Aeromart Montreal : entretien avec Said Benahajjou Administrateur du GIMAS
21 avril 2017
Naoufel Darif (740 articles)
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Aeromart Montreal : entretien avec Said Benahajjou Administrateur du GIMAS

«Le Maroc a une vraie chance de s’inscrire dans l’innovation sans avoir un passé industriel lourd».

Quels sont les enjeux de la présence marocaine à l’Aeromart Montreal ? 

Le Maroc se positionne sur les dernières années comme «la place de choix» pour servir l’Europe comme le fait le Mexique pour l’Amérique du Nord ou la Malaisie pour l’Asie du Sud Est. Partant de ce positionnement, aujourd’hui c’est une obligation pour nous d’être présents dans ce genre de salons pour imposer la marque Maroc et notre savoir-faire aéronautique notamment pour les sociétés nord-américaines. Nous essayons de développer le réflexe chez ces dernières pour penser à la platefrome marocaine comme porte d’entrée pour servir leurs marchés européens ou africains.

Concrètement, comment menez-vous vos actions de prospection ?

Déjà, nous menons des rencontres B2B dans des rendez-vous similaires à celui-ci pour entretenir nos relations avec les investisseurs et partenaires. Pour cette cible, nous maintenons le contact tout au long de l’année et nous martelons nos messages. Nous les rencontrons pour faire avancer des sujets et des actions déjà engagés. D’autre part, nous rencontrons de nouveaux prospects pas forcément dans la sous-traitance mais dans de nouveaux métiers en phase avec la dynamique des écosystèmes. En plus de l’aérostructure et le câblage (basés essentiellement sur la main-d’œuvre), nous cherchons de nouveaux prospects dans l’ingénierie et la MRO avec de nouvelles orientations stratégiques. Il est important de souligner que pour pérenniser nos acquis et continuer dans notre lancée, il faut passer à un cap industriel supérieur, en l’occurrence celui de l’ingénierie et de la maintenance, sachant que la dernière est le vrai terreau de la première. Nous travaillons pour asseoir notre avantage et ne pas se reposer sur nos lauriers avec notre avantage dans les process manufacturiers.

L’industrie aéronautique met déjà un pied dans le futur. Comment le Maroc se positionne sur le virage 4.0 ?

Dans l’usine 4.0, nous parlons de 3D, de systèmes communicants, d’objets connectés, de big data… Le paradoxe dans cette industrie qui vient forcément devant le 2.0 et 3.0 est que ce sont des activités moins capitalistiques que les premières. De ce point de vue, le Maroc a une vraie chance d’aller vers l’industrie 4.0. Il s’agit d’une réelle opportunité pour le pays de s’inscrire dans l’innovation de demain à moindre coût et sans avoir un passé industriel lourd. Dans les équipements du futur (drones, avions sans pilote et avions électriques…), la part du 4.0 sera sûrement plus prépondérante que celle des métiers traditionnels. Certes, nous avons les moyens intellectuels pour prendre ce virage. Maintenant, nous devons avoir les bons appuis, des moyens de financement et d’accompagnement qui permettent d’utiliser et de catalyser l’expertise que nous avons dans des conditions optimales. Dans ce sens, il faut compléter la présence à ces salons par la participation à d’autres rendez-vous. En effet, le Maroc a beaucoup de choses à découvrir dans des évènements qui ne sont pas liés en apparence à l’aéronautique mais qui exposent des technologies qui vont définitivement révolutionner l’aéronautique. Ce sont ces métiers qu’il faudra aller chercher en amont si l’on veut être pro-actif et visionnaire.

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