Posts From Najib Rfaif

En remontant ce temps mémoriel, j’ai parfois cette étrange et troublante sensation que le passé n’est que fiction. Non que ma mémoire inventerait des faits et des souvenirs, mais parce que je n’arrive pas à m’imaginer la réalité de tel épisode, à croire en la véracité de tel fait ou à la précision de tel souvenir lointain, ni encore aux agissements de telle personne rencontrée auparavant.

Chercher inlassablement la face cachée d’un monde perdu. Telle est l’ambition entêtée de ceux qui fouillent dans le passé pour y relever les traces de ce qu’ils sont aujourd’hui devenus.

en ces temps troubles et tumultueux, tout bachelier frais émoulu était, généralement, un militant politique potentiel, un détenu en puissance ou un futur «raflé». le reste était quasiment en liberté provisoire.

Rabat, ville ouverte

Oui, la dernière fontaine est un océan. Mais Rabat tourne le dos à cette vaste fontaine. Et lorsque le vague à l’âme persiste pour ce jeune étudiant boursier né dans une ville sans littoral, il continue malgré tout sa promenade non sans peine par ce jour sans pain.

Heureux les conteurs qui peuvent commencer par leur incipit magique, «il était une fois», et puis laisser la suite venir. Heureux donc ces porteurs de mots qui les sèment à tout vent et au tout-venant; ceux-là mêmes qui distribuent des contes et tissent des histoires à dormir debout et aussi celles qui hantent le sommeil.

Je te salue ma rue !

C’était une rue calme jalonnée de quelques arbres qui ne perdaient jamais leurs feuilles vertes. Je n’ai jamais pu trouver le nom de cet arbre. Pour cela, il fallait prendre une photo et espérer dénicher dans une encyclopédie spécialisée un arbre qui lui ressemblerait.

Ce matin-là, la médina de Fès est enrobée d’une brume épaisse. Vue d’un promontoire qui surplombe la vielle ville, l’ancienne cité semble enveloppée dans ses mystères comme ces femmes se faufilant dans les venelles emmitouflées dans leurs blanches étoffes. Du haut de la terrasse de l’hôtel Mérinides, je jette un regard circulaire sur l’immense cuvette contenant une grande partie de la ville qui m’a vu naître.

Le passé se rappelle parfois à nous par bouffées successives de souvenirs d’où s’échappent quelques réminiscences vacillantes. Telles des bulles de savon, elles scintillent brièvement dans le clair-obscur de la souvenance avant d’éclater au grand jour à la vue d’un visage familier, ou du moins les restes de ses traits, le grain d’une voix, des petits détails comme les vestiges retrouvés d’un temps révolu.

A partir de quel moment un événement devient-il un souvenir, se demandait le journaliste et essayiste français Jean-François Revel dans ses mémoires ?

Ce matin-là, la médina de Fès est enrobée d’une brume épaisse. Vue d’un promontoire qui surplombe la vieille ville, l’ancienne cité semble enveloppée dans ses mystères comme ces femmes se faufilant dans les venelles emmitouflées dans leurs blanches étoffes. Du haut de la terrasse de l’hôtel Mérinides, je jette un regard circulaire sur l’immense cuvette contenant une grande partie de la ville qui m’a vu naître.

le journal hebdomadaire, «la vie éco», accueille depuis presque une vingtaine d’années cette chronique d’humeurs et de recension des choses de la vie ou de la ville, des petits faits de la vie au quotidien, des souvenirs et de quelques indignations, des rires et des sourires. il m’a laissé une entière et rare liberté de choix. je le remercie pour cela.

On sait ce qu’est un écrivain, un peintre, un musicien ou un chanteur, mais sait-on ce qu’est un scénariste ? Difficile de donner une définition exacte à cet auteur improbable d’un produit qui ne l’est pas moins. On parle ici de l’improbable au sens de ce qui probablement ne peut pas arriver.