Posts From Najib Rfaif

A partir de quel moment un événement devient-il un souvenir, se demandait le journaliste et essayiste français Jean-François Revel dans ses mémoires ?

le journal hebdomadaire, «la vie éco», accueille depuis presque une vingtaine d’années cette chronique d’humeurs et de recension des choses de la vie ou de la ville, des petits faits de la vie au quotidien, des souvenirs et de quelques indignations, des rires et des sourires. il m’a laissé une entière et rare liberté de choix. je le remercie pour cela.

On sait ce qu’est un écrivain, un peintre, un musicien ou un chanteur, mais sait-on ce qu’est un scénariste ? Difficile de donner une définition exacte à cet auteur improbable d’un produit qui ne l’est pas moins. On parle ici de l’improbable au sens de ce qui probablement ne peut pas arriver.

Dans une de ses formules, rarement ricaneuses, Raymond Aron dit, comme une provocation paradoxale venant d’un auteur prolixe doublé d’un éditorialiste célèbre et de talent, «le principal obstacle à la liberté de la presse, c’est le lecteur».

à la différence du romancier qui n’écoute que son imaginaire et non son courage, le mémorialiste qui se fait historien doit faire appel à sa mémoire, à ses souvenirs et donc à ses hantises, ses peurs ou son confort intellectuel ou matériel.

procrastination, paresse, perfectionnisme ou exigence. tels sont les ennemis de la création aboutie, pour ne pas dire achevée, car dans quelle mesure et sur quels critères peut-on se baser pour dire que telle création a été achevée ?

Mais est-ce le livre ou le journal qui sont rebutants, ou alors le lecteur qui est trop pressé de trouver ce qu’il pense être une bonne lecture ? Pourtant, en anglais, ce qu’on appelle un «turn pager» c’est un bouquin, souvent un best-seller, qui capte le lecteur par les rebondissements de l’histoire. Dès lors, on ne se lasse pas de tourner les pages afin de connaître la suite et le sort des personnages auxquels on s’est vite identifié.

Burqa, darija, philo, manuels scolaires, baisers coupés au cinéma et que sais-je encore de ce que demain nous réserve, car demain est un autre jour. De quoi ces vocables qui font débat chez nous sont-ils le nom ?

De paroles et de mots

Dans l’attente d’on ne sait quel délivrance, perdant patience ou ne sachant que penser, d’aucuns se mettent à combler le vide ou passer le temps à l’aide de débats d’idées sur les choses de la société, débats de nature selon eux à occuper et nourrir l’esprit en prévision de demain, car demain est un autre jour.

ceux qui ont traversé, exaltés ou taiseux, ce temps marocain en noir et blanc ont encore dans les yeux des restes de larmes, ces larmes que provoquent, prétendent-ils, la poussière des rues, des ruelles et des dédales de la ville.

Les selfies textuels

on en est de la poésie comme du tact chez ces gens-là qui écrivent sur eux en se vouvoyant tant ils se sentent grands et géniaux. et si un être génial doit être le dernier à s’en apercevoir, eux le crient sur le toit. voici donc venu le temps de la réinvention du moi comme obsession textuelle, et tout le monde se met à ce type de selfie même les… salafi !

«On accorde trop de poids à l’influence des religions sur les peuples, et pas assez à l’influence des peuples sur les religions».