SUV : la saga continue !
10 avril 2017
Naoufel Darif (659 articles)
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SUV : la saga continue !

Les ventes de ce segment ont atteint 34 000 unités en 2016, en hausse de 28%. Ces véhicules attirent la clientèle grâce à leurs caractéristiques et leurs prix abordables.
La tendance mondiale montre que le potentiel est encore énorme.

La galaxie des SUV n’en finit pas d’éblouir par ses performances commerciales hors-pair. Ce segment, qui connaît l’arrivée de plus en plus de modèles sur les derniers mois, se démarque par sa croissance fulgurante depuis 2013. Les professionnels estiment qu’il est en grande partie à l’origine de la croissance du marché dans son ensemble, notamment sur les deux dernières années. Selon les chiffres obtenus des différents concessionnaires et traités par La Vie éco, les ventes de ce segment sont passées de 19 683 unités en 2013 à 22746 en 2014, pour s’établir à 26 593 à fin 2015 avant de culminer à 33 995 véhicules en 2016, en hausse de 28% sur cette année. Sur les deux premiers mois de 2017, il s’en est vendu quelque 5 500 unités, en hausse de 17% (contre 11% de croissance enregistrée à fin février 2016 par rapport à 2015). Avec ces prouesses, sur quatre voitures qui se vendent aujourd’hui, une vient du segment des SUV. Qu’est-ce qui est entendu au juste par ce terme ? Comment se justifie l’attrait qu’il a auprès de la clientèle ? Son potentiel de croissance n’est-il pas déjà consommé ?

Les débuts remontentaux années 1990
Un SUV (sport utility vehicle), parfois appelé crossover, VUS en Europe et au Canada francophone, est un véhicule de loisirs bicorps (deux volumes) pouvant posséder certaines capacités de roulage hors route ou de remorquage. Il est plus souvent un croisement entre 4×4 et monospace. Force est de constater que toutes les définitions s’accordent sur trois mots clés, en l’occurrence le châssis qui rappelle le camion, les quatre roues motrices et les capacités d’usage off-road. Vers la fin des années quarante, les agriculteurs américains transportaient des passagers sur leurs tracteurs dans un contexte de crise de l’industrie automobile. L’idée de développer des véhicules pour le transport qui ont des capacités similaires aux tracteurs a alors germé. Les modèles, autrefois carrés, austères, dénudés et très imposants par leur volume sont devenus sportifs, esthétiquement attirants, et très bien équipés avec un accent particulier mis sur le design. Les Land Rover et Land Cruiser constituent les premières icônes réussies de ce segment aux alentours des années 1994-1995.
Très répandu aux États-Unis et en cours de réussir une percée en Europe, le SUV a de ce fait pris un virage qui, aujourd’hui, fait sa saga. «Ce segment enregistre la plus forte croissance au niveau mondial et se positionne actuellement comme le parfait remplaçant des breaks, les voitures familiales les plus prisées dans les pays occidentaux», explique Mehdi Bouhafs, directeur général d’Auto Scandinavian Maroc. Le marché marocain ne fait que suivre la tendance mondiale.
Une clé de son succès : des véhicules multi-segments disponibles dans des volumes très variés, du plus petit au plus grand, sans pour autant retomber dans les travers des gabarits proches de l’utilitaire. «Un des points forts des modèles de ce segment c’est qu’ils sont montés sur des plateformes de citadines, de compactes ou de grande berline…», note Abdelouahab Ennaciri, directeur général de Scama qui vient de lancer le Kuga restylé sur ce compartiment.

Quatre sous-segments
Cette grande variété des plateformes fait en sorte qu’au sein de ce segment, quatre sous-segments sont identifiés. A commencer par le Crossover (type Qashqai, Peugeot 3008 et Range Rover Evoque) qui représente environ 50% des SUV sur le marché à fin mars. Ce sous-segment compte une clientèle de jeunes actifs et des familles avec un seul enfant qui, parfois, ont une seconde voiture dans le foyer. La deuxième sous-famille est constituée des SUV compacts (type Toyota Rav 4, Kuga, et Tiguan) qui pèsent 35% du segment. Ces derniers sont prisés par les jeunes familles avec 2 enfants souvent en tant que véhicule principal.
Vient ensuite le Midsize (type Prado, Touareg et Audi Q5) qui constitue 10% des ventes des SUV. Il récupère les clients des berlines moyennes et grandes telles que les A6 ou les séries 5 et est prisé par les chefs d’entreprises pour sa grande polyvalence entre utilisation quotidienne et visites de terrain. En conséquence, le segment des berlines moyennes est en train de décrocher d’année en année. Enfin, la dernière compsante des SUV est le full size (type Range Rover, Land Cruiser 200 et BWW X5). Ce sous-segment représente une niche qui ne dépasse pas 5% du total des véhicules de plus de 1 MDH et dont la clientèle, très aisée, se détourne des classes S, des BMW série 7 pour de nouvelles sensations de conduite.
Il faut souligner que «la segmentation au sein du segment SUV ne se fait pas que par la taille mais aussi par les prix», note Hatem Zinaoui, chef de produit chez Toyota, qui ajoute que chaque concessionnaire a sa propre manière de segmentation SUV.
Une chose est sûre, l’attrait de tous ces sous-segments est en premier lieu justifié par des considérations de prix. Avec le même budget (en moyenne entre 200 000 et 270 000 DH), les acheteurs peuvent avoir un véhicule plus grand, plus haut, souvent plus joli, avec une impression de sécurité améliorée, et peut servir à faire du hors-terrain occasionnellement lors de voyages. «Le shape de ces véhicules permet de récupérer la clientèle des compacts sachant que le SUV offre la possibilité de rouler un peu plus haut sans compromis sur les codes stylistiques des compactes et leur confort», explique un opérateur qui ajoute que la présence large de la transmission automatique sur ces modèles encourage davantage les clients qui cherchent plus de confort.

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