Posts From Najib Refaif

Publié en France en 1950, le roman prophétique de l’écrivain et journaliste anglais George Orwell, «1984», va subir une deuxième traduction en français.

Dans les salles de cinéma de quartier encore nombreuses en ce temps-là, on s’absentait, le temps d’un film, hors de ce présent en clair-obscur qui n’est ni déjà hier, ni pas encore demain. c’est dans cet entre-deux que l’on cultivait notre regard face à l’écran géant et blanc d’où surgiront des images que nous ferons nôtres. echappant aux rues étroites, à la foule des marchés poussiéreux et aux lieux de prière où l’on s’ennuyait comme des rats morts, on allait au cinéma comme on part en voyage, sans bagages, le cœur léger, les poches trouées et l’estomac vide.

Il y a moins d’un mois nous avions évoqué, ici même, le passage à l’heure d’été en relevant son caractère à la fois furieusement temporaire et intempestivement temporel. Notre perception du temps, déjà, culturellement parlant, de par trop approximative, voilà que l’administration s’en mêle pour la rendre plus versatile. Ramadan oblige, l’heure d’été n’aura duré que le temps que ce mois sacré et sucré s’annonce.

Notre vie au quotidien est remplie de mythes et s’en nourrit. Mais si notre culture et nos coutumes sont fondées sur la notion de l’interdit, elles aussi se nourrissent de mythes et s’abreuvent à la source de croyances diverses.

Comme les mythes, les rites qui en constituent parfois la représentation ou l’expression sont transmis à travers les générations par la mémoire, l’oralité et la tradition.

c’est dire l’extension extraordinaire et abusive de «l’image de soi» en moins de trente ans. une image devenue tellement banalisée et multipliée à l’infini jusqu’à une vertigineuse ivresse narcissique qui a remplacé le cogito cartésien, «je pense donc je suis», par celui du tout-venant: «je fais un selfie donc j’existe».

Monde d’hier ou monde d’aujourd’hui, sommes-nous condamnés à inventer tous les jours des légendes pour réchauffer nos âmes faussement mystiques ?

Une question de temps

depuis le temps que cette heure d’été a été instaurée, on pensait que ce changement saisonnier allait être admis et intégré par l’horloge interne et collective d’une large partie de la population. c’est compter sans la résistance au changement, quel qu’il soit, et le refus de toute nouvelle «tradition» autre que celles, déjà bien nombreuses, qui ont forgé l’imaginaire des gens et leur rapport au temps.

Telle une fatalité anthropologique ou le fatum d’une tragédie grecque, il y aura toujours dans la mémoire de chaque Marocain, né ou à naître, l’odeur persistante de la semoule cuite et le fumet caractéristique de ce grand plat en terre rempli d’un couscous aux sept légumes.

Si, dans notre société, nombre de nos grands mythes anciens perdent peu à peu de leur signification et de leur charge anthropologique, d’autres petits mythes plus modernes sont venus s’installer, sans crier gare, en tant que messages, mode de communication sociale ou marqueurs d’identité.

Sens et contre-sens

d’autres tauliers, plus moralistes et philosophes tentaient ceci : «le crédit est mort, il a été tué par les mauvais payeurs». un slogan qui ne déplairait pas aujourd’hui aux experts sans état d’âme du fmi et autres bailleurs de fonds.

les mythes ne sont pas que des récits, ils contiennent une richesse de la pensée et une morale humaine qui ont accompagné les hommes depuis des temps immémoriaux.