Posts From Fadel Boucetta

souvent, en matière de justice, il y a les personnes satisfaites et celles qui le sont moins. Question de perception, dirions-nous, ou alors tout simplement, de quel côté de la balance se situe l’observateur. Personne ne parle des «dégâts collatéraux», qui sont le corollaire de toute décision judiciaire.

Pour la relation avec la notion de temps, chaque individu possède sa propre perception et la vit en fonction de ses impératifs propres. Lesquels ne correspondent pas vraiment à la conception qu’ont les magistrats de cette notion. Pour les justiciables, c’est selon : pour certains la justice est expéditive et peu soucieuse du sort des gens.

Des familles entières attendent là durant des heures, dans l’espoir de voir, d’apercevoir furtivement, qui un frère, qui un mari ou un ami. Là aussi, aucune protection n’est prévue, et le spectacle de cette foule anxieuse, stoïque sous des trombes de pluie, où par 40° à l’ombre est pathétique.

le magistrat explique que les juges sont là pour créer la norme de droit à travers leurs jurisprudences ; alors, si une disposition est ambiguë, un texte imprécis, le juge doit faire preuve d’interprétation au profit de la loi ! Voilà un juriste comme on aimerait en voir plus dans nos tribunaux!

de plus en plus de ménages acquièrent des voitures. C’est très bien pour l’économie du pays, sauf que, en général, nos villes n’ont pas été pensées, ni conçues pour absorber un tel flux de véhicules. Donc, en matière de circulation, c’est un peu du n’importe quoi, et en matière de stationnement, c’est l’anarchie quasi totale.

Au pôle pénal on touche directement à l’humain et à l’un de ses biens immatériels le plus précieux, sa liberté. Les gens ordinaires ignorent le bonheur tout simple de pouvoir aller et venir à sa guise, en tous lieux, et à toute heure. Pour eux, c’est normal, ça fait partie des vicissitudes de la vie. L’on prend brutalement conscience de l’existence de cette liberté fondamentale et toute simple, lorsque l’on se retrouve confronté à la justice

On retrouve la lettre P, car jugement équivaut à punition, ensuite peine et privation de liberté, donc prison dans laquelle les détenus ont droit à des «parloirs», espaces exigus où ils reçoivent les visites de
la famille et des avocats.

dans un tribunal pénal tout est suspect : un tournevis, une paire de ciseaux, un marteau ou une pince suffiront pour convaincre les juges qu’ils sont face à un dangereux cambrioleur: le fait que ce dernier ne soit en fait qu’un bricoleur passionné ne leur effleurera même pas l’esprit.

Le Royaume est ainsi en train de démontrer que l’on peut être un pays arabe, musulman, africain et n’en rester pas moins attaché aux valeurs universelles des droits de l’Homme, parmi lesquelles figure, pour tout prévenu, le droit d’avoir un procès équitable et une défense libre de ses moyens et des paroles.

tous les textes ou règlements, de quelque nature qu’ils soient, laissent une part d’appréciation à l’agent qui est sur le terrain, chargé de faire respecter les lois. Mais pour peu que le fonctionnaire soit de mauvaise humeur, mal luné, ou que votre tête ne lui revienne pas, alors cette part d’appréciation compliquera considérablement la vie du simple citoyen.

Aujourd’hui la machine est bien huilée, fonctionne sans à-coups, et a même réussi à s’attirer les bonnes grâces du public. Les citoyens sont rassurés de savoir qu’ils ne sont pas isolés et sans défense, devant une administration, impersonnelle et souvent hautaine.

pourquoi refuse-t-on la liberté provisoire ? Tout simplement pour des raisons juridiques, mais pas seulement. Cette mesure dépend du magistrat instructeur. Il peut décider de l’octroyer (ou pas) pour des raisons qui relèvent de son intime conviction.