Posts From Najib Rfaif

Comment lire un poème de khaïr-eddine sans se sentir entraîné vers les chemins escarpés du dictionnaire d’où il extirpe des mots cadavériques pour faire naître d’impétueuses métaphores?

Dans chaque mémoire, il y a des trous parfois béants qui engloutissent nombre de nos souvenirs. Le passé se présente alors telle une forêt touffue où des clairières verdoyantes et giboyeuses dessinent en mosaïque ces territoires de l’oubli.

il est difficile de remonter ce temps de la presse de chez nous sans penser aux figures qui l’ont façonnée, j’allais dire, «à leur façon», comme on dit d’un bon plat préparé qui révèle à la première bouchée le tempérament de son cuisinier…

Nous étions tous plus ou moins amis, liés par les choses de la culture, liens qui se confondaient souvent avec les choses de la politique. Journalistes engagés ou non dans des partis, artistes en mal d’espaces pour s’exprimer, poètes et écrivains en quête d’éditeurs…

j’ai compris que le seul moyen de s’informer et d’anticiper les activités culturelles futures, c’est encore de se lier d’amitié avec les artistes.

«J’aime la règle qui corrige l’émotion», disait le peintre Braque. Peut-on parler de règles d’écriture lorsqu’on est dans l’évocation du passé comme c’est le cas ici depuis le début ? Si oui, de quel genre d’écriture s’agit-il donc? Est-ce le récit de quelques tranches de vie ? Une semi-autobiographie professionnelle d’un journaliste qui se souvient? Une invention de soi à prétention littéraire ou un faux roman d’une histoire vraie?

D’autres réformes, réformettes, sauts d’humeur politiques et autres aberrations pédagogiques ont fini par abrutir pas moins de deux générations tout au long d’un demi-siècle. On en paie encore le prix aujourd’hui.

Et me voilà, seul et désargenté à l’orée des années 80, besognant dans un métier étrange et nouveau pour moi – le journalisme- en attendant la vie. Mon horizon était une ligne floue sous un ciel sans étoiles et sans réponses. Et soudain, une étoile filante est tombée comme un signe. Un signe de quoi ? Je ne savais pas.

Dans mes souvenirs, «le temps marocain» de la fin des années 70 avait un goût de poussière, de sable, de plomb et d’encre sèche.

l’ivresse partagée crée parfois des liens mystérieux entre ces naufragés d’un même bateau ivre qui voguait à vue sous une chape de plomb.

De quoi est faite la vie d’un homme ? De son identité ? Et de quoi est faite son identité ? Pas seulement d’une date et d’un lieu de naissance inscrits sur ses papiers officiels. Elle participe de ce vaste territoire de la mémoire riche de sédimentations composites où se bousculent des souvenirs qui s’y disputent la moindre parcelle.

après être passé haut la main, mais le cœur lourd, au concours des instituteurs et à celui des infirmiers, une franche discussion avec mon père me dissuada, au grand dam de ma mère, d’aller faire l’école aux gosses ou leur planter des piqûres aux fesses.