Posts From Najib Refaif

Une question de temps

depuis le temps que cette heure d’été a été instaurée, on pensait que ce changement saisonnier allait être admis et intégré par l’horloge interne et collective d’une large partie de la population. c’est compter sans la résistance au changement, quel qu’il soit, et le refus de toute nouvelle «tradition» autre que celles, déjà bien nombreuses, qui ont forgé l’imaginaire des gens et leur rapport au temps.

Telle une fatalité anthropologique ou le fatum d’une tragédie grecque, il y aura toujours dans la mémoire de chaque Marocain, né ou à naître, l’odeur persistante de la semoule cuite et le fumet caractéristique de ce grand plat en terre rempli d’un couscous aux sept légumes.

Si, dans notre société, nombre de nos grands mythes anciens perdent peu à peu de leur signification et de leur charge anthropologique, d’autres petits mythes plus modernes sont venus s’installer, sans crier gare, en tant que messages, mode de communication sociale ou marqueurs d’identité.

Sens et contre-sens

d’autres tauliers, plus moralistes et philosophes tentaient ceci : «le crédit est mort, il a été tué par les mauvais payeurs». un slogan qui ne déplairait pas aujourd’hui aux experts sans état d’âme du fmi et autres bailleurs de fonds.

les mythes ne sont pas que des récits, ils contiennent une richesse de la pensée et une morale humaine qui ont accompagné les hommes depuis des temps immémoriaux.

sûr de rien et cultivant le doute, je bricole souvent dans l’incertain ; d’où ce récit personnel sinueux dont les ellipses volontaires et les omissions inconscientes qui en marquent la narration et la vocation.

la taxe joue un autre rôle, plus discret, mais non moins efficace : celui de dissuader les citoyens d’ester en justice pour tout et n’importe quoi, ce qui engorge les tribunaux, avec des affaires de peu d’importance. Donc le bien-fondé de cette taxe peut s’expliquer, mais les modalités de payement devraient être revues.

La dernière année dans le quotidien où j’exerçais en tant que journaliste en charge du supplément culturel a été pour moi l’année de tous les dangers. D’abord parce que je devais quitter un travail que j’ai eu de la peine à croire que c’en était un.

La littérature, dit-on, sert à expliquer la complexité du monde ou du pays où l’on vit. Ce n’est pas ce que je pensais alors que je lisais compulsivement tout ce qui me passait entre les mains. Pour moi, la lecture me permettait de ne plus penser justement à ce qui se passait autour de moi.

la mémoire n’est pas une marmite. pour les uns c’est l’âme, pour d’autres c’est un muscle, une zone ou un «no man’s land», un terrain vague de toutes les divagations… l’expérience m’a appris que toute mémoire est rétive lorsqu’elle est souvent sollicitée.

j’ai appris auprès de cet homme de la génération qui avait fondé le journalisme marocain d’après-l’indépendance le sens de la rigueur dans l’écriture, l’importance et le poids des mots pour dire quelques vérités et préserver certaines valeurs.

De ces années 80, dont l’aube a laissé naître le second sursaut ou le deuxième souffle du cinéma, je retiens cette ambiance à la fois festive et craintive qui avait marqué les soirées de projection au premier festival national qui s’est tenu à Rabat au mois d’octobre en 1982.