Posts From Saad Benmansour

S’il existait un classement mondial des meilleures blagues de l’année, la palme d’or 2017 reviendrait incontestablement à l’équipe d’experts européens de très haut niveau chargée de préparer le rapport qui a servi de base aux ministres des finances de l’Union Européenne, lors de leur réunion du mardi 5 décembre, à l’issue de laquelle ils ont rendu publique la liste (noire) des paradis fiscaux.

5 fois Al Hoceima

Dans la foulée du dossier «Al Hoceima Manarat Al Moutawassit», et en plus des sanctions dont ont écopé les responsables publics, le gouvernement a annoncé son intention de ne plus tolérer de tels manquements en suivant de près la réalisation des projets publics à travers l’ensemble du pays.

Le dernier rapport de la Cour des comptes sur la fonction publique supporte deux niveaux de lecture.

Au terme de trois années de réflexion et de travaux concertés, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) et Bank Al-Maghrib viennent de rendre public leur document volumineux sur la richesse globale du pays estimée à 12 000 milliards de DH en 2013 et dont, nous dit-on, presque 70% sont constitués de capital immatériel lui-même composé de trois éléments fondamentaux que sont le capital humain, le social et l’institutionnel.

Cher chômage…

Les statistiques sont têtues. Qu’elles plaisent ou pas, elles viennent nous rappeler la réalité telle qu’elle est sur le terrain en dépit des discours, des déclarations d’intention, des efforts fournis et même des réalisations.

A cause des exonérations fiscales, des chefs d’entreprises ont fermé leurs usines pour se lancer dans la promotion immobilière. A l’avenir, les investissements publics seront priorisés en fonction de leur impact socio-économique. La décompensation ne pourra se poursuivre que quand nous aurons une cartographie sociale précise.

Dans la Loi de finances de 2017, l’Etat avait donné aux entreprises, entre autres cadeaux, la possibilité de recruter des pointures et de hauts profils sans avoir à supporter les charges sociales, les salariés bénéficiant de leur côté d’une exonération de l’Impôt sur le revenu (IR).

Malgré une année quasiment blanche en termes de réformes, le Maroc a globalement gardé sa position. Les banques ont encore un gros effort à faire et la réforme du livre V sur les difficultés d’entreprises doit absolument être actée.

Rupture

Le Maroc entame un tournant stratégique où il sera question de réinventer le modèle de développement. Or pour réinventer tout un modèle de développement dans ses composantes sociale, sociétale, économique, le pays aura besoin de changer de référentiel et de paradigmes.

Modèle sélectif

Il est fort à parier qu’une fois passé le mois de décembre et pliées les discussions contextuelles accompagnant la Loi de finances, le débat qui dominera la scène sera celui relatif au modèle de développement à améliorer ou à changer. On le saura dans quelques mois.

Effets pervers

Les chiffres que vient de rendre publics le Haut Commissariat au Plan (HCP) au sujet des structures industrielles du pays sont édifiants à plus d’un titre. Certes, l’on subodorait depuis longtemps que le Maroc s’était affreusement désindustrialisé au profit d’une économie de plus en plus «tertiarisée», dominée par les services. Mais quand on scrute les chiffres officiels de près, la réalité est encore plus amère.

La valeur ajoutée industrielle toujours entre 14 et 15% du PIB. L’industrie emploie quelque 620000 personnes, soit environ 6% de la population active occupée. De 2015 à juin 2017, la création nette d’emplois industriels a atteint à peine 15 000 postes.