valeurs de sérieux et d’honnêteté dans la gestion de la chose publique.

Programme économique et social : pas d’idées précises sur les mesures à prendre. Le PJD n’est pas encore prêt à gouverner.
Alcool, jeux de hasard, casinos… : la loi doit être appliquée et si le Parlement en légalise l’usage et/ou la consommation, l’avis de la majorité prévaudra.
Intérêts bancaires, «zakat» : seul le conseil des ouléma est habilité à se prononcer. Le PJD est avant tout un parti politique.
Le hijab, une obligation ? Le PJD est contre l’obligation du port du hijab comme il est contre son interdiction.

Dans le Maroc de l’après 16 mai, on ne dispose pas encore de véritable projet de réforme de l’enseignement religieux.
L’enseignement dispensé reste marqué par la confusion entre le «croire» et le «savoir».
Aborder la religion hors du registre de la foi et de la conviction reste tabou alors que cela constitue un élément essentiel pour toute ouverture.

Une liste de manuels «pirates», truffés d’aberrations, a été déclarée hors-la-loi dans les écoles, mais ils restent libres à la vente.
La réforme des manuels homologués n’est pas encore achevée, mais déjà un léger mieux est perceptible.

Une Marocaine mariée à un étranger ne peut pas transmettre sa nationalité à ses enfants de manière automatique.
L’article 6 du code de la nationalité est un déni de justice envers certains Marocains qui se retrouvent parfois dans une condition d’apatride.
Une proposition de l’USFP, visant à réformer le code de la nationalité, se trouve actuellement à la Chambre des représentants.

Le religieux reste omniprésent dans toutes les matières de l’enseignement, engendrant ce qu’un philosophe qualifie d’«absence d’esprit relativiste».
Un premier pas a été franchi, celui de l’ouverture vers les autres religions.

Le Guide pratique du Code de la famille va être distribué à tous les acteurs de la justice de famille.
Un tribunal de famille est opérationnel dans chacune des 70 provinces et préfectures du pays. Les juges chargés du mariage ont tous été nommés.

Le ministère des Habous et des Affaires islamiques se dote d’une
nouvelle organisation axée sur un contrôle plus efficace de l’action
religieuse.
Les membres des conseils des oulémas sont renouvelés. 36 femmes
en font désormais partie.
Le gouvernement est sommé de prendre les mesures nécessaires pour
moderniser l’éducation religieuse.

Conflits d’interprétation, chevauchements de compétences,
rivalités entre les strctures… la loi comporte des lacunes qui créent
des dysfonctionnements.
Maintenance des équipements, autorisations… chantiers et décisions
sont en stand-by.
La révision législative s’impose. Le PJD a déposé
une proposition dans ce sens.

Malgré son implication dans les attentats de Casablanca et de Madrid et
sa condamnation à vingt ans de prison au Maroc, la Grande-Bretagne refuse
d’extrader Mohamed Guerbouzi.
Il n’est pas le seul dans ce cas, Abou Hamza et Abou Qatada sont également
protégés par Londres.

Si Israël peut se permettre de «liquider» les dirigeants du
Hamas, c’est qu’il est assuré de bénéficier de
l’impunité totale. Comment a-t-il pu obtenir une telle liberté
d’action ?
L’administration Bush a accordé à l’Etat hébreu
ce qu’il n’osait même pas demander.
Aujourd’hui, une issue pacifique au conflit semble plus que jamais hypothétique.