Culture

On se souvient que le film «Marock», première œuvre de Laïla Marrakchi, avait soulevé l’indignation
et fait l’objet d’attaques outrancières, y compris de la part
de certains cinéastes ardents défenseurs de
la liberté d’expression. Entre flot d’indignation imméritée
et critiques dithyrambiques, le film a attiré de nombreux spectateurs
venus se faire leur propre idée ou sentir de près l’odeur
du soufre.

Après dix mois de préparatifs, Caftan, a fêté son dixième anniversaire samedi 6 mai,
au Palais des Congrès de Marrakech. L’événement s’est
déroulé comme d’habitude à  guichets fermés.
Dix stylistes haute couture (dont neuf révélés par Caftan),
cinq jeunes talents, une prestation éblouissante et beaucoup de cÅ“ur.

A Fès se tiendra, du 2 au 10 juin 2006, la XIIe édition du Festival des musiques sacrées du monde.
Douze ans, une longévité exceptionnelle et l’occasion de
retracer la genèse et le parcours
d’un événement qui commence à s’exporter et
s’est même implanté à New York
sous le nom de «Spirit of Fes inc.».

En mêlant jeunes talents et musiciens d’envergure, le Printemps des Alizés (du 20 au 23 avril, à Essaouira) a fait mouche. Un bémol : les lieux où il s’est déroulé n’étaient pas assez spacieux pour le nombreux public.

Maroc Design s’est tenu du 13 au 16 avril à la cathédrale du Sacré Cœur, à Casablanca.
Le ministère de l’Artisanat envisage de faire appel aux designers
pour concevoir des modèles à faire fabriquer par les artisans tandis
que les industriels, concernés
au premier chef,
ont, encore une fois, boudé le salon.

Du 13 au 16 avril se déroulera la IIe édition de Maroc Design dans la cathédrale du Sacré CÅ“ur à  Casablanca. Par sa répétition et la qualité des objets exposés, cet événement apportera peut-être
à  cet art majeur la reconnaissance. Une nécessité car, si
le design dépend des commandes du secteur économique, l’industrie
ne pourra prendre d’envergure sans l’apport essentiel du design.

Du 20 au 23 avril se déroulera à Essaouira le Printemps musical des Alizés, qui se distingue par
un choix de musique – le classique – parfois jugé élitiste. Une
bonne dose d’énergie, une pincée de rêve et des bonnes
volontés ont assuré jusque-là le succès du festival
qui devra désormais fonctionner de manière autonome et avec des
fonds plus importants sous peine de s’essouffler.

La Chambre marocaine des distributeurs de films et celle des exploitants de salles
sont en guerre depuis septembre. Le CCM est cloué au pilori. Des querelles
qui détournent les protagonistes des vrais problèmes, qu’ils
auraient tout intérêt à combattre ensemble : piratage, surtaxation,
baisse de la fréquentation des salles et fermetures en cascades.

Du 24 au 29 mai, Tanjazz sera au rendez-vous en son fief tangérois. Un festival que son promoteur, Philippe Lorin, a voulu de découverte plutôt que d’exhibition de talents confirmés. Retour sur l’histoire d’une manifestation qui a marqué la renaissance culturelle de Tanger et fait désormais référence parmi les évènements musicaux à  l’international.

Les cinémas sont désertés. Si un complexe comme le Mégarama arrive à  déjouer la concurrence des DVD piratés grà¢ce à  une programmation alléchante, les exploitants de salles de quartier ne peuvent plus affronter cette
désaffection et mettent la clé sous le paillasson les uns après
les autres. Des mesures énergiques s’imposent, sur lesquelles les
professionnels sont partagés.

Mosquées, médersas, palais, casbahs, autant de pages de l’histoire du Maroc qu’il ne faut pas laisser s’effacer.
Le ministère de la Culture a restauré certains monuments, des
mécènes en ont sauvé d’autres, mais des centaines
menacent ruine et l’effort doit se poursuivre.

Le patrimoine littéraire marocain des cinquante dernières années se caractérise par une profusion étonnante. Pourtant, même lorsqu’ils écrivent des chefs-d’œuvre, certains auteurs restent à la recherche de lecteurs introuvables. Il y a des ouvrages, épuisés ou republiés en France, qui n’ont même jamais franchi le seuil d’une librairie marocaine… Etat des lieux.