Posts From Najib Rfaif

la mémoire n’est pas une marmite. pour les uns c’est l’âme, pour d’autres c’est un muscle, une zone ou un «no man’s land», un terrain vague de toutes les divagations… l’expérience m’a appris que toute mémoire est rétive lorsqu’elle est souvent sollicitée.

j’ai appris auprès de cet homme de la génération qui avait fondé le journalisme marocain d’après-l’indépendance le sens de la rigueur dans l’écriture, l’importance et le poids des mots pour dire quelques vérités et préserver certaines valeurs.

De ces années 80, dont l’aube a laissé naître le second sursaut ou le deuxième souffle du cinéma, je retiens cette ambiance à la fois festive et craintive qui avait marqué les soirées de projection au premier festival national qui s’est tenu à Rabat au mois d’octobre en 1982.

Aussi loin que peut remonter le premier souvenir d’un film vu dans une salle obscure, il se confond souvent avec ces rêves vacillants que le matin s’évertue à effacer au réveil, mais qui malgré cela persistent comme une rémanence entêtée.

Tout journaliste qui se respecte a hésité, au moins une fois, devant son texte avant de l’envoyer à l’imprimerie. Je ne parle pas du journaliste qui ne se respecte pas, ne respecte pas son travail et n’est pas respecté non plus par la profession.

L’enfance est parfois un Far West plein d’aventures à raconter,comme celles visionnées dans ces films de cowboys dont je me rappelle encore le nom d’acteurs tels Randolph Scot, Audy Murphy, Gary Cooper ou Richard Widmark.Mais je peine à me rappeler les noms d’acteurs des aventures de mon enfance, ceux de certains de mes amis ou connaissances de ce temps lointain.

On ne parvient à la culture, écrivait le journaliste Jean François Revel dans ses Mémoires, que par des voies obliques. Il entendait par voies obliques celles qui croisent, et parfois s’opposent, à l’enseignement officiel ou scolaire. J’ai, moi aussi, souvent fréquenté cette école buissonnière et emprunté ses voies et chemins de traverse.

la première génération des années 60, celle-là même qui avait installé les arts plastiques au cœur de l’action culturelle mais aussi politique, va assister à l’avènement d’une myriade de peintres issus parfois des deux écoles des Beaux-Arts (Casablanca et Tétouan) où certains de leurs confrères avaient enseigné. On avait dans les mêmes espaces et cimaises d’anciens élèves face à leurs «anciens maîtres». Cela n’allait pas sans heurts, ni sans malentendus entre quelques individualités qui tentaient de s’émanciper d’une tutelle réelle ou parfois imaginaire.

L’histoire des arts plastiques au Maroc a été d’abord non pas une affaire de commande mais celle d’une demande : celle des artistes eux-mêmes.

Le voyage à travers ce grand pays a continué et je me souviens de presque tout. Mais dans le «presque» il y a sûrement beaucoup de choses très importantes dont je ne saurais dire leur importance pour moi en ce temps-là. Ni même aujourd’hui alors que je me remémore cette tranche du passé lointain.

Arrivée à Mirabelle, l’aéroport de Montréal, en fin de matinée après une escale d’une heure environ à New York. Cette escale, passée dans l’avion pendant que des employés de l’aéroport JFK nettoyaient après la descente de certains passagers arrivés à leur destination, m’a laissé songeur.

Depuis mon tout premier voyage à l’étranger, à l’âge de 20 ans, en Allemagne (à la faveur du «tarif-jeunes» en train et ce jusqu’à Lyon en France, après une traversée homérique de l’Espagne des années 70, c’est-à-dire celle corsetée de Franco qui valait bien la nôtre à l’époque), je n’avais comme périple à mon compte que la traversée du fleuve Bouregreg, venant de Fès pour étudier à Rabat.