Politique

La majorité gouvernementale est-elle sortie fragilisée de l’épreuve des communales ? Faut-il changer de majorité ? Nous avons posé la question à quelques-uns de ses membres. Des points de vue légèrement divergents. Quant à Ahmed Osman, sa seule préoccupation semble

Un an après les législatives, on semble découvrir que la
majorité gouvernementale est une simple majorité arithmétique.
La peuso-crise de la majorité ne constitue en fait que la fuite en avant
de ceux qui ont tenté de faire diversion pour masquer leur échec.

L’USFP et l’Istiqlal ont montré leur incapacité à
juguler leurs divisions et transformé leur victoire électorale en
défaite politique.
La majorité gouvernementale a laissé apparaître son caractère
artificiel et le positionnement politique naturel et réel de ses différentes
composantes.
A défaut d’une mise à niveau salutaire, la classe politique
actuelle risque d’être le fossoyeur de l’idée démocratique
pour des décennies.

Deux mairies pour le Mouvement populaire, deux pour l’Istiqlal, une pour l’Union constitutionnelle et une aussi, et une seulement, pour l’USFP. Tour d’horizon des tractations en cours.

Elections transparentes, impact faible du mode de scrutin sur l’émiettement
de la carte politique, avis partagé sur le vainqueur, faux recul du PJD
sont les grands enseignements de ces communales.

Arrivé en deuxième position en nombre de sièges, l’USFP est le grand perdant de ces élections !
Comme pour les législatives, sa rivalité avec l’Istiqlal lui a été fatale.
Même avec une participation limitée, le PJD a pesé de tout son poids pour lui barrer le chemin.
La tension entre les deux courants de l’USFP a démobilisé les militants.

La participation symbolique du PJD a fait de l’USFP et de l’Istiqlal
les grands favoris de ces communales.
Le MP, le RNI et le PPS auront leur part du gâteau et arbitreront les duels
USFP/PI.
En raison du scrutin de liste, le jeu des alliances sera déterminant dans
la désignation des maires.

A la veille du scrutin, c’est le branle-bas de combat dans les sièges des
partis.
Selon le profil du candidat et la commune visée, le contraste des moyens
employés est démesuré.

Les attentats du 16 mai et la campagne anti-drogue ont pesé sur la constitution
des listes.
Grosse surprise de ces élections : le PJD adopte un profil bas.
La liste des 200 élus indésirables suscite des réactions
contradictoires.
Seules 5% des listes sont présidées par des femmes !
Un chiffre dérisoire.

Un certain nombre d’hommes politiques se passeront de congé cette année,
élections communales obligent.
Abbès El Fassi et Mohamed Bensaïd Aït Idder seront à Agadir,
beaucoup se contenteront de week-ends au bord de la mer ou dans leur terroir,
tout près de leurs électeurs.

Certains édiles locaux ont plus fait preuve de vénalité,
de népotisme et de collusion entre intérêts privés
et public que de dévouement au service de la cité.
Mode de gouvernance, gestion de la chose publique et rapport aux citoyens passeront
d’un système politique à un autre.

Le coup de semonce royal

Tout le monde a été rappelé vigoureusement à l’ordre
: partis politiques, ministres, gouverneurs, élus, autorités locales
et citoyens…
La récréation est finie et l’ère du laxisme également.
Une ferme reprise en main.